Bryan Habana Afsud Springboks 2010
Bryan Habana (Afrique du Sud) | AFP - Alexandre Joe

L'Europe défie l'hémisphère Sud

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Les trois nations phares du rugby mondial, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Afrique du sud –championne du monde en titre- passent chacune un test difficile ce samedi. Les All Blacks affrontent l'Angleterre à Twickenham, les Wallabies rencontrent le pays de Galles à Cardiff tandis que les Springboks inaugurent le nouveau Lansdowne, l'Aviva Stadium, face à l'Irlande. Les Bleus recevront les Fidji samedi prochain à Nantes.

Les tests-matches de l'automne constituent toujours une référence pour établir une hiérarchie du rugby mondial. Ceci est encore plus vrai à 10 mois de la prochaine Coupe du monde. Si les Français peaufinent leur préparation dans leur antre de Marcoussis en attendant de "matcher" consécutivement avec les îles Fidji, l'Argentine et l'Australie, les Sudistes attaquent le continent européen par la face Nord avec trois chocs d'emblée. 

Les Sprinboks en reconquête

A tout seigneur, tout honneur. Le champion du monde sud-africain sera le premier à découvrir l'Aviva Stadium (ex Landowne) samedi après-midi pour une affiche destinée à savoir qui sont les vrais "géants verts". L'Afrique du Sud ne partira pas forcément favorite car le jeu cadenassé qui lui a permis de remporter la Coupe du monde 2007 semble être devenu obsolète grâce aux nouvelles règles qui font la part belle au jeu d'attaque. Les Boks ont terminé derniers du Tri-Nations avec une seule victoire et ils déplorent de nombreux blessés dont cap'tain Smit, Du Preez, Fourie ou encore Pietersen. Jean de Villiers (63 sélections) a obtenu le feu vert sur sa participation après avoir passé des tests médicaux. Le troisième ligne remplaçant Willem Alberts (0 sél.) n'a, lui, pas suffisamment récupéré d'une blessure à un mollet et sera remplacé sur le banc par son partenaire des Sharks, également novice, Keegan Daniel. Les Irlandais récupèrent eux leur star Brian o'Driscoll et l'ouvreur Sexton qui remplace O'Gara, mis sur le banc. 

Les Blacks en favoris

Les All Blacks qui ne cachent pas leur ambition de réaliser un grand chelem de quatre victoires contre les nations britanniques font, bien sûr, figure d'épouvantail. Les hommes de Graham Henry ont enchaîné quinze victoires consécutives avant de perdre samedi dernier face à l'Australie dans les arrêts de jeu. Ils disposent des deux meilleurs joueurs du monde (McCaw et Carter) et restent les meilleurs entre deux Mondiaux. Ils sont clairement montés en puissance cette saison et possèdent a priori une marge de manœuvre contre toutes les équipes européennes. Le XV de la Rose navigue entre promesses et déceptions mais sans réel fil conducteur depuis la fabuleuse année 2003. L'Angleterre ne cache pas que sa première ambition sera davantage de contrer le jeu des All Blacks et des Wallabies que de s'y adapter. "Nous voulons faire du test de samedi un vrai match de rugby à l'ancienne", a déclaré Mike Ford, entraîneur-adjoint chargé de la défense. "Dans le Tri-Nations, il y a eu trois matches qui se sont soldés par une moyenne de 77 points", a-t-il ajouté. "Pour moi, ce n'est pas du rugby au niveau international. Nous allons tout faire pour produire notre meilleure performance défensive." Les Anglais et les Irlandais compteront évidemment sur la météo de novembre qui est rarement propice aux grandes envolées des terrains secs de l'hémisphère sud et sur la fatigue de fin de saison qui handicape parfois All Blacks et Wallabies.

Les Wallabies ambitieux

Une équipe d'Australie qui s'affirme de plus en plus comme l'outsider numéro 1 de la prochaine Coupe du monde mais qui se méfie de son déplacement au Millenium Stadium où les Dragons gallois sont toujours durs à battre. Galvanisés par leur succès (26-24) arraché aux rivaux All Blacks grâce à un essai et une transformation à la dernière minute de James O'Connor, les Wallabies, qui n'ont remporté que deux matches sur six lors du dernier Tri-nations, veulent enfin enchaîner les succès à moins d'un an de la Coupe du monde. "On a évidemment fait le plein de confiance mais le plus gros défi pour nous est d'arriver à jouer deux bons matches d'affilée. On a connu des hauts et des bas ces dernières années. Il faut qu'on arrive à jouer un rugby constant", estime le centre Matt Giteau. L'entraîneur Robbie Deans s'est félicité de pouvoir reconduire les 22 vainqueurs du week-end dernier estimant que "la continuité permet la constance dans la performance". Lors de leurs tournées de novembre, les Wallabies ont été régulièrement malmenés au Millennium Stadium, battus en 2005 (22-24) et 2008 (18-21) et contraints au nul en 2006 (22-22). Mais, à l'inverse de l'Australie, le pays de Galles de novembre 2010 est dans une dynamique peu favorable, avec seulement trois victoires sur les dix derniers matches. Rien ne sera laissé au hasard, et le toit rétractable du Millennium devrait être laissé ouvert pour ralentir le jeu des Wallabies.

AFP