6 Nations : La haute intensité, la nouvelle recette du XV de France

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Mohamed Haouas, le pilier international en pleine séance d'entraînement
Mohamed Haouas, le pilier international en pleine séance d'entraînement | AFP - FRANCK FIFE

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Depuis le début de la préparation à la Coupe du monde 2019, et l'arrivée de Fabien Galthié et du préparateur physique Thibault Giroud dans le staff, l'équipe de France a changé de cap. Pour faire face aux défis internationaux, les entraînements "à haute intensité" ont été introduits.

"On joue comme on s'entraîne, on s'entraîne comme on joue." Depuis son accession au poste de sélectionneur, Fabien Galthié a régulièrement affirmé cette maxime. Au-delà des mots, il y a des actes. Une fois par semaine, généralement le mardi ou le mercredi en fonction de la date du prochain match, les Bleus sont soumis à un entraînement à "haute intensité". L'objectif : réduire les temps de repos, augmenter les capacités cardiaques de chacun, s'approcher au plus près du rythme d'un match, pousser les corps à donner le maximum, et même plus. Sans oublier que les plaquages se font réellement, avec toute l'implication d'un match. Le tout, sous l'oeil acéré de la vidéo, et sous celui encore plus redoutable des données GPS.

Dans la pratique, les joueurs accumulent les efforts, enchaînent les exercices avec un temps de récupération toujours inférieur à celui de l'activité, le chrono étant impitoyable. "On doit être capables de trouver de la justesse technique et des solutions quand on est fatigués ou sous pression", détaille Laurent Labit, entraîneur chargé des lignes arrières. Des séances "très timées, avec beaucoup de rythme", relevait le talonneur Julien Marchand lors du stage de préparation à Nice.

Rendre les matches plus faciles

Dans les exercices de jeu, le ballon est ainsi constamment remis en circulation dès que l'action s'achève. "C’est presque l’intensité d’un match", souligne le deuxième ligne de Montpellier Paul Willemse. "Je peux vous dire que, le soir, on dort bien", sourit Arthur Vincent, le trois-quarts centre de Montpellier, si performant en défense à Cardiff voici quinze jours. "On commence à s’y habituer. Ça fait toujours mal sur le moment. Et après. Mais, au bout de cinq semaines, on encaisse de mieux en mieux, on a le rythme." Même avis du côté du Lyonnais Dylan Crétin : "C’est hyper intense. Mais les résultats nous donnent raison. Sur les données analytiques, on voit qu’on produit beaucoup plus de courses, beaucoup plus de volume de jeu que ce soit devant ou derrière. Ça vaut le coup de suer un peu plus aux entraînements. Le week-end, on se sent mieux sur le terrain. On bouge mieux, on répète plus facilement les efforts. En tant que joueur, c’est agréable de pouvoir répéter les taches en fatigant un peu moins."

Tout est parti d'un constat, délivré par Galthié et Giroud : "On a identifié avant la Coupe du monde le retard de l’équipe de France sur les autres nations, notamment dans le domaine de la performance", disait le directeur de la performance des Bleus. Depuis, les joueurs suent, courent, plaquent pour rattraper leur retard. Et au vue des fins de mi-temps au pays de Galles comme de la rage à défendre la ligne face à l'Angleterre le 2 février dernier, le travail semble payer. Désormais, l'équipe de France ne fléchit plus en fin de match. C'est au contraire elle qui impose son rythme étouffant aux adversaires.