Rugby - Super Series : Pourquoi le rugby féminin est en plein boom

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Pourquoi le rugby féminin est-il en plein essor ?

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Le XV de France féminin se confronte aux meilleures nations mondiales à partir de mardi aux Super Series à San Diego (Etats-Unis). Stoppée il y a 3 ans, cette compétition est ressuscitée par World Rugby en raison de l'essor continu du rugby féminin dans le monde. En France, le phénomène est d'autant plus prégnant que le XV de France féminin est beaucoup plus performant que son homologue masculin.

Il y a trois ans avait lieu la dernière édition des Super Series, compétition de rugby féminin réunissant les cinq meilleures nations mondiales. Ce mardi, elle renaît de ses cendres sous l'impulsion du World Rugby. De fait, les institutions du rugby au niveau mondial sont de plus en plus convaincues du potentiel du rugby féminin, comme en témoignent les récentes campagnes publicitaires lancées autour de la discipline. 

Il y a trois ans, la France comptait 15 600 licenciées. Aujourd'hui, elle en compte 22 821, soit une augmentation d'à peu près 50 %.  En trois ans à peine, le rugby féminin a donc encore pris des galons, alors qu'au même moment, le rugby masculin s'est délité. Côté licenciés, le rugby masculin a perdu 10% de pratiquants entre 2017 et 2018.  Côté sportif, les Bleus n'ont plus atteint la 1re ou 2e place des Six Nations depuis 2011. Les Bleues, elles, restent sur une victoire historique face aux Néo-Zélandaises et comptaient quatre nominées françaises parmi les meilleures joueuses du monde la saison dernière : Pauline Bourdon, Gaëlle Hermet, Safi N'Diaye et Jessy Trémoulière, élue meilleure joueuse du monde 2018.
 

Rugby - Super Series : Pourquoi le rugby féminin est en plein boom
© AFP

Pour Safi N'Diaye, cet engouement prend sa source dans le Mondial 2014, comme elle l'expliquait à Europe 1 "Depuis 2014, cela va crescendo. On a la chance d’avoir un public, des gens qui nous soutiennent. On est hyper heureuses, hyper fières que des petites filles puissent s’identifier à nous. Ce n’était pas le cas quand j’ai commencé le rugby. On joue un jeu aéré, rapide, avec des passes. On joue debout et on se régale. Les gens retrouvent le côté 'rugby d’avant' et aiment beaucoup nous regarder"

L'image de la femme a changé dans le rugby

Si on remonte plus loin, les chiffres sont encore plus éloquents. En 2004, les licenciées étaient 3600. Il y a donc aujourd'hui 600% de licenciées supplémentaires. Est-ce seulement la conséquence d'un XV de France performant? Ce n'est pas l'avis d'Annick Hayraud, entraîneure de l'équipe de France. Dans une interview accordée à World Rugby, elle expliquait en 2018 qu'il s'agissait aussi de l'image de la femme dans le rugby. « Les gens aujourd'hui disent  le rugby n'est pas dangereux pour les filles, qu'elles peuvent s'épanouir et devenir des femmes responsables, se faire plaisir et pourquoi pas atteindre le haut niveau ». Le staff de l'équipe de France a, de plus, entamé une phase de professionnalisation en 2018 après les Six Nations. Annick Hayraud et Samouel Cherouk sont entraîneurs à temps plein depuis. 

"L'idée est de vivre comme en Coupe du Monde"

La Coupe du Monde 2021 est la prochaine grande échéance pour les joueuses du XV de France. Et l'une des premières étapes a lieu à partir de ce mardi, aux Super Series. Exemptées de la 1re journée (28 juin), elles débuteront face aux Canadiennes mardi (23h15 françaises) avec un groupe amputé des "septistes" (Drouin, Izar, Neisen, Pelle) mobilisées par la qualification olympique (13-14 juillet à Kazan en Russie) et avec un nouvel entraîneur des arrières, Stéphane Eymard ayant remplacé Olivier Lièvremont. Seulement troisièmes du Tournoi des six nations 2019, conclu par une défaite surprenante en Italie (31-12), elles entendent faire de la compétition une sorte de répétition avant la Coupe du monde dans deux ans en Nouvelle-Zélande. "L'idée est de vivre comme en Coupe du monde avec un match tous les quatre jours. Nous allons passer pratiquement un mois ensemble avec les joueuses, alors le comportement de chacun, que ce soit le staff ou les joueuses, sera primordial sur comme en dehors du terrain", a ainsi déclaré la manager Annick Hayraud sur le site de la Fédération.
 

Le programme de la France (en heures françaises): 

Mardi 2 juillet
(23h15) France - Canada
Samedi 6 juillet
(23h15) France - Nouvelle-Zélande
Mercredi 10 juillet
(23h15) Angleterre - France
Dimanche 14 juillet
(22h00) France - Etats-Unis

Avec AFP