Jonny Wilkinson, Toulon
Jonny Wilkinson face aux perches | GERARD JULIEN / AFP

Wilkinson, l’ange blond qui veille sur Toulon

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Jonny Wilkinson, auteur d’un match éblouissant dimanche contre les Saracens, a porté le Rugby Club Toulonnais jusqu’en finale de la H Cup, la plus prestigieuse compétition européenne de clubs. A bientôt 34 ans, l’ouvreur anglais rayonne toujours.

La classe. Pour son grand retour dans on jardin de Twickenham, Jonny Wilkinson a réalisé une performance fantastique en inscrivant tous les points de son équipe contre les champions d’Angleterre en titre. A son 100% dans ses tentatives de pénalités (7/7), l’ange blond a ajouté le drop qui a scellé la victoire à quelques minutes de la fin de cette demi-finale plutôt bien maîtrisée par les Varois.

Un Dieu sur la rade

Comme en quarts de finale face aux Leicester Tigers, Wilko a dominé son sujet du début à la fin. Véritable arme fatale du RCT, il a pris le dessus sur son jeune vis-à-vis Owen Farrell comme il avait disposé de son ancien coéquipier (à Newcastle) Toby Flood au tour précédent, dans un Mayol en feu. D’ailleurs, c’est bien simple, les supporters toulonnais n’ont d’yeux que pour lui, et n’ont Dieu que lui. Ils savent pertinemment que leur cher Ercété ne rapportera la Coupe d’Europe sur la rade que si Jonny est en forme, décisif.

Ce dimanche, Wilkinson était attendu par le public anglais, qui ne l'avait plus vu depuis le 6  août 2011 dans le "Temple du rugby ", où il a écrit durant ses 91 sélections quelques-unes des plus belles pages du XV de la Rose. Et il était très attendu par le public rouge et noir qui sait qu'il a dans ses rangs plus qu'un capitaine mais un messie. Le président Mourad Boudjellal a souvent comparé sa vedette à Lionel Messi mais l’influence et le style du demi d’ouverture anglais rappelle davantage ceux d’un Michel Platini, si l’on va par là : Wilkinson est un stratège hors pair doublé d’un buteur patenté. Et il sait surtout faire jouer les autres, ses coéquipiers qui le badent.

Animal à sang froid

"Wilko, pour nous les avants, c'est que du bonus. Nous, on cherche les  fautes et lui, il concrétise", résume le talonneur Sébastien Bruno. Et quand son équipe est en danger, elle peut s'en remettre à lui. Comme lorsque Danie Rossouw a pris un carton jaune (49e) et que Farrell a ramené son  équipe à trois points (15-12). Il a pris la pénalité suivante de plus de 50  mètres et redonne de l'air à son équipe (55e). Un drop (74e) et une pénalité (77e) de plus et Toulon  était à nouveau sur les rails de ses ambitions.

"Le drop qui nous met à neuf points d'avance est exceptionnel, mais c'est  tout simplement Jonny", souriait l'entraîneur des trois-quarts Pierre Mignoni. "C'est un leader, un exemple à l'entraînement. On le connaît tous, son  éthique de travail. C'est pour ça qu'il continue à jouer à ce niveau à son âge.  Il est incroyable", ajoute le deuxième ligne Bakkies Botha.

Clermont est une sacrée bonne équipe

La  joie de ses partenaires qui l'ont submergé dans la foulée illustre son poids  dans le groupe.   "Wilkinson c'est un maître. C'est un atout énorme pour une équipe",  soupirait, admiratif, le talonneur des Saracens John Smit, capitaine des champions du monde Springboks en 2007. 

"Tout n'a pas été fantastique et nous n'avons pas réussi à faire beaucoup de choses que nous avions préparées. Le match a été un dur combat et il a fallu s'accrocher. Notre état d'esprit nous a aidés", a-t-il ajouté. "Clermont est une sacrée bonne équipe. Il y aura beaucoup de travail et il va falloir se poser quelques questions difficiles. Comme les Saracens et Leicester, c'est une équipe contre laquelle on n'a aucun espace pour respirer mais c'est excitant de les rencontrer".

Jonny Wilkinson a passé la moitié de sa carrière à faire échec au rugby français à Twickenham mais il était heureux dimanche d'avoir offert au Rugby Club Toulonnais sa première finale de Coupe d'Europe. Le 19 mai, Clermont devra museler cet ange démoniaque s’il veut soulever le trophée. Wilko, lui, sera prêt.