Mourad Boudjellal, entre projet révolutionnaire pour la LNR et rachat du Sporting de Toulon

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Boudjellal

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S'il affirme avoir "quitté le monde du rugby" en vendant ses parts dans le RCT, Mourad Boudjellal a explosé à L'Equipe son plan pour révolutionner la Ligue nationale de rugby (LNR), dont il avait brigué la présidence voici quatre ans et à laquelle il pourrait prétendre cette année. "L'objectif serait d'enrichir les clubs", dit-il. Il négocie également pour racheter le Sporting Club de Toulon, le club de football de la ville, avec l'ambition de le ramener en L1 alors qu'il a été relégué en National 2.

"J'ai quitté le monde du rugby. Aujourd'hui, ma préoccupation première est d'aller dans le foot, mais j'ai le droit de garder un œil sur le rugby." Un œil et même plus que ça. Mourad Boudjellal aime faire parler de lui, il aime les défis, et les deux ensemble cela donne un projet presque fou, comme il les aime : révolutionner la Ligue nationale de rugby. Dans une longue interview à L'Equipe, l'ancien président du Rugby club toulonnais (qu'il a cédé en décembre dernier) présente son projet. Alors même que la LNR se confronte à la FFR de son ami Bernard Laporte, il plaide pour une refonte totale du modèle économique français, que la crise du Covid-19 a un peu plus fragilisé.

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"L'objectif est de créer de la valeur pour tous les clubs", affirme-t-il. "Le bouleversement, serait de créer trois sociétés : une Top 14, une ProD2, et une Supersevens si les clubs souhaitent garder cette compétition. La LNR serait actionnaire de chaque société ainsi que les clubs, qui seraient, eux, majoritaires. La seconde étape serait de faire entrer de nouveaux actionnaires pour consolider les fonds propres par une augmentation de capital. (...) La Ligue appartiendrait aux clubs et non l'inverse."

"Il faut que l'argent circule"

Et l'ancien homme fort du RCT, qui avait révolutionné le visage de la France du rugby en étant l'un des premiers à recruter d'immenses stars étrangères (Umaga, Wilkinson..), veut aller plus loin au niveau des transferts : moins de contrats pros (dans le Top 14 le maximum passerait de 33 à 30, 28 pour la Pro D2), une limitation du nombre de contrats espoirs en TOP 14 pour les laisser en Pro D2 "car ils peuvent être les stars de demain", un marché du salary cap pour permettre à des clubs riches de racheter du salary cap à un club qui ne le dépasse pas en payant le prix fort, des sanctions financières fortes lors du non-respect du nombre de Joueurs issues de la filière formation (Jiff)... Le but ? "Il faut que l'argent circule", assène-t-il.

Ce grand projet, Mourad Boudjellal n'exclut pas de le présenter lui-même. "Si je fais une campagne, j'ai une chance", croit-il. Mais son premier objectif est ailleurs. Car depuis qu'il a quitté le RCT, il a clamé vouloir reprendre le Sporting club de Toulon, le club de foot. "Je veux être à l'initiative d'un rêve fou : revoir Toulon en Ligue 1", avait-il dit à Var Matin. Les négociations avec l'actuel actionnaire du club, relégué en National, s'éternisent. "Le Sporting reste mon option numéro 1, car je suis attaché à ma ville, mais si ça ne se fait pas, j'ai d'autres options dans le foot, dont une très avancée", confie-t-il à L'Equipe. Une double casquette président de la LNR et président de club de football serait-elle envisageable ? "C'est compatible", tranche-t-il.