Juan Martin Fernandez Lobbe, l'une des stars de l'Argentine
Juan Martin Fernandez Lobbe, l'une des stars de l'Argentine, ne participera pas aux prochains matchs amicaux | PAUL ELLIS / AFP

Les Pumas montrent leurs griffes

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L'Argentine à réussi sa mue. L'entrée des Pumas dans le Four Nations a permis aux Ciel et Blanc de monter d'un cran dans la hiérarchie mondiale. Aujourd'hui, les Sud-Américains rivalisent avec l'Australie, l'Angleterre ou l'Afrique du Sud. Samedi à Lille (France 2, 20h45), les Bleus devront se méfier de ces Pumas qui viennent de dévorer le pays de Galles à Cardiff.

Qu'il semble loin le temps où l'Argentine affrontait le XV de France en victime expiatoire ! Au XXe siècle, la "seleccion" a rencontré l'équipe de France à 34 reprises pour un bilan déplorable (4 victoires, un nul, 29 défaites). Depuis l'an 2000, l'heure de la revanche a sonné, et pas qu'une fois ! Les Pumas ont bouffé du coq à huit reprises. Et s'ils ont mal digéré quatre fois, ce sont bien eux qui possèdent l'ascendant sur les Français à l'heure de les retrouver sur la pelouse du Grand Stade de Lille Métropole. 

2007, la confirmation

La montée en puissance du rugby argentin s'est faite de manière progressive, mais la génération bronzée du Mondial 2007 s'est avérée décisive. Avant les années 90, l'Argentine possédait seulement quelques très bons éléments comme le demi d'ouverture Hugo Porta, star des années 80 et longtemps recordman des points marqués en sélection (432) avant d'être dépassé par Gonzalo Quesada, l'actuel entraîneur du Racing-Métro 92.

Lors des trois premières Coupe du monde, l'Argentine a déçu ses aficionados en se faisant sortir d'emblée à chaque fois. Il a fallu attendre 1999 pour voir les Pumas atteindre les quarts de finale (défaite face à la France) après un succès en barrages à Lansdowne Road contre les Irlandais. Une victoire annonciatrice des résultats à venir dans la décennie suivante, la plus belle jusqu'à maintenant pour nos cousins latins. 

En 2007, l'Argentine gâche le grand rendez-vous des Bleus en s'imposant d'entrée de jeu avant de renouveler l'exploit lors du match pour la troisième place. Ce haut fait d'armes agit comme un détonateur pour le rugby argentin qui demande son intégration dans le Tournoi des VI Nations mais obtient finalement son entrée dans la plus grande compétition de l'hémisphère Sud quatre ans après, à la sortie d'un nouveau Mondial réussi (quart-finaliste face aux All Blacks). 

2012, l'aboutissement

Bénéficiant pour la première fois d'une vraie préparation physique, l'Argentine a pu cet été rivaliser avec les ténors sudistes: match nul contre les Springboks, courtes défaites face aux Wallabies et défense honorable en Nouvelle-Zélande, les Pumas n'ont raté qu'un seul match, le retour à Buenos Aires face aux maîtres du monde (15-54). 

La génération Ledesma, Contepomi, Roncero, qui avait pris la place de celle incarnée par Lisandro Arbizu, Agustin Pichot ou Rolando Martin, cède aujourd'hui le tour aux Camacho, Guinazu et autres Imhoff, toujours encadrés par les tauliers que sont Juan Martin Hernandez ou Patricio Albacete. Et les résultats suivent comme en témoigne la précieuse victoire chez les Gallois, qui permet aux Ciel et Blanc d'envisager très sérieusement un rang de tête de série lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2015 qui se tiendra le lundi 3 décembre à Londres. A condition bien sûr de battre le XV de France.