La FFR veut son stade

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La Fédération française de rugby a officiellement lancé l'étude de faisabilité de la construction de son propre stade, dont la capacité est prévue à 80.000 places avec livraison à l'horizon 2017, pour un coût estimé de 600 millions d'euros. La FFR a d'ores et déjà manifesté son intention de ne pas renouveler la convention qui la lie jusqu'en 2013 avec le consortium du Stade de France, qu'elle juge par trop contraignante.

Le XV de France au Stade de France, ce sera de l'histoire ancienne en 2017. C'est en tout cas l'ambition des dirigeants actuels de la Fédération française de rugby. Cela fait un moment que le projet est dans les tiroirs, il semble désormais qu'il soit mis sur la table avec l'envie de le voir se concrétiser très rapidement. En approuvant le projet fruit d'une étude préalable de sept mois menée par Serge Blanco, ancien président de la Ligue, le Comité directeur de la FFR a officiellement lancé l'étude de faisabilité de la construction de son propre stade. 80 000 places pour 2017 avec toit et pelouse rétractable, voilà la volonté affichée. "Je crois que la Fédération de rugby est une entreprise. Je crois qu'une entreprise, pour grandir, doit avoir son outil de travail", a expliqué Pierre Camou, le président de la FFR. "Ce ne sera pas qu'un stade de rugby mais une agora ou une enceinte artistique, sportive et culturelle. Il fera partie d'un élément structurant pour le sport français car il pourra accueillir différents sports dans des capacités importantes", a précisé Pierre Camou. Serge Blanco a estimé à 17 à 20 manifestations annuelles le seul de rentabilité du projet. Le XV de France dispute actuellement cinq à six rencontres par an dans l'Héxagone: deux ou trois lors du Tournoi des six nations et trois lors des test-matches de novembre. "A la fin de l'année prochaine, nous prendrons la décision ferme et définitive. Le Comité directeur prendra la décision de savoir si la Fédération se lance dans la grande aventure, pour avoir un stade en 2017", a pour sa part précisé Serge Blanco.

Reste que jusqu'en 2013, la FFR est liée au consortium du Stade de France, ce qui l'oblige à organiser un minimum de matches dans cette enceinte chaque année. "Je n'ai jamais dit que nous n'utiliserions plus le Stade de France après 2013. J'ai remis en cause la convention pour l'après-2013. Il y a ensuite entre l'Etat et le consortium une convention jusqu'en 2025 mais je ne suis pas directement concerné", précise Pierre Camou.

Annoncer cette envie d'indépendance n'est pas innocent au moment où s'approche la fin de la convention liant Stade de France et FFR. Le problème, c'est que l'Etat, et le ministère des Sports qui est la tutelle de la Fédération, doit, jusqu'en 2025, garantir un revenu minimum au Consortium. Si l'équipe de France ne joue plus aucun match au SDF, c'est donc l'Etat qui devra compenser ce manque de rentrées financières. Or, les moyens de la Fédération ne sont pas tels qu'elle puisse se permettre de financer seule la construction de cet outil "high-tech". Ses partenaires et sponsors seront certainement mis à contribution, mais sera-ce suffisant ? Quatre municipalités d'Ile-de-France (Massy, Senart, Bondoufle et Marne-la-Vallée), totalisant onze sites différents au total, ont d'ores et déjà manifesté leur intérêt, mais "d'autres collectivités locales vont se manifester", a ajouté Serge Blanco. "Dans le "business plan" que nous avons fait, nous n'avons fait état d'aucune subvention publique. Mais nous n'avons rien contre les différentes subventions qui pourraient venir de droite ou de gauche", conclut Pierre Camou.

Isabelle Trancoën