Novès, stop ou encore ?

Novès, stop ou encore ?

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Alors que s'achève l'année 2017, la question qui revient dans le cercle du rugby français est de savoir qui sera aux commandes du XV de France en février prochain à l'ouverture du Tournoi des Six nations. Cette question a ouvertement été posée par le président de la Fédération française de rugby. Bernard Laporte pourrait annoncé sa décision dans les tous prochains jours.

A moins de deux ans de la Coupe du monde 2019 au Japon, il pense qu'il est encore temps d'agir.     Laporte, qui avait rué dans les brancards après la tournée de juin en Afrique du Sud, fixant au sélectionneur Guy Novès l'objectif de remporter trois des quatre rencontres automnales (ce qui n'a pas eu lieu), injectera-t-il, comme évoqué, du sang frais dans un staff qu'il n'a pas choisi ? Où écartera-t-il Novès, ce qui constituerait une première dans l'histoire du XV de France ?

Il a  demandé à son bras droit, Serge Simon, de mener un audit, afin de posséder tous les éléments pour pouvoir trancher. Depuis une quinzaine de jours, le numéro deux de la FFR était chargé de consulter les acteurs du Top 14 concernés par le XV de France, les joueurs,  les entraîneurs et les présidents forcément intéressés par la gestion des internationaux. Il va maintenant rapidement rendre les conclusions de cet audit à Laporte, qui en tirera la conclusions qui s'imposent.

"annus horribilis"

Il faut dire que 2017 fut une année catastrophique pour le XV de France. elle avait pourtant plutôt bien débuté avec un premier podium dans le Tournoi des six nations depuis 2011.  Mais la suite n'a été qu'une longue dégringolade: six défaites de suite -- dont cinq en test-matches -- et un nul, entre la catastrophique tournée de juin en Afrique du Sud (trois lourds revers), qu'ils abordaient pourtant confiants, et les tests de novembre. Lesquels se sont achevés sur un nul historique à domicile contre le Japon (23-23), venu leur donner une leçon de rugby.
Loin, très loin des meilleures nations, avant un Tournoi-2018 périlleux (réceptions de l'Irlande et de l'Angleterre, en plus de l'Italie, déplacements au pays de Galles et en Ecosse) et une tournée de juin à haut risque en Nouvelle-Zélande, double championne du monde en titre.

Un système à revoir

Gangrené aussi par des affaires hors- terrain, le rugby français n'a pas pu sauver la face grâce à son équipe nationale. Le désamour entre le public et les Bleus est de plus en plus criant.  Alors, Novès ou non ? Celui qui reste l'un des plus fameux entraîneurs de l'hexagone, le plus titré, doit-il payer l'addition ? Est-il le seul responsable d'un système sans boussole, où, jusque dans les plus petits clubs les résultats ont pris le pas sur l'esprit, où le professionnalisme  a corrompu le jeu, où l'on s'est offert des joueurs étrangers à satiété, au détriment de la formation des jeunes. Alors coach de Toulon Bernard Laporte lui-même ne fut-il parmi les premiers partisans  de cette politique de starisation ?

Retour au jeu

Guy Novès, de toutes façons, ne peut rester que s'il bénéficie d'une confiance suffisante, et d'une liberté d'agir que, sans doute, il ne négociera pas. S'il est écarté, rien ne garantit que les maux du XV de France disparaîtront par enchantement. Et pour le remplacer par qui ? Quel entraîneur peut prétendre posséder un cursus et un palmarès supérieurs au sien, et qui soit tellement indiscutable qu'il puisse prendre un succession en douceur ? Il faudra aussi remédier aux lacunes autour de l'organisation globale, et que des joueurs nouveaux apportent un bel enthousiasme, et chassent les idées noires qui se sont installées dans le marasme de 2017, pour retrouver à la place l'idée originelle du rugby, pour être fier de porter le maillot frapper du coq prendre du plais dans le jeu, et surtout dans le même temps, en redonner aux millions de supporteurs français.  

Christian Grégoire