Frédéric Michalak
L'international toulonnais Frédéric Michalak | AFP - FRANCK FIFE

Les Pumas comme test de confirmation

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Une semaine après le probant succès sur l'Australie, l'équipe de France accueille l'Argentine à Lille pour le deuxième de ses trois tests de novembre. Auréolés de leur splendide victoire chez les Gallois, les Pumas, privés de Hernandez, vont imposer un combat extrême aux Tricolore pour les faire déjouer. Depuis 2002, les Sud-Américains sont devenus experts dans l'art de vaincre les Bleus (8 victoires en 12 matches), y compris en France.

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Une équipe est peut-être née en Argentine en juin dernier. Après une défaite dans les ultimes minutes (23-20) et une large victoire (49-10) face à une formation sud-américaine "bis". Mais ce soir, au Grand Stade Lille Métropole, c'est une autre équipe qui sera face au XV de France. Les titulaires habituels seront là, même si Hernandez et Contepomi manqueront, et ils ont beaucoup changé ces dernières semaines.

Cinq mois en collectivité et un Four Nations performant quoique peu récompensé en points (un nul contre les Boks), et derrière une victoire de prestige contre le tenant du Tournoi des VI Nations, le Pays de Galles, l'Argentine poursuit sa mue. Il est loin, très loin le temps où les Pumas n'étaient qu'un peu dangereux chez eux, et un adversaire "d'échauffement" pour les autres tests-matches. Depuis 1999 et une victoire en Coupe du monde sur l'Irlande, ils ne sont plus pris à la légère. Encore moins par le XV de France. Car depuis 2002, en France comme en Amérique du Sud, l'Argentine aime rendre fou les Bleus. Huit victoires en douze matches, dont les deux plus marquants lors de la Coupe du monde 2007 en France, le bilan incite à la prudence.

Un pack devenu une référence

Malgré les retraites des "vieux grognards" (Ledesma, Roncero...), la formation de Santiago Phelan demeure une référence en mêlée fermée, l'une des plus pénibles dans les rucks, et le talent s'est répandu dans les lignes arrières, à l'image de Juan Imhoff, le Racingman. Après la victoire à Cardiff, les Argentins ont l'occasion de confirmer tous leurs progrès en venant jouer un bien mauvais tour aux Français. Et c'est le moment idéal.

Philippe Saint-André et son staff ont-ils réussi à maintenir les pieds des Bleus au sol ? "Le challenge, c'est de ne pas être français", soulignait cette semaine le manageur de l'équipe. "Dans le rugby français, on a toujours eu l'habitude de faire des exploits. C'est l'objectif qu'on s'est donné, d'être cohérent, de bien récupérer, de faire une bonne semaine d'entraînement, de ne pas se prendre pour d'autres, d'avoir la même férocité, la même humilité". Dès la fin du match contre les Wallabies, les techniciens français ont répété ce principe d'humilité et d'engagement. Peut-être plus encore contre les Pumas qui tentent parfois d'endormir la vigilance adverse, l'engagement doit être permanent. Le retour de Yoann Maestri en 2e ligne, après son forfait de dernière minute pour lumbago la semaine dernière, devrait apporter quelques certitudes dans ce domaine.

Le toit du stade fermé pour une première en France

Outre le combat, l'équipe de France sera aussi scrutée dans sa gestion du jeu. La belle partition de la charnière et de la ligne de trois-quarts ont fait naitre des espoirs, qu'il leur faut confirmer à Lille. Machenaud-Michalak, cette charnière a vu le jour à Tucuman le 23 juin dernier. Joueuse et dynamique contre l'Australie, pourra-t-elle l'être encore contre des Argentins certainement plus pressants, notamment le capitaine Fernandez-Lobbe qui aura faim de "croquer" son coéquipier toulonnais, Frédéric Michalak. 

Pour la petit histoire, et pour éviter les intempéries et le froid, le toit du stade sera fermé. Ce sera le premier match sous toit fermé disputé en France, ce qui pourrait être un avantage pour les Français et leur jeu déployé, à condition qu'ils s'offrent des ballons propres. Et ce ne sera pas non plus un inconvénient pour les Argentins.

Composition des équipes

France: Dulin - Fofana, Fritz, Mermoz, Clerc - (o) Michalak, (m) Machenaud - Ouedraogo, Picamoles, Nyanga - Maestri, Papé (capitaine) - Mas, Szarzewski , Forestier. Remplaçants: Kayser, Domingo, Debaty, Suta, Chouly, Parra, Trinh-Duc, Huget.
Argentine: Amorosino - Agulla, Tiesi, Bosch, Imhoff - (o) Nicolas Sanchez, (m) Landajo - Leguizamon, Senatore, Fernandez Lobbe (cap.) - Cabello, Carizza - Figallo, Guinazu, Ayerza. Remplaçants: Creevy, Lobo, Gomez Kodela, Vallejos, De la Vega, Cubelli, Camacho, Tuculet.

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