6 Nations : A Edimbourg avant Ecosse-France, pas de psychose autour du coronavirus

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Le bonheur de ce groupe de supporters français Edimbourg, avant le match Ecosse-France
Le bonheur de ce groupe de supporters français Edimbourg, avant le match Ecosse-France | DR

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Un temps, la tenue du match des 6 Nations entre l'Ecosse et la France était incertaine, de même pour la venue des supporters. Mais la rencontre aura bien lieu, et les supporters français comme écossais seront bien présents à Murrayfield. Car ici, aucune psychose au sujet du Covid-19.

Le temps d'un battement d'ailes (d'avion), l'atmosphère n'est plus du tout la même. De l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaule, avec son importante fréquentation et la vision anxiogène de tous ces masques apposés sur les visages, on passe à celui d'Edimbourg, bien plus petit et ô combien paisible. Pas un masque, un personnel de l'aéroport accueillant, souriant, décontracté. Pas la moindre pointe de suspicion. Et dans la ville, c'est pareil. La vie suit son cours, sans que le Covid-19 ne se reflète dans le moindre comportement : les restaurants sont pleins, les pubs, aussi, on se presse, on se croise, les gens font leur jogging, leurs courses...

"Pas question de ne pas y aller"

Dans les rues de la ville, on parle beaucoup français. Dans la semaine, un voyagiste, qui organise les déplacements des supporters, nous avait dit que les supporters seraient là, qu'il n'y avait pas de souci. Effectivement, les bérets sont de sortie, la bonne humeur aussi. "On s'est posé des questions sur notre venue, mais à partir du moment où on ne nous interdisait pas de venir, il n'était pas question de ne pas y aller", assure avec le sourire Jean-François, avec Philippe à ses côtés. Ils sont venus de la région parisienne avec six autres amis, et pour eux, c'est un baptême du feu à l'étranger pour soutenir le XV de France. Pour tout ce groupe, c'est une certitude : la victoire sera au rendez-vous de ce dimanche après-midi. Comme beaucoup, avant de se rendre à Murrayfield, ils vont découvrir le château d'Edimbourg, perché sur la colline qui surplombe la ville.

Ce voyage a été, un temps, mis en doute. Mardi, lors d'un point presse, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu avait confié qu'il "restait une incertitude sur le déplacement des 10 000 supporters qui ont acheté des billets". Ces mots avaient conduit la Fédération française à se fendre d'un communiqué le même jour pour rassurer : "La FFR rappelle qu'elle est en contact permanent avec le ministère des Sports et confirme qu'il n'y a, pour le moment, aucune interdiction faite aux supporters français de venir en Écosse pour encourager les équipes de France." Ils sont bien là.

209 cas au Royaume-Uni, 2 décès

Placé en face de l'hôtel où loge l'équipe de France, Brian, un Anglais entre deux âges, tente de maintenir les écharpes pour le match qu'il vend à même le sol malgré le violent vent qui souffle sur la ville. "Je suis fatigué d'entendre parler de ça", lance-t-il lorsqu'on évoque le sujet du coronavirus. "J'en ai assez." Samedi soir, au Royaume-Uni, on dénombrait 209 cas positifs, pour 2 décès, loin des chiffres déplorés en Italie (5 883 pour 233 décès) ou en France (949 cas pour 16 décès).

Un autre groupe de Français déambule sur Princess Street, la principale artère de la ville. Ils sont neuf, en couples ou seuls, à avoir fait le déplacement depuis Carcassonne et Narbonne. L'accent est de la partie, la joie aussi autour de Jean, désigné "chef" de la bande : "On a eu peur, peur surtout que le match soit annulé", dit-il derrière ses lunettes et sous son bonnet de coque bleu et blanc. Ils ont tout l'apanage du parfait supporter, entre écharpes tricolores, perruques bleu-blanc-rouge et bonnet de coque. Ils n'auraient pas voulu rater ce rendez-vous, eux qui viennent d'une région "où on n'a aucun cas de coronavirus". Ils lavent bien les mains, et puis voilà. Après quelques années sans faire ces déplacements, "on relance l'activité", et ils ont déjà prévu d'être à Twickenham l'année prochaine. D'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts, et l'épidémie de Covid-19 ne sera peut-être qu'un lointain souvenir.