6 Nations : la défense de l'équipe de France au révélateur de la référence galloise

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Bataille très âpre entre Gallois et Français
Bataille très âpre entre Gallois et Français | AFP - GABRIEL BOUYS

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La victoire sur l'Angleterre avait montré une défense impressionnante du XV de France, mais l'impression a été atténuée par la performance contre l'Italie. Au Principality Stadium de Cardiff, samedi, les Français vont défier la référence de ces dernières saisons en matière défensive. Un défi en forme de miroir entre deux équipes qui ont une tactique similaire, incarnée par un homme : Shaun Edwards.

Quel est le point commun de l'équipe de France actuelle et de celle du pays de Galles des 11 dernières saisons ? Shaun Edwards. Cet Anglais a en effet érigé la défense des Diables Rouges comme la référence dans le rugby mondial pendant plusieurs années. C'est notamment grâce à lui qu'elle a atteint les demi-finales de la Coupe du monde en 2011 (pour la deuxième fois de son histoire) puis en 2019 (pour la 3e fois), qu'elle s'est sortie de la "poule de la mort" en 2015 aux dépens des Anglais lors du Mondial en Angleterre, et qu'elle a battu son record d'invincibilité (qui datait de 1910) en enchaînant 14 succès consécutifs entre 2018 et 2019, 

Après la Coupe du monde 2019, avec le départ du sélectionneur Warren Gatland, qu'il avait accompagné depuis le club des Wasps, il a décidé de changer de cap pour rejoindre l'équipe de France et Raphaël Ibañez, son manageur, qu'il avait dirigé comme joueur dans le club anglais.

Les Bleus transfigurés

En quelques semaines de travail, un boulot de forçat a été fourni. Le pilier anglais Joe Marler a été tout estomaqué lors de sa venue au Stade de France le 2 février dernier: “Il faut féliciter Shaun Edwards qui a réalisé un super boulot en peu de temps", déclarait-il. "Leur vitesse de montée était méconnaissable par rapport à avant. Quand on passe autant de temps à tenter de franchir et qu’on doit retourner dans son camp sans rien, pas sept points, ni cinq, ni même trois, c’est comme si l’énergie quittait notre corps."

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"On avait des bases défensives solides, et l'apport de Shaun dans le combat, l'agressivité, a élevé notre niveau", constatait alors Grégory Alldritt, le N.8 des Bleus. 93% de plaquages réussis (193 réalisés et seulement 14 manqués), les Français avaient réalisé un festival, faisant reculer le XV de la Rose sur pratiquement chaque impact. Résultat, les Anglais avaient inscrit deux essais sur deux exploits de l'ailier Jonny May, mais avaient fini avec 20 plaquages ratés sur les 115 réalisés...

Il n'y avait pourtant pas de surprises à attendre : la France a appliqué la tactique connue de leur responsable de la défense. A l'agressivité et l'avancée rapide de la ligne défensive s'ajoutait une montée à marche forcée dans le côté ouvert, pour condamner l'adversaire à revenir dans l'axe, là où se concentre le plus de joueurs. C'est connu, mais encore faut-il y parvenir dans un effort collectif maîtrisé et concerté. Or, le deuxième match de la France contre l'Italie a montré que rien n'était gagné. 

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Car en plus d'inscrire trois essais à la France, la Squadra a aussi régulièrement trouvé des ouvertures dans la défense. Cette fois, le XV de France a fini à 89% de réussite au plaquage, pour en rater 27 sur les 210 réalisés. Face à une formation jugée plus faible, la France n'a pas fait preuve de maîtrise. Elle s'est même fait peur. 

Samedi, à Cardiff, la "rush-defense" galloise va tester son double français. Sera-t-elle affaiblie après avoir perdu en Irlande (24-14) ? "Confiance ou pas confiance, ça va être la guerre pendant 80 minutes", annonce Grégory Alldritt. Il a raison, car malgré cette défaite, le XV du Poireau a fini la rencontre avec 94% de réussite au plaquage (184 réalisés, 12 ratés), avec comme fer de lance son capitaine Alu Wyn Jones, auteur à lui seul de 21 plaquages et qui a devancé, dans cette catégorie, son coéquipier le 3e ligne Justin Tipuric (20), qui réalisait un deuxième match consécutif à 20 plaquages après l'Italie. Contre les Transalpins, humiliés (42-0) à Cardiff, le pays de Galles avait atteint les 92% de plaquages réussis.

Sur les 4 derniers duels, moins de 5 points d'écart

C'est bien simple, depuis 2019, cette équipe a encaissé une moyenne de 17.5 points par match, niveau nettement relevé par les deux défaites conclues contre l'Angleterre en préparation de la Coupe du monde (33-19) et par le revers contre les All Blacks (40-17) lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde 2019. Dans le même temps, la France a atteint une moyenne de 17.8 points encaissés par rencontre. Il y a donc match entre les deux équipes. Sur les dix derniers duels entre les deux nations, l'écart final n'a excédé qu'une fois les 10 points. Sur les quatre derniers, il n'y a jamais eu plus de 5 points entre les deux équipes.