6 Nations : Eddie Jones et les Anglais ne sont pas à Paris "pour prendre le thé"

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Eddie Jones, le sélectionneur australien de l'équipe d'Angleterre
Eddie Jones, le sélectionneur australien de l'équipe d'Angleterre | AFP - FRANCK FIFE

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Dans la passe d'armes par presse interposée entre les deux camps, Eddie Jones, le sélectionneur de l'Angleterre, a joué la carte de l'étonnement, ce vendredi, en conférence de presse. "On m'a demandé comment on allait jouer. Que voulez-vous que je réponde ? On va prendre une tasse de thé ?", a-t-il souri, avec un humour tout "british". Mercredi, il avait parlé de "violence physique" au sujet du prochain Crunch, ce à quoi Raphaël Ibanez, le manageur du XV de France, avait répondu: "C'est facile de parler de violence physique quand on est en tribune."

L'oeil rieur, le sourire en coin, la volonté de charmer son auditoire, Eddie Jones a l'expérience des vieux sages. Vice-champion du monde avec l'Australie, sa patrie, en 2003, et avec l'Angleterre en 2019, il sait mieux qu'un autre les subtilités d'un avant-match. Interrogé sur ses propos lancés cette semaine dans la presse britannique où il disait que la jeune équipe de France n'avait "jamais expérimenté l'intensité et la violence physique qu'on va leur proposer dimanche", il a bien joué l'homme surpris que cette phrase, bien reprise par la presse de son pays, fasse débat en France. "Le rugby a toujours été physique, un combat, intense. C'est le sport de haut niveau. Ce sera aussi le cas dimanche. On m'a demandé comment on allait jouer. Que voulez-vous que je réponde ? On va prendre une tasse de thé ?" Le tout avec l'air innocent d'un enfant pris avec les mains dans le pot de confiture.

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Le lendemain, lors de l'annonce de leur équipe, Fabien Galthié et Raphaël Ibanez, les deux boss du XV de France avaient répondu.  "C'est facile de parler de violence physique quand on est en tribune. Il faut en sourire je crois", avait dit l'ancien talonneur. "Ca fait 30 ans qu'on est dans le milieu, on est coutumiers de ces petites phrases. On va tâcher de les écouter et d'en faire bon usage."

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C'est le jeu, et c'est aussi une tradition avant le Crunch, depuis très longtemps. Et si devant la presse écrite de son pays, il a ensuite argué s'être fait mal comprendre, devant les radios, il s'est plutôt excusé. Mais Eddie Jones sait surtout qu'il a planté une graine dans le crâne des Français, en manque d'expérience internationale, et qu'il a en même temps allumé un contre-feu dans son pays.

La défaite en finale de Coupe du monde à oublier

Car outre-Manche, la claque reçue en finale de la dernière Coupe du monde face à l'Afrique du Sud (32-12) reste dans toutes les mémoires. Vice-champions du monde, les Anglais se voyaient pourtant sur le toit de la planète après avoir fait tomber les All Blacks en demi-finale. Alors, pour ce premier match d'après-désillusion, les mêmes interrogations reviennent. "Ce n'est plus la Coupe du monde", répète Owen Farrell, le capitaine anglais. "C'est fini. On travaille pour aujourd'hui, demain, pour ce premier match qui est objectivement un gros morceau."

Le buteur du XV de la Rose, régulièrement fossoyeur des rêves bleus, se veut sur la défensive: "Tout le monde s'est remis en question. Cette Coupe du monde nous a fait progresser. L'équipe de France nous a battu à Paris voici deux ans, elle était proche d'atteindre les demi-finales de la Coupe du monde, il y a un nouveau staff, de nouveaux joueurs pour préparer la prochaine ici en 2023. Et cela commence dès dimanche. Nous sommes méfiants, mais nous sommes confiants." Pas loin de lui, Eddie Jones, qui a fêté la veille son 60e anniversaire, continue à parler de cette excitation à l'idée de jouer "face à 80 000 personnes au Stade de France contre la jeune équipe de France". Histoire de bien semer le doute s'il le peut.