Pro D2: Aviron Bayonnais-Biarritz Olympique, le serpent de mer de la fusion ressurgit

Pro D2: Aviron Bayonnais-Biarritz Olympique, le serpent de mer de la fusion ressurgit

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Deux ans et demi après le rejet de la fusion, les discussions ont repris dans le secret entre Bayonne et Biarritz sur l'éventuelle création d'un grand club de rugby basque, vitale économiquement mais honnie par leurs supporters. Plusieurs réunions ont eu lieu depuis la fin de l'année dernière en présence des présidents de l'Aviron, Francis Salagoïty et Christian Devèze, et de celui du BO, Nicolas Brusque, dont la dernière en date samedi, a-t-on appris auprès de deux sources proches du dossier.

Les maires de Biarritz, Michel Veunac, et de Bayonne, Jean-René Etchegaray, ont participé à l'une de ces réunions, selon ces sources, alors qu'un rapprochement entre les deux frères ennemis, dont les stades sont distants d'à peine quatre kilomètres, est hautement sensible dans une région où le derby, médiatique quelle que soit la division dans laquelle il est joué, est un événement quasiment d'appellation d'origine contrôlée.

Interrogés au sujet de la reprise de ces discussions à l'initiative du camp bayonnais, les deux clubs se refusent à tout commentaire. Place forte historique du rugby français, le Pays basque a été rayé de la carte de l'élite cette saison après la descente de Bayonne (champion de France en 1913, 1934 et 1943), qui n'aura fait qu'un aller-retour d'une saison en Top 14, tandis que Biarritz, quintuple champion de France (1935, 1939, 2002, 2005, 2006), fréquente la Pro D2 depuis 2014. Serpent de mer depuis des années, la fusion de l'Aviron et du BO pour donner naissance à un grand club du Pays Basque avait été rejetée en juin 2015 par les associations des deux clubs après des mois de tractations. 

Opposition farouche

A l'époque, l'Aviron venait tout juste d'être relégué en Pro D2 et le BO avait été incapable de remonter directement en Top 14. L'idée émise consistait à fusionner les deux entités professionnelles afin de disposer d'une puissance financière pouvant permettre à la nouvelle équipe basque de rivaliser dans l'élite du rugby, tout en conservant l'autonomie des deux clubs dans les autres catégories. 

Mais la "vox populi" avait eu raison des nécessités économiques et entraîné la démission du président biarrot, l'ancien arrière international Serge Blanco, et de son homologue bayonnais, Manuel Mérin. Avec le temps, et même en Pro D2, l'opposition ne s'est jamais relâchée et reste toujours aussi farouche. Lors de la relégation de Bayonne en mai dernier, ses supporters avaient écrit sur des banderoles dans les travées du stade Jean-Dauger, "La fusion, c'est toujours non". 

Sauf qu'aujourd'hui, Bayonne, seulement 9e de Pro D2 à 11 points des places de barragistes, avec du mieux constaté ces dernières journées - victoire dimanche sur le leader Montauban 20-5 - a prévu de réduire son budget d'environ 11 millions d'euros aujourd'hui à 9 millions d'euros prochainement. Le BO, 5e de Pro D2 et donc toujours en course pour une éventuelle remontée en Top 14, envisage lui aussi de se serrer la ceinture mais les départs récents de ses principales forces vives vers d'autres cieux (Alban Placines à Toulouse, Kylan Hamdaoui et Alex Arrate au Stade Français) n'incitent pas à l'optimisme. C'est dans ce contexte incertain que le prochain derby se disputera à Aguilera le 3 février, le soir de France-Irlande, qui lui volera forcément la vedette. 
 

AFP