Jonah Lomu
Jonah Lomu se battait depuis longtemps contre sa maladie | DEAN TREMI / AFP

Jonah Lomu est mort

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Le monde du rugby vient de perdre l'une de ses plus grandes idoles. Jonah Lomu, membre légendaire des All Blacks, est décédé soudainement mercredi à l'âge de 40 ans. Depuis de nombreuses années, le Néozélandais se battait contre une maladie rénale.

La Nouvelle-Zélande et le monde du rugby sont sous le choc. Dans la nuit de mardi à mercredi, l'ancien médecin des All Blacks et actuel porte-parole de la famille Lomu, John Mayhew, a fondu en larmes en prononçant les mots suivants : "Jonah est mort ce matin. C'était totalement inattendu".

L'un des rugbymen les plus connus et les plus respectés au niveau mondial s'est éteint dans sa maison d'Auckland d'une crise cardiaque, à 40 ans seulement. L'insuffisance rénale dont il souffrait (syndrome néphrétique) l'avait déjà forcé à subir une greffe à haut risque en 2004, écourtant nettement sa carrière. Avant une seconde greffe, en 2012, il avait déclaré : "Tout le monde doit mourir un jour. Je suis très chanceux. J'ai déjà vécu en une vie plus de choses que la plupart des gens en six ou sept vies."

"Un monstre"

La légende Lomu est née le 18 juin 1995 en Afrique du Sud, lorsque l'ailier inscrit quatre essais en demi-finale de la Coupe du monde, contre l'Angleterre. "L'autobus" avait émerveillé la planète rugby par sa vista, sa rapidité, sa puissance. "C'est un monstre", avait lancé après le match un Will Carling dépité. Figure mondiale d'une discipline qui s'apprête alors à prendre une nouvelle dimension médiatique, Lomu est devenu le premier produit marketing du rugby : il a d'ailleurs été, à 20 ans, le premier joueur rémunéré un million de francs par an. Auteur de 37 essais en 63 sélections (1994-2002) avec les Blacks, il a révolutionné la discipline, mais n'a joué que 10 ans à son réel niveau.

Passé par Marseille en 2009

A 27 ans, Jonah Lomu a subi une première transplantation rénale dont il ne se remettra jamais totalement, physiquement comme mentalement. "J'étais ce gars (...) qui terrassait ses adversaires, inscrivait des essais, gagnait des matches, s'amusait. Et je me suis retrouvé si malade que je ne pouvais même pas doubler un petit bébé", déclarera-t-il plus tard. Il a bien rejoué après l'opération, rejoignant l'Europe (Cardiff en 2005, puis Marseille en fédérale 1 en 2009) mais en n'étant plus que l'ombre de lui-même. 

En 2011, après avoir participé à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le meilleur marqueur d'essais de l'histoire du Mondial (15) a frôlé une première fois la mort. Il continuait depuis à assister aux plus grandes compétitions, et était encore récemment en Grande-Bretagne pour des missions de communication pour la Coupe du monde.  "Jonah était une légende de notre sport et était aimé par ses nombreux fans ici et à travers le monde. Nous sommes tous choqués et profondément attristés", a tweeté le directeur exécutif de la fédération néo-zélandaise de rugby, Steve Tew.

"Cette maladie est un challenge, soit tu te couches et tu meurs, soit tu l'acceptes et tu continues, avait martelé Jonah Lomu en septembre dernier. Quand tu détestes perdre, tu trouves une manière de gagner. Quand tu te retrouves acculé dans un coin, tu as deux options: tu acceptes la défaite ou tu te bouges. Je n'ai jamais pu accepter d'être deuxième derrière qui que ce soit ou quoi que ce soit. Y compris une maladie."