Rugby Six Nations Pascal Papé
Pascal Papé | AFP - Franck Fife

Papé: "la rigueur et la gagne avant tout"

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Le 2e ligne Pascal Papé, capitaine du XV de France pour la tournée en Argentine en l'absence de Thierry Dusautoir, a expliqué qu'il assumerait cette charge "avec beaucoup de naturel". Il espère inculquer "la rigueur et la gagne avant tout" aux neufs novices sélectionnés. L'expérience de Michalak, qui revient dans le groupe France, pourrait l'aider dans cette mission.

Comment avez-vous réagi à votre nomination comme capitaine?
- "Philippe (Saint-André, l'entraîneur) me l'a annoncé hier (mercredi) lors du dernier jour des tests physiques. J'ai ressenti bien sûr beaucoup de fierté quand il me l'a demandé. C'est beaucoup d'honneur que de suppléer Thierry" (Dusautoir).

Comment concevez-vous ce rôle?
- "Je ne me prendrai pas plus la tête que ça, je vais essayer de le faire avec beaucoup de naturel, sans jouer un rôle et en tout cas avec beaucoup d'humilité, sans m'enflammer. J'ai un état d'esprit vraiment simple, mais avec des valeurs. J'ai toujours été comme ça: s'il faut donner l'exemple, je préfère le donner sur le terrain plutôt qu'avec de grands discours bien ficelés. Bien sûr, ce qui se passe en dehors est important mais le plus important est de montrer la voie sur le terrain".

La présence de nombreux novices dans le groupe France change-t-elle la donne?
- "Pas du tout! C'est génial d'avoir pas mal de jeunes, il y aura beaucoup de fraîcheur, beaucoup d'excitation. C'est bien pour toute l'équipe. Honnêtement, ça ne changera pas grand-chose. Le seul truc à inculquer, et ce sera la priorité, c'est que l'équipe de France est un plaisir avant tout. Il faut gagner les matches, mais le plus important c'est qu'à la fin de cette tournée, ils se disent: +avec l'équipe de France, on en a pris plein la gueule.+ L'équipe de France, c'est la rigueur et la gagne avant tout parce que pour créer un état d'esprit, ça passe toujours par là".

A quel niveau situez-vous l'équipe d'Argentine?
- "Elle va être surprenante. Ce sera très difficile. Il y aura beaucoup d'émotion, ce sera la fin de la carrière internationale de Felipe (Contepomi) et de Rodrigo (Roncero). Cette équipe va être surtout composée d'éléments issus des Pampas (sélection de jeunes, NDLR), qui ont l'habitude de jouer contre des nations du Sud. Ce qui nous attend, c'est du lourd".

Comment vous sentez-vous physiquement, après une saison de onze mois?
- "Ca va. Le Stade Français est éliminé (en Top 14), j'ai pu couper une dizaine de jours, et après j'ai repris le physique pour préparer la tournée. Quand on a la chance de partir en équipe de France, ça va toujours! Il y a aussi une partie mentale qui prend le dessus sur le physique. Mais honnêtement, physiquement, ça va. C'est la fin de saison, certes, mais je ne suis pas à l'agonie".

Depuis le Mondial-2011, vous semblez au meilleur de votre forme, après une carrière souvent interrompue par les blessures...
- "Quand tu enchaînes, que tu as la chance de faire de bonnes prestations et de travailler dans la continuité physiquement, c'est toujours plus facile. Mais cela fait partie de ma carrière. C'est ma trajectoire et je ne l'échangerais avec personne. Les blessures m'ont rendu plus fort dans ma tête. Si j'avait fait la Coupe du Monde en 2007, est-ce que j'aurais fait la même en 2011? Pas sûr".

AFP