6 Nations : La stabilité révolutionne le XV de France

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
L'équipe de France lors de la Marseillaise
L'équipe de France lors de la Marseillaise | AFP - GEOFF CADDICK

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C'est une ambition affichée depuis l'arrivée de Fabien Galthié à la tête de l'équipe de France : donner de la stabilité à un collectif. Avant le quatrième match en Ecosse, le XV de France n'a jamais effectué plus de deux changements entre chaque match. 29 joueurs ont été utilisés, dont seulement trois ont intégré l'équipe de départ. Une constance qui n'était pas l'apanage des Bleus ces dernières années.

"On reste dans le cadre qu'on s'était fixé : augmenter le potentiel des joueurs et les 'caper'." Raphaël Ibañez, le manageur de l'équipe de France, a insisté, lors de l'annonce de la composition de l'équipe pour aller en Ecosse, sur la politique affichée, assumée, par le staff. Depuis son arrivée aux manettes, et malgré le manque d'expérience internationale de ce groupe, le cap est maintenu. Avec les résultats qu'on connaît. 

11 joueurs titulaires sur les 4 matches, la marque Galthié

Depuis le premier match disputé au stade de France le 2 février dernier contre l'Angleterre, Fabien Galthié a placé un total de 29 joueurs sur chacune des quatre feuilles de match. L'équipe-type n'a même été changée qu'à la marge (1 changement entre le 1er et le 2e match, 1 changement entre le 2e et le 3e, 2 entre le 3e et le 4), généralement en raison de blessures. Seule la rencontre de dimanche face à l'Ecosse a été le théâtre d'un changement tactique au coup d'envoi, avec Teddy Thomas écarté au profit de Damian Penaud.

Sur le banc, c'est pratiquement la même chose. Les deux premiers matches n'ont pas donné satisfaction à l'encadrement, mais la victoire au pays de Galles a été plus positive. Conséquence : le staff a maintenu les mêmes "finisseurs". 

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Si comparaison n'est pas raison, il y a quatre ans, pour ses premiers pas en tant que sélectionneur, Guy Novès avait aligné un total de 32 joueurs lors des quatre premières sorties de ces Bleus. Mais ce chiffre ne traduit pas grand-chose. Car dans le détail, le coach au plus beau palmarès de l'histoire avait profondément remanié ses différents groupes, pour n'avoir, au bout du compte, que 3 joueurs qui avaient enchaîné les quatre premières rencontres : Guilhem Guirado, Damien Chouly et Wenceslas Lauret. Cette année, ils sont 11 à avoir aligné les quatre matches en tant que titulaire : Marchand, Haouas, Le Roux, Willemse, Cros, Ollivon, Alldritt, Dupont, Ntamack, Fickou et Bouthier.

Novès, 3 titulaires sur ses 4 premiers matches, 3 charnières

Autre symbole de cette stabilité : la charnière. Pour la première fois depuis 2017, le même duo (en l'occurrence Dupont-Ntamack) est conservé cinq matches de suite (en ajoutant le quart de finale de la Coupe du monde). A l'époque, Baptiste Serin associé à Camille Lopez avaient traversé tout le Tournoi en tant que titulaires. Depuis, ce n'était plus arrivé jusqu'à ce week-end. Et toujours pour comparer avec la période précédente, Guy Novès, en quatre matches en 2016, avait aligné trois charnières différentes : Bézy - Plisson (2 fois), Machenaud - Plisson et Machenaud - Trinh-Duc

Saint-André, 7 titulaires sur ses 4 premiers matches, 3 charnières

Trois charnières différentes, c'est aussi le score atteint par son prédécesseur, Philippe Saint-André. Pour les quatre premiers matches de son mandat, il avait aligné Yachvili - Trinh-Duc, puis Parra - Trinh-Duc et enfin Dupuy - Beauxis. Lors de ces quatre matches, il n'avait maintenu à une place de titulaire que 7 joueurs : Clerc, Rougerie, Fofana, Malzieu, Dusautoir, Papé et Mas. Soit quatre de moins que l'actuel sélectionneur.

De 2012 à 2015, PSA avait établi quelques records, en alignant un total de 83 joueurs en 45 rencontres, pour la bagatelle de 17 charnières différentes. A l'arrivée, cette période a rimé avec le plus faible bilan français d'un sélectionneur sur quatre ans : 44.5% de victoires. C'est aussi pour éviter ce piètre bilan que Fabien Galthié et son staff donnent du temps pour que tous ces joueurs, performants au demeurant, continuent à progresser ensemble. "Il reste 33 matches en quatre ans pour faire monter en compétence ces joueurs. Ça va vite", conclut Galthié.