L'entraînement du XV de France
Pascal Papé et les joueurs français à l'entraînement à Marcoussis | AFP - FRANCK FIFE

Le XV de France dans ses retranchements

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Réunie depuis vendredi à 34 dans sa résidence de Marcoussis, l'équipe de France n'est plus qu'à 23 depuis ce matin. Pour préparer le test-match contre l'Australie, le staff technique tricolore a profité de la journée de dimanche pour, à huis clos, effectuer un entraînement à haute intensité. "On est allé dans des zones de fatigue assez extrêmes", reconnaissait Philippe Saint-André. "Le cardio est vite monté dans le rouge", admettait le 2e ligne Jocelino Suta.

Trois jours après une journée de Top 14, ils ont mis le bleu de chauffe. Philippe Saint-André avait prévenu dès l'annonce du groupe de 33: le dimanche serait le théâtre d'une vraie opposition à 33. Les joueurs n'ont pas été déçus, mais tout de même un peu surpris par le contenu: "On a été mis au courant lors de la réunion avant la séquence", glisse Brice Dulin, l'arrière de Castres et l'un des rares jeunes à avoir gagné sa place dans le groupe pour défier les Wallabies. "C'était un jeu total, et tout était fait pour que le ballon ne meure pas. Dès qu'il était ralenti ou enterré, on repartait avec un autre ballon. Il y avait des séquences de deux minutes non-stop", expliquait-il. Jocelino Suta reconnait que "le cardio est vite monté dans le rouge. Les temps de jeu étaient très longs. C'était fait exprès."

Pour affronter des Australiens qui sortent du Four Nations, et de la Bledisloe Cup où ils ont obtenu un nul contre les All Blacks, le staff de l'équipe de France a effectué une répétition. "On est allé dans des zones de fatigue assez extrêmes parce qu'on sait que les Australiens c'est ce qu'ils veulent faire. Dans le Four Nations, quand ils gagnent les matches, autour de la 60e minute, ils font exploser les autres équipes", souligne Philippe Saint-André. Imposant de longs temps de jeu tout au long de la rencontre, l'équipe de Robbie Deans est en effet connue pour conquérir ses succès à l'usure, faisant souvent la différence après l'heure de jeu. "Les séquences de jeu étaient très longues, se rapprochant d'un match international et de ce que les Australiens vont nous imposer", notait Benjamin Kayser, le talonneur de Clermont, qui a pu, avec ses compères du pack, effectuer des oppositions en mêlée à 8 contre 8 lors de ces trois jours.

"Très intéressant"

La répétition a été quasi-parfaite puisque Romain Poite, arbitre international, était là pour officier. Si ça a été "un peu brouillon", selon Benjamin Kayser, "cela a été très intéressant", pour le sélectionneur, et "cela n'a pas dégénéré", d'après Brice Dulin. "Ca fait mal aux jambes", ajoute-t-il en détaillant l'avantage d'une telle opposition: "Travailler dans la fatigue permet de progresser dans le placement comme dans la communication. On voit ses coéquipiers en situation de match. On voit les réactions, et ce sont des choses qu'on retient." Et de conclure: "Ce que les Australiens ont fait en cinq mois, on doit le faire en une semaine."

Comme toujours, le XV de France court après le temps, notamment face aux équipes de l'hémisphère Sud. Comme tous ses prédécesseurs, Philippe Saint-André rêve de plus: "On aimerait pouvoir rester à 30 jusqu'au mercredi." Histoire de pousser la concurrence et les corps encore plus loin.