Caméra TV, rugby
Une caméra TV dans un stade de rugby | FRANCK FIFE / AFP

Le monde du rugby "choqué"

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Le constat de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) plaçant le rugby comme "sport le plus touché par le dopage" en 2012 n'a pas laissé de marbre le monde du rugby. Dans un communiqué commun, la Fédération Française de Rugby (FFR), la Ligue nationale de Rugby (LNR) et le syndicat des joueurs professionnels de rugby (Provale) se disent "choqués" par les déclarations de la Directrice de l'AFLD "sur la proportion de résultats anti-dopage et les interprétations qui en ont immédiatement été faites".

"Ces déclarations font en effet l’amalgame entre résultats "anormaux" d’analyses et cas avérés de dopage", indique le communiqué, précisant qu'"au-delà des résultats d’analyses, un cas de dopage ne peut en effet être avéré qu’à l’issue d’une procédure disciplinaire, réalisée sous le contrôle de l’AFLD." Les trois instances du rugby rappellent par ailleurs que pour l’année 2012, sur les 588 analyses réalisées par l’AFLD et suite aux informations transmises par cette dernière, la FFR a été amenée à ouvrir 22 dossiers disciplinaires dont 19 pour « résultats anormaux ».

Neuf cas concerneraient l'usage de cannabis, cinq n'ont pas abouti en raison des justifications apportées, et cinq dossiers qui ne portaient pas sur de la prise de cannabis, ont fait l'objet de sanction. Parmi ces cinq cas, seuls deux ont donné lieu à des suspensions supérieures à 18 mois.

Toulon et Albi récemment dans le viseur

Parmi les récents exemples de suspicion de dopage dans le rugby, on peut évoquer celui du club d'Albi (Pro D2) qui a décidé, en janvier, de suspendre l'un de ses joueurs en raison d'une "notification laissant suspecter une prise de produits dopants". Autre cas, celui du RC Toulon (Top 14) et de son pilier gallois Eifion Lewis-Roberts, contrôlé positif à la morphine en juin 2012. 

Tout en rappelant leur soutien à l'AFLD, les trois instances ont estimé que "sur un sujet aussi grave, tous les acteurs se doivent d’adopter une communication précise, qui ne jette pas de façon injustifiée la suspicion sur un sport." Les responsables de ces trois autorités, Pierre Camou (FFR), Paul Goze (LNR) et Serge Simon (Provale), rappellent par ailleurs la mise en oeuvre depuis 13 ans d'un suivi biologique longitudinal pour tous les joueurs de Top 14. Ce suivi a d'ailleurs été généralisé aux joueurs de Pro D2, aux équipes nationales masculines et féminines (rugby à XV et à 7) et aux différentes  filières d’accès au haut niveau. De son côté, Provale a ajouté une touche d'ironie, estimant que "si avec deux sportifs dopés le rugby est le sport le plus concerné par le dopage, cela est plutôt une bonne nouvelle pour le sport  français". La balle est désormais dans le camp de la commission d'enquête du Sénat, à l'origine de la polémique.

Vidéo: Levée de bouclier dans le rugby français

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Romain Bonte