6 Nations : Jefferson Poirot, de vice-capitaine à 3e choix, la chute en première ligne de l'équipe de France

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Jefferson Poirot déçu lors de la Coupe du monde 2019
Jefferson Poirot déçu lors de la Coupe du monde 2019 | AFP - CHARLY TRIBALLEAU

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Pour la première fois depuis sa blessure au genou en mars 2019, Jefferson Poirot n'a pas été sélectionné pour un match important en équipe de France. Malgré ses 33 sélections, et un statut de vice-capitaine lors de la dernière Coupe du monde, le pilier de Bordeaux-Bègles n'a pas convaincu l'encadrement du XV de France de l'emmener à Cardiff samedi, pour la 3e journée du Tournoi des 6 Nations.

Il y a un an, certains dirigeants de la FFR avaient voulu le placer comme capitaine pour mieux détrôner Guilhem Guirado. Mais Jefferson Poirot avait refusé. C'était lors d'un Tournoi 2019 encore douloureux pour l'équipe de France (4e place avec 2 victoires pour 3 défaites). Si l'édition 2020 est bien plus convaincante sur le plan collectif (2 victoires en autant de matches), elle ressemble à une souffrance pour le pilier, sur le plan personnel.

Les "finisseurs" pas convaincants

A 27 ans, il faisait partie des possibles capitaines de la nouvelle aventure conduite par Fabien Galthié. Pas trop âgé en prévision de la Coupe du monde 2023, une expérience internationale déjà importante, bon avec les médias, vice-capitaine pendant la Coupe du monde 2019, il cochait certains atouts pour la fonction. Finalement, Charles Ollivon a été choisi. Jusque-là, il n'avait été remplaçant qu'à deux reprises lors de ses 33 premières sélections (dont sa première cape en février 2016, puis le match de Coupe du monde contre les USA pour les "coiffeurs" en Coupe du monde 2019). Il a doublé ce total dans les deux premiers matches de 2020.

Cantonné au banc de touche contre les Anglais et les Italiens, il avait néanmoins l'opportunité de renverser la tendance en se montrant à son aise. Il ne semble pas avoir convaincu. Autant son investissement défensif contre le XV de la Rose avait été probant (6 plaquages, 2 balles récupérées) dans une fin de match au couteau (31 minutes jouées), autant sa deuxième partition face aux Transalpins a été jugée moins acceptable: une perte de balle, un plaquage raté, une pénalité concédée en 32 minutes. Collectivement, ces deux premiers matches n'avaient pas pleinement satisfait l'encadrement dans l'apport des "finisseurs".

Jefferson Poirot célèbre son essai contre les Etats-Unis à la Coupe du monde 2019
Jefferson Poirot célèbre son essai contre les Etats-Unis à la Coupe du monde 2019 © AFP

La dégringolade dans la hiérarchie 

De vice-capitaine titulaire indétrônable, il est passé à remplaçant, et maintenant à troisième choix. Car Cyril Baille, qui enchaîne un troisième match dans la peau de titulaire, est désormais secondé par Jean-Baptiste Gros, encore un champion du monde des -20 ans qui honorera sans doute sa première sélection. Une décision parfaitement assumée par le sélectionneur et justifié ainsi : "Il faut déjà souligner la très très bonne performance de Cyril Baille à ce poste-là. Et la présence de Jean-Baptiste Gros, qui performe depuis deux saisons avec son club (Toulon, ndlr). Il est avec nous depuis le 19 janvier, nous avons la chance d'avoir des joueurs à haut potentiel, il y a beaucoup d'émulation."

"Les joueurs savent précisément ce qu'on attend d'eux"

En ce qui concerne Jefferson Poirot, avec lequel il a discuté avant l'annonce du groupe, Fabien Galthié a précisé : "Jefferson fait toujours partie du groupe France, des 42 qui se sont entraînés ce matin, du groupe France des 75." Pas hors du groupe France, mais pas dans les 23, ni même les 28. En revanche, le sélectionneur a pris bien soin de ne pas expliciter davantage son choix à l'encontre du joueur de l'UBB. Il a préféré évoquer le cas général, en expliquant avoir "constitué ou reconstitué une équipe de finisseurs qui nous apporte quelque chose en plus", et qui "réponde à ce qu'on attend. Pour le moment, c'est un point d'amélioration." En filigrane, Poirot, comme d'autres, n'a pas répondu aux attentes du staff. "Les joueurs savent précisément ce qu'on attend d'eux, ce qu'on attend du groupe des finisseurs." Le Francilien de naissance sait le chemin qui l'attend pour retrouver son N.1.

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