Mathieu Bastareaud : "J'espère que ça restera quand même du rugby"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jules Boscherini
Mathieu Bastareaud
Mathieu Bastareaud | PHILIPPE LOPEZ / AFP

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De retour en France après son aventure américaine, Mathieu Bastareaud s'est engagé pour 2 saisons avec le LOU. Entre son expérience à l'étranger, son confinement avec sa famille et la reprise du rugby avec de nouvelles règles en perspective, c'était l'occasion de revenir pour france•tv sport sur cette période, assez particulière, de sa vie.

Vous êtes de retour en France, est-ce que vous pouvez me raconter votre aventure à New York ?
Mathieu Bastareaud 
: "Ça a été malheureusement court à cause de cette pandémie. Je n’ai pas vraiment eu le temps de profiter pleinement de l’endroit. C’était ma première fois aux Etats-Unis, d’aller vivre dans une ville comme New-York c’était fou. Je voulais absolument avoir une expérience à l’étranger et New-York était vraiment l’opposé de ce que j’avais en France."

Vous n’avez joué que 5 matchs, c’est très peu, que gardez-vous de cette expérience ?
MB 
: "Ça a été une expérience enrichissante. Vivre à l’étranger avec une autre culture, en l’occurrence la culture américaine qui est assez singulière, c’est très particulier. On a fait deux matchs à Las Vegas, un match à Atlanta un autre à Houston et enfin un à San Diego donc je garderai le fait que l’on ait beaucoup voyagé. On se déplace énormément donc je dirai qu’il reste encore pas mal de boulot pour que le championnat se développe..."

La MLR est un jeune championnat, pensez vous que votre venue ou celle de Ma’a Nonu, Ben Foden va contribuer à faire grandir la compétition et le niveau des joueurs ?
MB 
: "Je ne sais pas, ça dépendra de comment le championnat évolue. Je ne pense pas que l’on ait eu un réel impact sur le championnat qui a été très court cette année. En revanche, je pense qu’on lui a donné un peu plus de visibilité. Il y a aussi eu beaucoup plus de curiosité pour le championnat américain de rugby et non pour le rugby américain qui, je pense, doit encore se construire au niveau des infrastructures et de la qualité des encadrements. Le rugby est vraiment un sport ultra mineur aux États-Unis et j’étais venu avec l’idée de participer et d’aider à son développement. Malheureusement la pandémie est arrivée et on n’a pas eu le temps de faire grand chose alors qu’on avait pas mal de projets."

Comment s’est passé votre confinement à New York ?
MB
 : "Par rapport à la France, il y a eu une semaine de décalage avec le confinement. Il n’était pas obligatoire mais juste conseillé donc les gens pouvaient encore circuler dehors. Avec ma compagne, nous n’avons pas voulu prendre de risque et nous sommes restés confinés un mois et demi je dirais. On ne sortait pas ou très peu pour vider les poubelles ou faire la lessive. On se faisait tout livrer, on désinfectait tout... C’était assez particulier d’être enfermé dans une tour mais on a décidé de rester patient et nous sommes rentrés en France le 1er mai avec une quinzaine de confinement à respecter."

Votre famille n’a pas rencontré de problèmes de santé particuliers durant cette période ?
MB
 : "Non et c’est justement pour éviter ce genre de problèmes que l’on s’est confiné assez rapidement. Nous étions à l’étranger et le système de santé américain est totalement différent de celui que l’on connaît en France. Lorsque vous arrivez aux urgences, on vous demande votre carte de crédit et les coûts sont anormalement élevés donc on ne pouvait pas prendre de risque et je ne voulais pas mettre ma famille en danger en allant faire un footing ou autre."

Justement votre entraînement, on a vu des images de vous courir dans les escaliers, on imagine que ça change de l’ordinaire ?
MB 
: "On s’adapte comme on peut... Généralement en tant que sportif professionnel on a un certain confort de par les installations de nos clubs. Et là de devoir bricoler dans les escaliers ou avec des bidons d’eau s’en est même devenu marrant. Ça nous ramène aussi à la réalité des choses en nous rappelant qu’on est finalement des privilégiés."

Vous êtes de retour au LOU, comment se sont passés les discussions quant à votre retour ?
MB
 : "J’ai eu l’occasion de rentrer en France après mon aventure américaine et Lyon me paraissait la meilleure destination pour moi et ma famille. Je connais Pierre Mignoni depuis des années, je l’ai eu en tant que coach à Toulon et c’est quelqu’un avec qui j’ai apprécié bossé que ce soit à Toulon ou le peu de temps ou j’ai joué au LOU. C’est un facteur qui a joué dans mon retour."

Mathieu Bastareaud : "J'espère que ça restera quand même du rugby"
© PHOTOPQR / LE PROGRES / MAXPPP

Au LOU vous aviez joué 8, en MLR aussi, pensez-vous continuer à ce poste ou retrouverez-vous votre numéro 13 habituel ?
MB
 : "On m’a proposé un projet dans lequel je serai numéro 8 donc je pense que je continuerai de jouer à ce poste."

J’imagine qu’il y a une grosse part d’appréhension quant à la reprise, comment l’envisagez-vous ?
MB
 : "Il va bien falloir reprendre un jour ou l’autre. Maintenant, savoir si toutes les conditions sanitaires seront respectées me paraît assez compliqué vu que l’on doit éviter les contacts. Il me semble pourtant que le rugby est un sport de contact... Je pense que tant qu’il n’y aura pas de vaccins ça restera compliqué de reprendre notre sport normalement."

World Rugby est en train de réfléchir à de nouvelles règles, dites de préventions sanitaire, ne pensez vous pas que l’après Covid va considérablement changer le visage du rugby ?
MB
 : Je pense que ça va changer le monde du sport en général. De là à changer les règles... S’il faut passer par là on n’aura pas le choix mais j’espère que ça restera quand même du rugby."

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Jules Boscherini @julesboscherini