Bourgoin s'ouvre aux socios

Bourgoin s'ouvre aux socios

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Le CS Bourgoin-Jallieu a ouvert la porte à ses supporteurs au sein de la Société par actions simplifiées (SAS) créée pour diriger sa section professionnelle, leur offrant 26% des parts. Revenu en proD2 la saison passée après avoir été rétrogradé en Fédérale 1 après liquidation judiciaire, le CSBJ était dans l'obligation de faire évoluer son statut.

"Le grand public peut participer au développement du CSBJ et c'est un  projet très fort. D'autres clubs lancent des associations de sociétaires mais  aucun n'est allé aussi loin que nous en termes de participation dans le  capital", explique Martial Manier, jusqu'alors président de l'association CSBJ,  sur le site internet de l'équipe. M. Manier, qui a mené ce projet, a été désigné pour présider le conseil  d'administration de cette SAS qui comptera neuf membres.  "Contrairement aux levées de fonds précédentes où l'on disait aux gens de  donner pour sauver le club, on leur dit aujourd'hui qu'ils participent à son  avenir, qu'ils bâtissent avec nous parce qu'ils aiment le CSBJ", insiste-il. Les sociétaires-adhérents ou "socios" sont actuellement 523, regroupés au  sein de l'association SO'CSBJ, et leur apport au capital de la SAS (500.000 euros) est de 100.000 euros. En plus de leurs 26% des droits de vote, ils  auront un représentant au conseil d'administration.

L'association CSBJ détiendra elle 34% des droits de vote, avec une minorité  de blocage, pour trois représentants. Les 40% restants seront détenus par une  holding de financiers, avec 380.000 euros injectés dans le tour de table pour  quatre administrateurs. "Les raisons et la philosophie qui ont guidé ce projet sont de conserver  une identité à notre club, mais ce n'est pas transposable partout en France,  avec notamment le sport business. Nous nous donnons trois ans pour stabiliser  cette structure", a expliqué à l'AFP, Laurent Ponthus, président de SO'CSBJ. Le poids de l'association et des sociétaires ne permettra donc pas aux  financiers de la holding de décider seuls de la gestion de la SAS. L'objectif de cette structure est de ne pas renouveler les dérives du passé  quand des chefs d'entreprise, Pierre Martinet ou Gaston Maulin, présidents  lorsque le club était en Top 14, se trouvaient contraints de combler les  déficits structurels à chaque fin de saison.

La remontée dans le viseur

"523 sociétaires forment un socle de sociétaires-fondateurs -on pourrait  dire plutôt adhérents- dont la contribution est plus ou moins élevée, de 50 à  1.000 euros chacun, qu'ils soient supporteurs, particuliers, commerçants ou  entrepreneurs, quelques fois partenaires, simples amoureux du club", souligne  Laurent Ponthus, qui sera le représentant des sociétaires au conseil  d'administration de la SAS. Ces sociétaires bénéficieront de diverses contreparties selon leur apport  mais n'acquerront pas systématiquement de droit d'entrée au stade pour les  matches. "Nous avons récolté au total 126.000 euros. Il y a une adhésion annuelle et  le chiffre est évolutif. Nous espérons atteindre, en 2015-2016, 2.000 adhérents  par an afin d'accorder une aide à l'équipe autour de 100.000 euros par saison,  sous différentes formes", rapporte encore M. Ponthus. Resté une saison en ProD2 sous le statut associatif, le CSBJ, toujours  réputé pour la qualité de son centre de formation, était contraint par la Ligue  nationale de rugby (LNR) de reconstituer une société anonyme pour gérer son  secteur professionnel.

Le budget de l'équipe était pour la saison 2013-2014 de 4,2 millions  d'euros environ, le plus modeste de ProD2, dont le CSBJ s'est classé 8e.  L'ambition sera dans les prochaines années de rester dans le haut du classement  et de participer aux phases finales, à défaut de tenter une remontée dans  l'élite quittée en 2011.

AFP