Pat Lam (à gauche), le coach des Samoa
Pat Lam (à gauche), le coach des Samoa | CHRISTOPHE SIMON / AFP

Lam: "La France, une grande opportunité"

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Pat Lam, ancien entraîneur des Auckland Blues et conseiller technique dans l'encadrement des Samoa, affirme que le test-match face au XV de France samedi constitue "une grande opportunité" pour la sélection du Pacifique de s'affirmer dans la hiérarchie mondiale.

Votre victoire au pays de Galles vendredi (26-19) a rendu le XV de France très méfiant. En avez-vous conscience ?
Pat Lam : "J'ai été impliqué dans nos quatre victoires face aux Gallois: je jouais en 1991, 1994 et 1999 et là, j'étais dans l'encadrement. La différence entre cette année et les précédentes, c'est que les Gallois sont aujourd'hui parmi les toutes meilleures nations. Ensuite, il n'y a pas eu d'effet de surprise. Ils venaient d'être battus par l'Argentine et toute la semaine, les médias ont dit: 'Il faut qu'ils battent les Samoa'. Les Gallois étaient remontés, mais on les a battus quand même. C'est un grand pas en avant pour les Samoa. Ce sera pareil cette semaine avec la France. C'est un grand défi, mais aussi une grande opportunité."

D'autant que votre équipe est en quête de reconnaissance sur la scène internationale...
PL : "Si on gagne ce match, on peut être 8e, 7e ou 6e (au classement IRB). Pour un petit pays comme nous, ce serait une grande chose. Aujourd'hui, nos joueurs jouent dans les plus grands clubs du monde. Quand ils viennent, c'est compliqué parce qu'ils viennent de partout, mais ils sont en bonne condition."

Il y a eu une affaire autour des Fidji, dont certains joueurs auraient été retenus par leur club en échange d'argent durant le Mondial. Connaissez-vous ces difficultés ?
PL : "Nous sommes très stricts avec la règle numéro 9 (de l'IRB sur la mise à disposition des internationaux). On dit aux joueurs 'Ou vous venez, ou vous arrêtez la sélection. Si vous venez, vous ne jouez pas pour votre club en même temps'. Avant, les joueurs venaient, repartaient, déclinaient la sélection... Les joueurs sont sous la pression de leurs clubs, mais les fédérations avaient aussi une responsabilité en disant 'OK, on va faire attention, pour votre contrat etc.'. C'est terminé. Si les joueurs disent que ça met en danger leur contrat, ce n'est pas notre problème. S'ils jouent bien en club et avec les Samoa, ils auront un nouveau contrat."

Est-ce une nouvelle règle que vous avez instaurée ?
PL : "Cette règle existait mais avec le nouvel encadrement, on estime qu'il faut être ferme. Si on veut entrer dans le Top 8, il nous faut nos meilleurs joueurs. Soit ils viennent, soit ils ne joueront plus jamais en sélection."

L'International Board (IRB) a beaucoup soutenu l'Argentine ces dernières années, moins des nations comme la vôtre. Le regrettez-vous ?
PL : "L'IRB nous a donné plus de matches en novembre, et en juin on jouera l'Ecosse, l'Italie, l'Afrique du Sud. Les années suivantes, pareil. C'est une bonne chose. Notre avenir, c'est un tout: il y a le soutien de l'IRB, nos joueurs dans des grands clubs, l'encadrement, la Fédération samoane... Il nous faut tout ça. S'il en manque un, on n'y arrivera pas. Mais on avance maintenant."

La fierté apparaît comme un ressort essentiel de votre équipe...
PL : "Dans notre sélection, on ne joue pas pour l'argent ou la gloire, on est l'équipe de notre peuple, là-bas au pays. En 1991 (premier quart de finale de Coupe du monde), nous avons ouvert les portes à la génération suivante. Tous ces gars étaient des enfants, ils me racontent comment ils nous regardaient à la télévision. Ils ont beaucoup de fierté. Quand je pense à mes frères de 1991 et que je regarde maintenant, tout ce que nous avons fait et dit sur notre avenir est en train d'arriver."

AFP