Julian Savea Nouvelle Zélande
Julian Savea, l'ailier néo-zélandais | GLYN KIRK / AFP

Joueur IRB de l'année : la palme à la fougère ?

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Les Néo-Zélandais Julian Savea et Brodie Retallick, auteurs d'une saison remarquable avec les All Blacks, sont favoris pour succéder à leurs compatriotes Daniel Carter et Kieran Read au titre de "meilleur joueur du monde" en 2014. Mais les hommes à la fougère devront faire face à la concurrence de deux Sud-Africains, Willie le Roux et Duane Vermeulen, ainsi qu'à celle de l'Irlandais Jonathan Sexton, seul représentant de l'Hémisphère Nord, pour décrocher ce titre distinctif.

Pays du Rugby dans l'imaginaire collectif, la Nouvelle-Zélande l'est aussi lorsqu'il s'agit d'en consacrer les meilleurs représentants. Depuis que l'IRB a créé le titre de joueur de l'année, les All Blacks ont souvent trusté la distinction, soit par l'intermédiaire de Richie McCaw, trois fois élu en 2006, 2009 et 2010, soit par celui de Dan Carter (2005, 2012). La saison dernière c'est pourtant un autre Néo-Zélandais, moins charismatique que ses deux prédécesseurs, Kieran Read, qui a reçu cet honneur. Et ce n'est pas l'énorme saison réalisée par le XV à la fougère qui devrait changer la donne en 2014. Avec une seule défaite au compteur, concédée à la dernière minute face à l'Afrique du Sud lors de l'ultime match du Four Nations (27-25), les joueurs du "Pays au Long Nuage Blanc" ont encore tout écrasé sur le passage. 

Savea, un Lomu 2.0

S'il est difficile d'extraire une individualité de ce collectif parfaitement huilé, l'ailier Julian Savea et le deuxième ligne Brodie Retallick se détachent néanmoins. Le premier nommé, annoncé depuis des années comme le "nouveau Jonah Lomu" n'en finit plus d'impressionner. La fluidité de ses courses et ses qualités de finisseur ne sont pas sans rappeler le légendaire ailier mais, s'il est moins puissant que Lomu, Savea se distingue par un jeu plus complet que "l'homme montagne", notamment en défense et sur les ballons hauts. A 24 ans, la fusée des Wellington Hurricanes est partie pour battre tous les records du nombre d'essais dans son pays, et même pourquoi pas dans l'histoire du jeu puisqu'il en comptabilise déjà 29 en 31 sélections. A ce rythme, les marques de Doug Howlett (49 essais chez les Blacks) et de David Campese (64 pour l'Australie, record absolu) pourraient tomber lors de ces prochaines années. 

Le deuxième ligne Brodie Retallick (23 ans, 35 sél.) évolue à un poste moins exposé médiatiquement mais la paire qu'il forme avec Sam Whitelock est l'une des plus redoutables du monde. Ce géant de 2,04 mètres pour 120 kilos est impérial dans les airs et s'avère extrêmement mobile malgré son gabarit. C'est aussi grâce à lui que les Blacks ont pu réaliser une série de 22 matchs sans défaite. Les briseurs de cette série, les Springboks, sont également bien représentés avec l'arrière Willie le Roux et Duane Vermeulen. Le premier nommé a explosé au plus haut niveau en 2014 où il aura inscrit sept essais. Pouvant jouer arrière, ailier ou demi d'ouverture ce profil polyvalent est donc accompagné dans la liste par Vermeulen (28 ans, 26  sél), puissant numéro 8 bien dans la tradition sud-africaine. 

Sexton, seul représentant de l'Hémisphère Nord

Face à ce contingent de forces brutes, la présence de Jonathan Sexton paraît presque insolite. Seul joueur européen de la liste, l'ouvreur du Racing Metro, en partance pour le Leinster, est récompensé par son formidable parcours avec l'Irlande lors du dernier Tournoi des VI Nations. Mais il serait étonnant qu'il rafle le titre et succède à son compatriote Keith Wood, le premier lauréat de l'épreuve en 2001. Les Français, honorés en 2002 et 2001 avec Galthié et Dusautoir, ne figurent pas dans les nominés. Pas vraiment surprenant au regard de la saison des Bleus.

Julien Lamotte