Mas Nicolas Perpignan charge Guirado 09 2010
Jacques Brunel peut souffler | AFP - Diarmid Courreges

L'USAP s'impose à l'usure, le BO en force

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Perpignan a dominé l'équipe italienne de Trévise (35-14), avec cinq essais et le bonus offensif à la clé, dimanche pour le compte de la 2e journée de Coupe d'Europe. Ce succès a pourtant été plus difficile que ne l'indique le score, les Italiens se montrant très coriaces durant une bonne partie de la rencontre avant de céder. Avec quatre essais contre deux face à l'Ultser, Biarritz a pour sa part pris les commandes de la poule 3.

Perpignan avait une double revanche à prendre face à Trévise,  après l'exploit des Italiens contre les Catalans la saison dernière et la défaite de l'Usap  dès l'ouverture de la compétition face à Llanelli. Les vice-champions de France, battus nettement 43 à 34 au Pays de Galles n'avaient pas le droit de se faire piéger dans leur stade Aimé-Giral au risque de compromettre leur chance de se qualifier. Si les Perpignanais ont rapidement ouvert le score par un essai de Porical, qui a en outre beaucoup pesé dans ses relances et son jeu au pied,  ils ont du mal à imposer leur domination. Face à des Italiens qui n'avaient rien à perdre et qui, revigorés par leur succès de l'an passé nourrissaient l'espoir de l'emporter, et n'hésitaient d'ailleurs pas à mettre du jeu, les hommes de Jacques Brunel  ont eu bien du souci à trouver des solutions. Au point que les deux équipes étaient à égalité à la pause après un premier essai italien magistral de Benvenuti, à la conclusion d'un contre de 80 m suite à un ballon perdu qui a volé de mains en mains.

Et ils sont même passés devant après un autre essai de ce même Benvenuti, bénéficiant d'une solide conquête de son pack. Cet essai sera transformé mais ce  seront pourtant les derniers points inscrits par le Benetton.  Les Catalans étaient alors scotchés et ne parvenaient pas à se dépêtrer du jeu en mouvement des talentueux italiens. Malheureusement pour ces derniers,  et comme souvent avec les formations transalpines, le match a duré trop longtemps. Peu avant l'heure de jeu, les avants de l'USAP très forts dans leur travail de sape, faisaient plier la défense de Trévise. Ensuite, à 14 partout, les Catalans n'avaient qu'à porter l'estocade à des Italiens qui perdaient le fil. Trois essais plus tard et le bonus en poche, Perpignan pouvait souffler. Cette victoire leur permet de rester dans la course dans la poule 5 de la compétition.

A Biarritz, les retardataires n'auront pas manqué beaucoup de choses, seule une pénalité ayant été inscrite de part et d'autre. Regagnant les vestiaires sur ce faible score de 3-3, les Biarrots ont vite réagi en deuxième période. Ngwenya a d'abord donné de l'air à son équipe en inscrivant le premier essai (44e). Quelques minutes et pénalités signés Yachvili, plus tard, Carizza offrait au BO un deuxième essai pour creuser l'écart dans une rencontre engagée (61e). Peu après, l'Ulster retrouvait quelques couleurs par l'intermédiaire de Trimble, mais Piennaar manquait la transformation... Comme un aveu de faiblesse, la formation irlandaise allait s'écrouler trois minutes plus tard sur un troisième essai signé cette fois Marconnet (70e). Sans compter sur les coups de pied performants de Yachvili, auteur de trois pénalités et trois transformations, Biarritz prenait logiquement l'ascendant dans cette rencontre et s'offrait même un quatrième essai, le deuxième de Ngwenya (77e). Les arrêts de jeu permettaient à l'Ulster de réduire un peu la sanction, et devant 10 000 spectateurs, les Biarrots pouvaient savourer cette victoire sur le score confortable de 35-15.

Jacques Brunel (manageur de Perpignan): "Ces  cinq points nous relancent complètement. Nous ne sommes pas morts, nous sommes  vivants. Maintenant la qualification se jouera au mois de décembre dans le face  à face contre Leicester. On peut y croire. Aujourd'hui la mêlée a été décisive  dans notre victoire, elle a fait la différence alors que les deux équipes  étaient très proches. Trévise a confirmé qu'elle était en progrès. C'est une  équipe solide, compacte et qui n'a pas hésité à produire du jeux".
      
