L'apéro avec Jean-Pierre Élissalde

Publié le , modifié le

Auteur·e : Manu Roux
Jean-Pierre Élissalde
Jean-Pierre Élissalde | DR

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À 66 ans, c’est l’une des révélations du confinement. Ancien joueur et entraîneur du Stade Rochelais, passé également par l’AS Béziers, l’Aviron Bayonnais et ex-sélectionneur du Japon, Jean-Pierre Élissalde tient une chronique chaque jour sur les réseaux sociaux. Des brèves de mêlées ou de vestiaires, garanties "sans sexe, sans drogue et sans bagarre." Et souvent drôles car "dans confinement, il y a...finement!"  

Il commençait à trouver le temps long dans sa location de Baïgorry au Pays Basque, vrai refuge depuis le début de la crise du coronavirus. Alors, après avoir commencé par des tours de magie dignes de José Garcimore et des sketches filmés, l’ancien demi de mêlée international (5 sélections) Jean-Pierre Élissalde s’est spécialisé dans ce qu’il fait de mieux: raconter des anecdotes sur sa vie passée de joueur et d’entraîneur.

La nostalgie du "rugby d'avant"

Un domaine dans lequel le propriétaire de la brasserie "Aux vieux crampons", située à un drop du Stade Marcel-Deflandre à La Rochelle mais actuellement fermée pour cause de confinement, excelle et se révèle. Chaque jour, donc, JPE s’installe face à nous, comme à une terrasse de café virtuelle, nature et sans artifice, parfois torse nu, pas toujours rasé, et c’est parti pour cinq à huit minutes d’anecdotes sans filtre, que seul vient troubler par moments un âne qui brait dans le voisinage ou un coup de vent embarquant les feuilles sur lesquelles JPE a écrit quelques notes, rarement consultées. Il ne manque que l’apéro et les olives.

Les omelettes, la Marseillaise et le boomerang

Évidemment sur la quantité d’anecdotes amassées en plus de cinquante années passées dans le milieu rugbystique, il y a "à boire et à manger" - normal pour un patron de brasserie - mais quand même beaucoup plus à boire. Car le père de Jean-Baptiste a bonne mémoire et le calembour-pif facile, souvent inspiré par les piliers qui "incarnent le mieux les valeurs du rugby et des troisièmes mi-temps" ou d’anciens coaches. Ainsi cet entraîneur du XV de France qui motivait ses joueurs en leur disant que leurs adversaires avaient "quinze bras et quinze jambes, comme eux" ou ce coach du Biarritz Olympique qui, un jour, conclut sa causerie d’avant-match d’un improbable: "on ne fait pas des œufs sans casser des omelettes!" Il y a aussi cet ancien coéquipier qui "ne savait pas que les Anglais avaient une belle Marseillaise, comme les Français" et n’aimait pas "tirer des plans sur la commode."

On se marre aussi franchement quand Jean-Pierre Élissalde évoque ce boomerang acheté en souvenir par un joueur du XV de France lors d’une tournée en Australie qui a fini au fond de la baie de Sydney, en espérant qu’il finisse par revenir un jour. Ou à l’évocation de ce briefing d’avant-match, quand JPE, alors entraîneur du Stade Rochelais avait su arracher un sourire au dénommé Thollé, pourtant laissé sur la touche: "Je nomme Vialaret, capitaine, et Thollé, général!" Et l’amateur de bons mots en garde encore dans la chaussette jusqu’au 11 mai et même au-delà. "On n’est pas sorti de l’auberge et moi, je ne suis pas rentré à la brasserie", redoute JPE, en n’oubliant pas au passage ses collègues cafetiers, barmen et restaurateurs toujours plongés, comme lui, dans l’incertitude concernant la date de réouverture de leurs établissements respectifs.  D’ici là, comme il le fait "Aux vieux crampons", Jean-Pierre Élissalde continuera de nous régaler avec ses anecdotes croustillantes grâce aux réseaux sociaux. Et jusqu’à la trêve des confineurs.

Manu Roux ManuRouxJO