Antoine Dupont France pays de Galles
Antoine Dupont était l'un des Bleus les plus en forme lors du tournoi des 6 Nations, ici lors du match contre le pays de Galles le 22 février dernier. | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Le nouveau quotidien d'Antoine Dupont, confiné dans un petit village

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On a quitté le demi de mêlée des Bleus à Murrayfield le 8 mars dernier, blessé à la clavicule, pour le retrouver cette semaine dans un petit village du sud de la France. Révélation du dernier Tournoi des 6 Nations, Antoine Dupont, en plein confinement, est revenu pour nous en exclusivité sur son nouveau quotidien...

Depuis le 17 mars dernier, le président de la République a demandé aux Français de rester chez eux. Et vous, il est où votre lieu de confinement  ? 
Antoine Dupont : "Normalement, j’habite en appartement à Toulouse et je pense que vivre le confinement là-bas aurait été compliqué. J’ai donc préféré rentrer dans les Hautes-Pyrénées à la campagne : je suis chez mon frère avec sa copine et ma copine. Ici, même si nous devons rester à la maison nous avons un jardin, pas de voisins, c’est plus agréable et plus facile à supporter".

Comment se passe cette nouvelle vie en communauté ? 
A.D. :
"La vie ensemble est un peu particulière, mais comme tout le monde, on s’adapte. Nous ne sommes pas habitués à nous retrouver longtemps ensemble, en famille, mais faut voir le bon côté des choses : ça permet de passer du temps avec ses proches, et parfois nous n’avons pas forcément le temps nécessaire pour le faire. Mon frère Clément continue normalement son activité d'éleveur de porcs noirs de Bigorre, sinon les cochons vont mal finir (rire). Il me donne plein de choses à faire. Il est sympa, il pense à moi ! Il y a toujours quelques chose à faire ici : soit tondre la pelouse, soit travailler autour de la maison. J’ai aussi quelques partiels à préparer, avec le confinement, ils ont été repoussés… Donc je n’ai pas le temps de m’ennuyer."

Lors du dernier match face à l’Ecosse, vous avez quitté le terrain sur blessure. Comment faites-vous pour gérer la blessure dans ces moments ? 
A.D. :
"J’ai des exercices de renforcement musculaire prévu pour l’épaule, avec des élastiques notamment, alors ça, je fais. Par contre, je suis pas mal limité avec la blessure, je n’ai d’ailleurs pas le droit de faire de musculation. Aujourd’hui, il me reste encore quatre semaines de rééducation, mais normalement, dès la semaine prochaine, je vais pouvoir reprendre la course ! Je pourrai aller courir dans les petits chemins à côté de la maison, je suis certain de ne croiser personne. Pour le côté sportif, c’est vraiment pratique d’être à la campagne !"

Malgré le confinement, vous arrivez toujours à penser rugby ? A vous projeter ?
A.D. : "C’est compliqué. Aujourd’hui, c’est quand même dur de se projeter sur la suite de la saison et de s’entraîner en conséquence. D’après ce qu’on entend, nous sommes quasiment sûrs que cette situation va durer 4 semaines minimum. Pour le moment, notre objectif c’est essentiellement de l’entretien, nous devons le faire pour être prêt. Au Stade Toulousain, toute la salle de musculation a été vidée. Chaque joueur a pu récupérer du matériel : vélo, rameur, altères, barres… pour faire du travail chez soi. Nous avons aussi reçu un programme physique pour que tout le monde puisse travailler de son côté. Nous devons être autonomes, c’est la seule solution ! Nous ne connaissons pas du tout la suite des événements et si ça dure 6-7 semaines c’est impossible pour nous de rester inactifs."

Est-ce qu'en tant que sportif de haut niveau, vous avez un rôle à jouer dans la transmission des messages à votre public sur les mesures  à respecter durant ce confinement ? 
A.D. : "Oui, je pense. C’est important, au moins dans la communauté du rugby, de relayer les messages et d’inciter les gens à rester chez eux. On voit les dégâts provoqués dans les autres pays et on se rend compte de l’ampleur et de la gravité de la situation. C’est pour ça qu’il faut suivre les mesures et c’est aussi à nous de relayer le message et de dire aux gens de rester chez eux !"

Propos recueillis par Inès Hirigoyen

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