Franco Smith (manageur de Trévise): "On a très bien défendu pendant les  vingt premières minutes. Nous étions bien dans la partie jusqu'au début de  seconde période mais ensuite leur coaching a fait la différence. Les rentrées de  Mas et Freshwater, deux joueurs très expérimentés, ont pesé dans le combat. Leur  mêlée a fini par prendre le dessus même si on est restés compétitifs jusqu'à la  65 minute. L'expérience du niveau international, c'est encore ce qui fait toute  la différence entre une équipe comme Perpignan et nous".

Dimitri Yachvili (demi de mêlée de Biarritz): "Cette victoire et ces essais font plaisir. On se lâche de plus en plus, on est efficace même si, à mon avis, on manque encore de maîtrise à certains moments. Si devant on domine, comme à chaque match, c'est plus facile d'avancer. Ils ont encore fait un gros effort. C'est notre force ces derniers temps, il va falloir confirmer tout ça. Il nous faut gagner encore. C'est vrai que psychologiquement on se lâche plus en Coupe d'Europe, même si en championnat on montre aussi de belles choses, mais on se focalise pas uniquement sur cette compétition. Maintenant, on va bien récupérer parce qu'on a laissé pas mal de plumes. Clermont a eu aussi un gros match hier. C'est un gros rendez-vous qui nous attend le week-end prochain en championnat".

Magnus Lund (troisième ligne de Biarritz): "On savait que ce ne serait pas un match facile. La première mi-temps a été très dure. En deuxième, on a pu faire ce qu'on voulait. On a gagné avec le point de bonus, c'est super. On avait vu, en vidéo, que l'Ulster jouait beaucoup. Ils sont costauds devant, mais derrière ils ont de bons joueurs comme on a vu aujourd'hui. On savait que la première mi-temps serait serrée. Heureusement, on a pu réaliser ce qu'on souhaitait en deuxième. On a gardé le même fonctionnement mais on a eu plus d'ouvertures et on a été plus exigeant. Cela change tout".

Damien Traille (trois-quarts centre de Biarritz): "La première mi-temps était compliquée au niveau du rythme et de l'intensité. On savait que les Irlandais venaient ici avec beaucoup d'ambition après leur victoire. On a eu du mal à entrer dans le match et eu pas mal d'approximations. En seconde mi-temps, on a réussi à débrider le jeu et on a décroché le point de bonus, très important pour la suite de la compétition. Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas marqué autant d'essais. Le bonus fait du bien pour la confiance avant de se replonger dans trois matches de championnat. Maintenant, il va falloir vite récupérer car un +gros morceau+ nous attend la semaine prochaine".

Jack Isaac (entraîneur de Biarritz): "Rentrer à la mi-temps à 3-3 était favorable pour nous, sachant qu'on n'a pas eu beaucoup de possession ni d'occupation. On a sauvé deux essais sur les lignes, presque. En deuxième mi-temps, la réorganisation offensive a été mise en place et on a marqué. Je suis content pour "Tak" (Ngwenya), cela faisait longtemps qu'il n'avait pas marqué et pour tous les trois-quarts, à la hauteur de l'évènement".

Jean-Michel Gonzalez (entraîneur de Biarritz): "On a eu une deuxième belle mi-temps. On a eu une première mi-temps très compliquée. Les Irlandais nous ont posé des problèmes, on a été sevré de ballons après avoir fait une bonne mi-temps. On s'en sort bien alors parce qu'on a fait que défendre. Sur une combinaison et une faute de mains dans nos 22 mètres, on prend un contre et une mêlée sur notre ligne où ils ne marquent pas. Je crois que cela pouvait être le tournant du match. En tout cas, c'était un moment important pour eux. On a leur a dit à la mi-temps de bien garder la défense. En deuxième mi-temps, on a marqué assez vite, ce qui a débloqué la situation. On avait dit qu'il fallait valider cette victoire à Bath, mais on n'avait pas parlé de bonus".

Pedrie Wannenburg (troisième ligne de l'Ulster): "Aujourd'hui, on n'a pas échoué. En première mi-temps, nous avons pris notre chance mais on n'a pas concrétisé. On aurait pu mener à la mi-temps si on n'avait pas pris cette pénalité et si j'avais été en mesure de marquer. Biarritz n'a pas été plus fort que nous, mais on a fait quelques erreurs en seconde mi-temps. Après, mis en confiance, ils ont été plus efficaces".

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