Romain Ntamack: "Le ballon n'est jamais très loin"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Inès Hirigoyen
Romain Ntamack

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A 20 ans, Romain Ntamack connaît un début de carrière qui en ferait rougir plus d’un : champion du monde des moins de 20 ans en 2018, Champion de France avec le Stade Toulousain l’été dernier, en 2019 le Français a même été élu "Révélation de l’année" par World Rugby. Placé à l’ouverture depuis le début du Tournoi 2020, Romain Ntamack est devenu l’un des éléments clé du nouveau XV de France. Aujourd’hui, le jeune toulousain est confiné avec des amis, une manière pour lui de contrer la solitude imposée par le confinement.

Comment se passe le confinement depuis plus de quatre semaines maintenant ?
Romain Ntamack :
"Ça va, tout se passe bien pour moi, je suis confiné avec des amis. Nous sommes quatre donc on arrive à s’occuper, à varier les activités pour ne pas avoir de routine et surtout pour ne pas trouver le temps trop long. On fait pas mal de sport, on s’amuse, on fait des jeux. C’est un peu le quotidien de tout le monde, je pense."

D’habitude, vous devez très certainement respecter différents plannings avec votre club, le Stade Toulousain ou avec le XV de France. Pendant le confinement, vous faites plutôt relâche ou au contraire, vous gardez les mêmes habitudes ?
RN :
"Chacun fait un peu comme il veut, mais en tant que sportif de haut niveau chaque joueur fait du sport tous les jours. Je ne sais pas comment font les autres, mais pour ma part le sport, c’est quand j’en ai envie, une fois par jour pour garder la forme et le rythme, même si ça ne ressemble ni aux entraînements ni aux matches. Il faut malgré tout garder un minimum de condition physique, alors je fais attention. […] Le club nous a mis du matériel à disposition, moi j’ai récupéré un vélo et quelques poids pour faire de la musculation et du cardio. On a aussi le droit d’aller courir, donc c’est ce que je fais. C’est un peu minimaliste, mais on essaie de faire avec. Pour l’instant on arrive plutôt bien à gérer, mais c’est vrai que les terrains commencent à manquer. C’est comme ça, on verra, peut-être aurons nous la possibilité de retourner nous entraîner à partir du 11 mai."

Romain Ntamack: "Le ballon n'est jamais très loin"
© Instagram de Romain Ntamack

C’est difficile d’être éloigné de ses coéquipiers aussi longtemps, surtout quand on fait un sport collectif ?
RN :
"Ce n’est pas facile ! A Toulouse surtout, parce qu’on est vraiment tout le temps ensemble. On a l’habitude de rester ensemble dans la semaine, de se voir en dehors du club. Ça fait bizarre actuellement d’être loin, mais on reste malgré tout en contact via des groupes WhatsApp, où on s’appelle pour prendre des nouvelles de chacun, mais c’est différent. Ce n’est pas la même chose lorsqu’on se voit au club, qu’on porte le même maillot le week-end et qu’on se bat pour la même équipe. C’est tout ça qui est difficile."

Qu’est-ce qui vous manque le plus durant ce confinement ?
RN :
"L’entraînement me manque beaucoup ! Mais aussi les matches, sentir la pression d’avant-match, toutes ces sensations avec lesquelles nous vivions au quotidien me manquent. Ne pas pouvoir les ressentir depuis si longtemps, ça fait bizarre. Ça devient un peu long, on espère que ça va vite se terminer pour que tout le monde puisse retrouver une vie normale."

Justement, vous appréhendez les prochaines semaines jusqu’au 11 mai ?
RN : "
Ça va le faire. La seule chose, c’est qu’on est encore dans le flou au niveau sportif, concernant la suite de la saison. Va-t-elle continuer ? Sera-t-elle annulée ? Je n’en sais rien, après on va gérer comme on sait faire et j’espère surtout que tous les clubs, en ce qui concerne le rugby, trouveront leurs comptes dans les futures décisions."

Que pensez-vous des différentes propositions qui ont été faites concernant une reprise éventuelle du Top 14 ?
R.N :
"Je n’ai pas d’avis, je veux juste que tout rentre dans l’ordre et que tout le monde y trouve son compte et qu’aucun club ne soit en difficulté."

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Depuis le confinement vous avez quand même eu l’occasion de toucher un ballon de rugby ou pas du tout ?
RN :
"On a un ballon de rugby avec nous et on se fait quelques passes, malgré tout. Il y a un terrain à côté de chez nous, on va essayer de voir si nous avons le droit d’aller taper un peu dans le ballon et ainsi pouvoir garder tous les automatismes et les gestes du rugby. Après, je ne cache pas que j’ai pris une petite période où je n’ai pas du tout joué au rugby, parce que j’avais besoin de faire une pause. Depuis la préparation de la Coupe du monde, je n’avais pas arrêté une seule fois. Ça m’a fait du bien de couper, mais encore une fois, on a envie de vite se retrouver sur le terrain, donc le ballon, il n’est jamais très loin."

Vous n’êtes donc pas confiné avec votre père, mais garde-t-il un œil sur vos obligations sportives ? Est-il un coach sportif à distance ?
RN :
"Non, il me laisse tranquille. Il me connait assez bien et me fait confiance. Il s’occupe plus du petit frère pour le bouger et lui dire de faire ses exercices que moi (rires). Moi, je suis lancé et il le sait très bien."

Vous nous avez dit être confiné avec des amis, c’était une évidence de passer cette période avec eux ?
RN : "
C’était évident ! Ce sont des amis avec qui je m’entends très bien, on savait comment on allait gérer la situation, pour l’instant ça se passe très bien. On ne s’est pas encore entre-tués donc ça marche pour le moment (rires)."

C’est une manière d’éviter l’isolement induit par le confinement ?
RN :
"Oui, très clairement. Moi, si j’avais été tout seul dans mon appartement ça aurait été très long. J’ai préféré aller chez des amis, nous sommes plusieurs et ça casse la solitude, ça nous permet de penser à autre chose, de discuter, de faire des activités ensemble."

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Quel genre d’activités ?
RN :
"Là on essaie de trouver des choses pour casser notre routine, on tente de varier nos activités, ne pas faire les mêmes choses que l’on faisait avant le confinement. Là, avec mes amis, on s’est mis au dessin. On essaye d’inventer des choses. C’est pas une activité que je faisais avant le confinement, c’est une manière non pas d’avoir une nouvelle passion, mais une nouvelle activité."

Et alors comment sont vos dessins ?
RN :
"(Rires) Il y a encore des progrès à faire, mais ça avance et je pense que ça pourra avoir un bon rendu à la fin du confinement."

Vous avez déjà réfléchi à ce que vous souhaiteriez faire à partir du 11 mai, potentiellement au début du déconfinement ?
RN :
"Non, parce que c’est encore un peu flou. Il n’y a aucune certitude sur le 11 mai, on ne sait pas ce qu’il va se passer donc je ne préfère pas me dire que j’aimerais faire quelque chose en particulier à ce moment. Je ne veux pas avoir une déception en apprenant plus tard que finalement le 11 mai, on doit encore rester chez nous. Je veux être certain que tout sera rentré dans l’ordre avant de faire quoique ce soit."

Inès Hirigoyen InesHrg