La chasuble de plaquage, une innovation supplémentaire pour sécuriser la pratique du rugby

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hortense Leblanc
Le Directeur Technique National du rugby Didier Retière présente la chasuble de plaquage, le 8 janvier 2021.
Le Directeur Technique National du rugby Didier Retière présente la chasuble de plaquage, le 8 janvier 2021. | (FFR)

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A trois jours du début du Tournoi des six nations, nous évoquons l'initiative de la Fédération française de rugby qui entend, avec une chasuble de plaquage, endiguer le nombre de blessures dans le rugby amateur. Cette chasuble se compose de plusieurs zones distinctes, colorées, afin de réapprendre les fondamentaux de l’ovalie. Une innovation qui vient s’ajouter à d’autres mesures déjà prises pour sécuriser la pratique.

60% des blessures dans le rugby amateur surviennent à la suite d’un plaquage. C’est le chiffre qui ressort d’une étude menée par la Fédération Française de Rugby (FFR) et l’ISPED-Université de Bordeaux (Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement). "Cent quarante-deux clubs ont accepté d’y participer, avec une, deux ou trois de leurs équipes, pour recueillir, à toute sortie de terrain, un questionnaire expliquant le type de blessure, l’éventuelle gravité, les circonstances de la blessure, le poste du blessé etc. On a recueilli 15 000 dossiers, dont il est ressorti que le rugby n’est pas si dangereux qu’on ne le croit", affirme le Professeur Salamon, président de la commission médicale de la FFR. "L’incidence des blessures qui entraînent une sortie de terrain en rugby amateur est similaire au football professionnel", ajoute Didier Retière, Directeur technique national (DTN).

Les risques sur un plaquage sont quasiment similaires pour le plaqueur et le plaqué: "Le plaqué est naturellement souvent blessé au niveau des membres inférieurs, tandis que le plaqueur se blesse plutôt au niveau des membres supérieurs, et de la tête", explique le Professeur Salamon. Pour parer à cela, la Fédération Française de Rugby et son partenaire, la GMF, ont élaboré une chasuble de plaquage, présentée début janvier, avec plusieurs zones de couleurs distinctes: "Il y a une zone cible au niveau de la taille, et des couleurs sur les épaules, pour faciliter la notion de cadrage défensif, avec un bon placement, et que les joueurs puissent être en sécurité", commente Didier Retière.

Le plaquage, une base du rugby pas toujours maîtrisée

Le développement de cette chasuble n’est pas la première initiative mise en place par la FFR pour sécuriser davantage la pratique du rugby. Elle a également aménagé les règles dans le rugby amateur, avec un abaissement du plaquage à la taille, et aussi créé un carton bleu, généralisé au rugby professionnel, pour permettre à l’arbitre de signaler tout signe patent de commotion cérébrale chez un joueur, alors obligé de sortir du terrain. "Ce sont des avancées, mais il faut rester vigilant. On a déjà déploré des commotions cérébrales, et ce sont toujours des accidents de trop, donc on reste mobilisés dans cette logique de protéger les pratiquants et de faire le maximum pour ne pas revivre de drames", soutient Didier Retière.

Dans le cadre d’un programme intitulé "Bien Joué", la Direction technique nationale a également élaboré un protocole d’entraînement, pour les plus jeunes en école de rugby, et pour les adultes, comprenant des conseils d’échauffements et des exercices pour maîtriser les fondamentaux de l’ovalie.

"Les joueurs ont réappris à bien se baisser"

Le Buzancais Rugby fait partie des clubs amateurs qui ont accepté de participer à l’étude, et qui recevront prochainement les chasubles. Plusieurs de ses joueurs ont été blessés en début de saison dernière, suite à des plaquages: "Dans notre division, en championnat territorial, beaucoup de joueurs ne sont pas passés par des écoles de rugby, et commencent en senior, mais on ne leur apprend pas à plaquer, et ça peut être très dangereux", témoigne David Seron, son président. Les confinements ne lui ont pas laissé le temps d’observer les effets du programme en match, mais il observe une amélioration à l’entraînement: "Ça fait du bien à tout le monde, de se remettre un peu en questions, parce que depuis un certains temps, on faisait quelques plaquages hauts. Les joueurs ont réappris à bien se baisser, se mettre sur les jambes et avoir le dos plat".

La FFR compte suivre les tests de ses nouvelles chasubles pour les généraliser à partir de la rentrée prochaine dans le rugby amateur, mais pour cela, il faudra attendre que les contacts soient à nouveau autorisés dans les sports collectifs.

Hortense Leblanc hortense_lblnc