6 Nations : La France poursuit ses rêves de Grand Chelem en s'imposant au pays de Galles

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Auteur·e : Julien Lamotte
Antoine Dupont France pays de Galles
Antoine Dupont était l'un des Bleus les plus en forme lors du tournoi des 6 Nations, ici lors du match contre le pays de Galles le 22 février dernier. | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Le XV de France a mis fin à dix années sans victoire au pays de Galles en s'imposant magnifiquement à Cardiff lors de la 3e journée du Tournoi des 6 Nations (23-27). Inspirés ballon en mains et très solides défensivement, les Bleus ont démontré des valeurs collectives impressionnantes. Assez impressionnantes pour espérer remporter le Grand Chelem ? Une chose est sûre, ils tiennent leur match référence.

Le début du Tournoi l'avait laissé entendre. La victoire à Cardiff l'a confirmé : une équipe est née au Principality Stadium. Et bien née. Le XV de France est perfectible, et c'est heureux, mais il possède déjà beaucoup de vertus. Le talent individuel, évident, mais aussi une force collective qui est en train de s'affirmer. Tant dans l'animation que lorsqu'il s'agit de poser des barbelés en défense. Ces Bleus savent enchanter, ils savent aussi défendre comme des morts de faim. ils ont la grâce et la férocité. Et, désormais, un Grand Chelem, dans le viseur. Qui l'eut cru en début de Tournoi ?

La pénalité de Biggar en tout début de match est un faux-semblant. le rouge est mis mais c'est bien le bleu qui illumine le Principality Stadium, à l'image de cette chandelle de Romain Ntamack. A la réception, Halfpenny se brûle les mains et Bouthier, qui passe par là, grille la politesse à toute la défense pour marquer son premier essai en bleu (3-7, 7e). 

Entame idéale, donc, et confirmée par la parfaite tenue de la mêlée et une touche conquérante. Ntamack passe une pénalité et le pays de Galles perd le North, l'ailier ne se relevant pas d'un choc avec Fickou. Bref, sans jouer les candides, tout va bien dans le meilleur des mondes. Le XV du Poireau tente bien de sortir de terre grâce à la botte de Biggar mais, après un essai sévèrement refusé à Gaël Fickou, Paul Willemse se délie magnifiquement d'un maul pour aplatir en coin (6-17, 30e) !

Mais, comme dans les vrais matches référence, il faut aussi des moments de souffrance. Après le carton jaune infligé à Alldritt juste avant la pause, les hommes de Galthié vont s'arc-bouter sur le leur ligne d'essai pendant 5 minutes, 5 minutes pendant lesquelles ils vont repousser chaque assaut gallois avec un courage héroïque. Un acte fondateur, assurément. 

Toujours en infériorité numérique, ils encaissent pourtant un essai en force de Dillon Lewis en début de seconde période (16-17, 48e) mais il est dit que cette équipe ne craque plus. Là où, il y a encore quelques mois, elle aurait sans doute perdu pied, elle se ressaisit aussitôt et Ntamack, en filou, intercepte et s'en va redonner de l'air aux siens au terme d'une course limpide (16-24, 52e). L'ouvreur bleu, qui passe transformations et pénalités comme qui rigole, porte le score à 16-27 et il est bien inspiré de le faire car le finish gallois est terrible. 

Le frisson bleu

Le souffle des Dragons se rapproche à nouveau de l'échine française avec l'essai de Biggar qui replace les siens à 4 points. Mais les partenaires d'Ollivon ne lâchent rien. Ils se jettent sur tous les ballons, sur tous les mollets. Et Camille Chat, auteur d'un retour héroïque à la sirène, libère définitivement ces Bleus qui ne méritaient pas de perdre. Déjà battus d'un point en quart de finale de la Coupe du monde par ces mêmes Gallois (19-20), ils prennent une éclatante revanche et infligent aux Gallois une première défaite dans leur antre depuis 3 ans. Mais ça, ce ne sont que des chiffres, froids et bruts. Rien en comparaison avec le frisson bleu, à ce supplément d'âme retrouvé du XV de France.