Nouvelle-Zélande - France
Le capitaine Mathieu Bastareaud promet une réaction du XV de France | AFP - Michael BRADLEY

Le XV de France repart au combat face aux Blacks

Publié le , modifié le

Une semaine après avoir été balayé par la Nouvelle-Zélande à Auckland (11-52), le XV de France retrouve les doubles champions du monde en titre samedi à Wellington, pour tenter au moins de redresser la tête à défaut d'envisager sérieusement une victoire.

Les Bleus tâcheront de ne pas oublier que c'est justement dans la capitale néo-zélandaise qu'ils avaient encaissé la plus lourde défaite de leur histoire (61-10) en 2007. Ils auront sans doute à cœur d'effacer ce mauvais souvenir autant que celui de la semaine dernière dernière où ils ont explosé en vol en deuxième période après être parvenus, durant cinquante minutes, à répondre au défi physique des All Blacks.

Même si la Nouvelle-Zélande se situe au moins un cran au-dessus, c'est justement pour ne pas voir réduites à néant les promesses hivernales, et bâtir sur un peu de concret en vue de la Coupe du monde 2019 au Japon, que le XV de France serait bien inspiré de rendre une meilleure copie samedi qu'à l'Eden Park.  Surtout celle rendue pendant la dernière demi-heure, traditionnel "money time" interminable des Blacks, qui leur a permis d'inscrire sept essais.

La révolte: le leitmotiv des bleus

Les mauvaises langues diront que la seule chose imprévisible est le nombre de points d'écart qui séparera de nouveau les Bleus des maîtres de la planète ovale, car dans la "ville du vent" tous les observateurs s'attendent à une nouvelle rafale. Pour les faire mentir, la mission du XV de France n'est pas compliquée ni insurmontable en théorie, même si elle paraît difficile tant le gap entre les deux nations est devenu important: il s'agit de parvenir à tenir tête aux champions en échappant à la correction. 

Faut-il s'attendre à une révolte ? Le sélectionneur tricolore reconnaît que ses joueurs ont été "affectés", sans en rajouter: "C'est toujours facile de dire qu'on va rivaliser, mais il faut être capable de les mettre en difficulté" tempère Jacques Brunel. Il faudra aussi soigner la conquête et "colmater les brèches durant toute la partie". Dopés à l'orgueil,  les Bleus affirment ne pas avoir l'intention de tendre l'autre joue. C'est en tout cas ce que promet le capitaine Mathieu Bastareaud: "si on n'a pas d'esprit de révolte quand on en prend 50, on n'a rien à faire là.  Nous devons montrer un autre visage qu'en deuxième mi-temps, où nous avons défendu comme des enfants. Nous devons montrer que nous sommes une équipe, pas juste une sélection de joueurs.  Quand on joue cette équipe-là, on ne peut pas se contenter de l'à peu-près. On a tous conscience que ce match est d'autant plus important qu'on va nous attendre sur la motivation". 
En effet, les Français vont devoir  mettre du cœur , et peut-être aussi opposer un autre rugby un peu moins axé sur les plans de jeu et un peu plus imaginatif.    

En tout cas, les All Blacks seront, eux, au rendez-vous. Et même s'ils rappellent publiquement leur méfiance face à ces "imprévisibles Français", ils restent sûrs de leur force. Mieux même, leur capitaine Sam Whitelock annonce que son équipe entend bien cette fois démarrer pied au plancher, pour ne pas être obligée d'accélérer en fin de match. Voilà les Français prévenus: ils vont devoir enfiler le bleu de chauffe.    

Christian Grégoire