Zirakachvili, Lapandry et Hines: le symbole de l'état d'esprit de Clermont
Zirakachvili, Lapandry et Hines: le symbole de l'état d'esprit de Clermont | OLLY GREENWOOD / AFP

Le rugby français ne se porte pas si mal

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Malgré le couac du Stade Toulousain, sorti par Edimbourg en quart de finale de la H Cup, le rugby français a tout de même confirmé sa prédominance sur le continent européen avec belle qualification de Clermont aux dépens des Saracens, et le carton plein des équipes du Top 14 en Challenge européen puisque le Stade Français, Biarritz, Toulon et Brive en formeront le dernier carré.

Certes les Irlandais peuvent toujours arguer du fait de placer deux de leurs représentants les  tenants du titre du Leinster et les "Nordistes" d'Ulster, parmi les quatre qualifiés pour les demi-finales de la grande coupe d'Europe, ils ont tout de même laissé le Munster en route. Et la configuration même de leurs franchises diffère complètement de celles de nos clubs, plus locaux, plus ancrés dans une ville que dans une région. Cela n'explique par le revers inexplicable de Toulouse -qui face à Edimbourg affrontait quasiment l'équipe d'Ecosse- mais peut expliquer que, en concentrant leurs forces sur quelques grosses structures les Irlandais voient forcément celles-ci beaucoup moins dispersée.

Cette parenthèse refermée, il n'empêche que la France, avec son championnat que l'on dit mal adapté et  trop long, réussit chaque année, avec plus ou moins de bonheur, à se frayer un chemin dans les deux compétitions. Et surtout, avec le Challenge européen qu'ils ne galvaudent pas, les clubs tricolores démontrent que notre championnat ne s'appuie pas sur une poignée de formations compétitives comme en Irlande ou en Ecosse, engagées dans une Ligue celte qui n'a d'autre vocation que de préparer justement les joutes européennes, mais sur de grosses équipes qui proposent une compétition plus relevée, puisqu'une dizaine d'entre elles ont tout à fait les capacités chaque saison à faire un honorable parcours européen.

Du sérieux suffit

Il est important pour pérenniser cette présence de ne pas non plus sombrer dans une sorte de facilité comme ce fut le cas du Stade Toulousain face à Edimbourg, qu'il avait battu dix fois en onze opposition. Ce fut cette fois une leçon de réalisme que donnèrent les Écossais aux champions de France. Car Toulouse, quatre fois champions d'Europe, qui participait à cette compétition pour la 17e fois, a peut-être péché par excès de confiance face à une formation écartée d'une telle fête depuis huit ans et qui avait indiscutablement les crocs. Toujours est-il que dès qu'ils ont été bousculés, ils sont tombés alors dans une sorte de fébrilité en même temps que dans un traquenard tactique dont ils n'ont pas su se dépêtrer. Sans rigueur ni discipline, ce qui est souvent la marque de fabrique des équipes françaises lorsqu'elles sont dans un mauvais jour. 

Pour le reste au contraire, quand elles veulent prendre le match à bras le corps avec détermination et engagement, les Françaises peuvent proposer un rugby performant et solide. Clermont en a donné la preuve avec se démonstration de force;  en se montrant sérieux et appliqué, à l'instar de nos clubs en Challenge européen. Même si ce fut difficile pour Biarritz face aux Wasps (26-23) et pour Brive devant Llanelli (15-11), les performances du Stade Français devant Exeter (22-17) et surtout de Toulon qui a fait exploser les Harlequins (37-8) ont apporté confirmation que les pensionnaires du Top 14 sont capables de proposer à la fois attrayant, offensif et efficace. Ce qui est somme tout plutôt encourageant et pourrait faire réfléchir les têtes pensantes des instances du rugby français qui cogitent sur la pertinence de maintenir le Top 14 dans son format actuel.         

Christian Grégoire