Raphaël Ibanez
Raphaël Ibanez | France 2

Ibanez: "Un parfum de test-match chaque week-end"

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Ancien capitaine du XV de France, vainqueur de la Coupe d'Europe avec les Wasps, Raphaël Ibanez est bien placé pour juger des forces en présence à l'aube de cette Coupe d'Europe. "Les clubs français vont revenir très fort dans la compétition", estime le consultant France Télévisions. "Mais la finale se jouant à Twickenham, j’ai le sentiment que les clubs anglais ne vont pas lâcher le morceau facilement." Et il aime ce "parfum de match international chaque week-end".

Avant le début de la Coupe d'Europe, tous les clubs français peuvent avoir de légitimes ambitions, hormis peut-être Castres qui se trouve dans une poule très forte.. Mais tous doivent se replonger rapidement dans une épreuve après la Coupe du monde...
Raphaël Ibanez: Les Castrais sont également auteurs d’un très bon début de saison. C’est cela qui donne le ton également dans ce type de compétitions. L’esprit de compétition des joueurs n’est pas à mettre en doute. Ils l’ont démontré sur la finale de la Coupe du monde. Les internationaux seront sans doute les leaders de leur équipe car ce sont de grands compétiteurs. La magie de cette compétition européenne, c’est qu’on doit attendre les équipes françaises sur un registre complet pour espérer l’emporter. On sort parfois des schémas traditionnels, on se projette dans ces compétitions européennes comme dans des tests-matches. C’est un parfum de match international chaque week-end.

Quels sont pour vous les grandes chances françaises dans cette compétition ?
RI: Biarritz utilisera peut-être la Coupe d’Europe pour se réhabiliter car ils connaissent quelques difficultés dans le Top 14. Cette épreuve peut leur permettre de prendre une autre dimension, de se relancer. Il est trop tôt pour annoncer le BO en favori. Le Stade Toulousain et Clermont sont deux atouts majeurs du rugby français pour espérer aller à Twickenham. Le Racing va aller au-delà de sa phase d’apprentissage. L’an dernier, ils étaient un peu les outsiders, ils représentaient l’équipe en phase de découverte. Aujourd’hui, ils ont l’ambition mais aussi la qualité pour dépasser ce registre là et s’inscrire parmi les grands d’Europe. Les clubs français vont revenir très fort dans la compétition. On a eu des matches de très haut niveau la saison dernière, avec notamment Perpignan-Toulon à Barcelone, Biarritz-Toulouse à Anoeta, les Toulousains qui perdent en demi-finale au Leinster. Mais la finale se jouant à Twickenham, j’ai le sentiment que les clubs anglais ne vont pas lâcher le morceau facilement. Cela promet de grandes étincelles.

Pour la première fois, un match de Coupe d'Europe se déroulera en Afrique du Sud (Biarritz-Saracens). Qu'est-ce que cela vous inspire ?
RI: La Coupe d’Europe qui s’exporte dans l’Hémisphère Sud, c’est une première. Il faut vivre avec son temps. Cela permettra sans doute au rugby européen de mieux se faire connaître dans cet hémisphère, et de montrer toutes les valeurs de cette compétition.