Le recadrage de Lièvremont

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La gifle donnée par l'Australie 59-16 en novembre a réveillé Marc Lièvremont. L'abattement n'a pas pris chez le sélectionneur qui affiche un moral de combattant, moins d'un an avant le Mondial en Nouvelle-Zélande. "Je me suis rarement senti aussi confiant et déterminé que depuis ce match contre l'Australie, aussi paradoxal que cela puisse paraître", a affirmé Lièvremont face à la presse mardi.

Pendant plus de deux heures, le patron du XV de France a développé son projet et présenté les quelques ajustements qu'il a opéré avec son staff sur la méthode de travail et dans la communication. Ecartés, en préambule, la perspective évoquée dans la presse d'une "mise sous tutelle" de l'encadrement du XV de France et le désaveu du capitaine
Thierry Dusautoir, qualifié de "surréaliste" par l'entraîneur français, qui admet au passage avoir été "très, très dur" avec le joueur après la défaite. La tutelle, "il n'en a jamais été question. C'était de toute manière exclu pour moi car cela aurait sonné comme un désaveu pour les gens qui travaillent avec moi", a précisé Marc Lièvremont, qui a reçu le soutien du président de la Fédération française de rugby (FFR) Pierre Camou au terme d'une "discussion agitée."

Comme raisons de la débâcle, Lièvremont n'a pas dissimulé, sans les expliciter particulièrement, des "incompréhensions" entre le staff et les joueurs et a annoncé une reprise en main au détriment de ses adjoints Emile Ntamack (trois-quarts) et Didier Retière (avants) tant sur la direction des séances d'entraînements que sur la communication vers l'extérieur. "Je suis un avant, je me suis beaucoup plus impliqué au niveau des avants mais je vais reprendre la main. Ce n'est pas un désaveu pour Milou (Ntamack). Je l'ai laissé trop seul et je ne lui ai pas rendu service", a précisé Marc Lièvremont.

Concernant la communication, l'entraîneur principal entend désormais "l'assumer seul, de manière exclusive" après s'être placé trois ans durant sur un pied d'égalité avec ses adjoints. Le projet de jeu, en revanche, va demeurer "sur la trame fixée depuis trois ans. Ce projet de jeu n'est pas farfelu, il n'est pas surréaliste. Qu'il y ait des incompréhensions par manque d'habitude, c'est une chose, mais il est validé dans son ensemble par les joueurs", a assuré l'entraîneur français. Marc Lièvrement a également souligné certaines carences structurelles. "Si le rugby français garde cette organisation, des grosses branlées, on en prendra d'autres, quel que soit le sélectionneur. En revanche, je suis persuadé qu'on n'en prendra plus (en 2011, NDLR) et qu'on sera compétitif pour le Tournoi et la Coupe du monde", a-t-il assuré.

Prochain rendez-vous le 5 février contre l'Ecosse en ouverture du Tournoi, avec un Comité de sélection prévu le 19 janvier qui devrait accoucher d'un groupe resserré, à "deux ou trois incertitudes" près. Et Marc Lièvremont, qui en a "marre" de l'image renvoyée d'"un homme jeune, doté de valeurs, sympathique mais finalement incompétent" et qui se sent
"parfaitement au niveau", endossera son costume réajusté de patron. "Le chef est celui qui a besoin des autres", a-t-il résumé, citant Antoine-de-Saint-Exupéry.

AFP