6 Nations : Arthur Vincent, le travailleur de l'ombre du XV de France

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De notre envoyé·e spécial·e Thierry Tazé-Bernard
Arthur Vincent, béret sur la tête, lors du tour d'honneur à Cardiff
Arthur Vincent, béret sur la tête, lors du tour d'honneur à Cardiff | AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

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Avec un total de 16 plaquages, Arthur Vincent a terminé le match du XV de France contre le pays de Galles à la 4e place des meilleurs plaqueurs de la rencontre, mais à la première au niveau des lignes de trois-quarts. Un travail de l'ombre qui a beaucoup compté dans le succès des Tricolores (23-27) au Principality Stadium, et ce jusqu'à l'ultime seconde.

Il est arrivé devant la presse le visage tuméfié, mais avec une exaltation presque enfantine. Certes, du haut de ses 20 ans, Arthur Vincent ne fait pas partie des "vieux briscards" de l'équipe de France. Ce n'est pas pour ça qu'il était dans cet état. La victoire à Cardiff sur le pays de Galles expliquait largement son euphorie. "C'est plein d'émotions, c'est compliqué de les décrire", souffle-t-il dans un sourire. "C'est juste fantastique."

Le 4e meilleur plaqueur tricolore

Fantastique, c'est bien le mot qui convient à sa performance. Dans un match où d'autres ont crevé l'écran (Ntamack, Bouthier, Dupont, Willemse...), lui n'a pas vu son nom souvent cité. Pourtant, les Bleus lui doivent beaucoup. Dans l'ombre, il a œuvré. Premier centre, il était au coeur du combat terrible qui s'est noué au Principality Stadium. Son visage en porte les stigmates. S'il n'a avancé que de 16 mètres en tout et pour tout dans le match ballon en main, le Montpelliérain a plaqué à tour de bras : 16 plaquages. Seulement trois de moins que la médaille d'or de la spécialité Paul Willemse (19), deux de moins que son dauphin François Cros (18) et un de moins que Bernard Le Roux (17). Bref, derrière les faucheuses du pack, le N.12 a été le joueur des lignes arrières qui a le plus "retourné de la viande" durant les 80 minutes. "On a tout donné, on s'est envoyé comme des chiens", soulignait-il. "Ça tapait très fort. A la fin, on était un peu cramé. Jouer dans un stade comme ça, il fallait que cela nous galvanise."

Cela ne l'a pas empêché de se montrer décisif dans le temps additionnel. Il y avait encore un peu de force. C'est le seul moment où il a pris la lumière. Sur cette dernière action du match, cette contre-attaque galloise en forme de salut, c'est lui, en compagnie de Camille Chat, qui est venu reprendre l'ultime espoir du XV du Poireau. "On n'a pas le temps de réfléchir", raconte-t-il au sujet de cette intervention. "Ca va très très vite. Je crois même que c'est Camille, revenu de nulle part, qui le récupère le premier. On sait que c'est décisif. On s'envoie, il faut plaquer, il faut stopper l'action. Et après on récupère une pénalité."

Humilité et travail

C'est simple, dit comme ça. C'est aussi la marque de cette nouvelle génération, marquée par les titres de champion du monde des moins de 20 ans, de prendre du recul sur les événements. Alors, quand on lui demande s'il réalise l'exploit de s'imposer dans ce stade, il répond : "Je ne sais pas. Je ne sais pas s'il faut réaliser. Il faut continuer à rester humble, à repartir au travail, avec les 42. Réaliser, on le fera le plus tard possible. Mais on est fier. On continue à se construire. On reste humble, on n'a encore rien fait. Il y a encore beaucoup de réglages à faire. On continue à croire en nous, à bosser ensemble pour garder cette dynamique."

Trois semaines après avoir connu sa première sélection contre l'Angleterre pendant deux minutes sans toucher le moindre ballon, Arthur Vincent s'installe dans ses nouveaux habits de joueur du XV de France.

De notre envoyé·e spécial·e Thierry Tazé-Bernard thierrytaze