Marc Dal Maso
L'ancien international français Marc Dal Maso, en charge de la mêlée japonaise lors de la Coupe du monde 2015 | AFP - DAMIEN MEYER

L'ancien talonneur Marc Dal Maso, victime de la maladie de Parkinson

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Dans une longue interview à Midi Olympique, Marc Dal Maso, ancien talonneur international, avoue pour la première fois être atteint de la maladie de Parkinson. "Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas mourant", dit-il. Salué par le monde du rugby pour son extarordinaire travail sur la mêlée du Japon lors de la dernière Coupe du monde, l'ancien Agenais, en discussions avec plusieurs clubs français pour revenir sur un banc, estime que la maladie a vraiment commencé lorsqu'il avait 30 ans, mais assure qu'elle ne le handicape pas dans sa vie professionnelle.

Marc Dal Maso a 48 ans. International français de 1988 à 2000 (33 capes), adjoint d'Eddie Jones, le sélectionneur du Japon lors de la Coupe du monde 2015, il a été l'une des révélations de la dernière compétition planétaire, en faisant des Nippons l'une des références en mêlée, son secteur d'activité avec la sélection. Mais ce n'est pas pour cela que Midi Olympique lui a consacré une très longue interview. "La dernière saison où j'entraîne à Mont-de-Marsan, en 2012, lorsque la fin du championnat arrive, je me sens très fatigué, et je ne comprends pas pourquoi", raconte-t-il. Sous la pression de sa soeur, il fait des examens. Le verdict est clair: il est atteint de la maladie de Parkinson. "La maladie a été décelée en 2012, mais elle a commencé vers 30 ans", explique-t-il. Depuis, il se soumet à un traitement: "Il existe une peur permanente parce que tous les matins tu te lèves et il faut que tu prennes des cachets. La maladie est tout le temps avec toi, elle évolue avec toi, et il faut que tu évolues avec elle." Et l'ancien talonneur détaille son quotidien: "La maladie engendre un stress quotidien, une sorte d'anxiété qui est au-dessus de votre tête constamment et avec laquelle il faut vivre. Quand tu as du stress, c'est multiplié par deux ou trois."

Pendant longtemps, il a refusé d'en parler. "J'avais honte au départ de mon état", confesse-t-il. Aujourd'hui, cela a changé. Il cherche un club, et l'avoue à ses interlocuteurs. Néanmoins, Marc Dal Maso s'interroge sur le lien entre ses nombreuses années de rugby à haut niveau et cette maladie neurodégénérative chronique. "Je ne sais pas exactement comment cela est arrivé, si ce sont des coups qui sont à l'origine de ma maladie, est-ce que ce sont les protéines qui sont dans le corps ? Le Docteur m'a dit qu'il ne savait pas comment cela était arrivé. Il y a 5% de génétique, mais après il y a plein de choses qui font que tu peux attraper cela." Avec des cas parmi les boxeurs, et le plus emblématique d'entre eux, Mohamed Ali, il se questionne: "Disons qu'il y a des sports qui aident à avoir des maladies de cette sorte. Le rugby en fait partie". C'est aussi pour cela qu'il parle. Car cette maladie de Parkinson, qui atteint principalement des personnes de plus de 60 ans, n'a pas délivré ses secrets. Pour l'instant, personne ne sait pourquoi elle se déclenche, ni quels sont les risques aggravants. Dans le rugby, une étude avait été menée entre 1985 et 1995 en France sur le lien entre la pratique de ce sport et l'apparition de maladies neurodégénératives. Le résultat avait été négatif. Mais à l'époque, les chocs étaient moins traumatisants, moins forts et le rythme des matches moins soutenu. Marc Dal Maso dit avoir subi "un seul véritable K.O." dans sa carrière et eu  "deux fois au moins des gros 'pets'" mais a "aujourd'hui très peur des commotions cérébrales", qui se multiplient sur les terrains de la planète ovale.