Le RCT champion d'Europe
Le deuxième sacre consécutif des Toulonnais en H Cup | AFP - ADRIAN DENNIS

Un 3e sacre européen ? le RCT peut en rêver mais ce n'est pas gagné

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Double champion d'Europe en titre, Toulon débute aujourd'hui (16h15 en direct sur France 2 et Francetvsport.fr) son aventure européenne face aux Gallois de Llanelli, en poule 3. La nouvelle European Rugby Champions Cup (ERCC) peut-elle permettre de réaliser un exploit qu'aucun club, du temps de la H Cup, n'a atteint ? Voici trois raisons de penser que le RCT ne parviendra pas à réaliser la passe de trois.

Une poule très forte

Contrairement aux deux années précédentes, les hommes de Bernard Laporte se trouvent plongés dans une poule très relevée. En 2012-2013, les Varois se trouvaient en compagnie de Montpellier, Cardiff et Sale, pour finir avec une seule défaite (contre les Héraultais). L'année d'après, Cardiff était encore présent avec les Anglais d'Exerter et les Ecossais de Glasgow, pour un bilan identique. Mais cette année, avec Leicester, double champion d'Europe en 2001 et 2002, finaliste à trois reprises, et champion d'Angleterre par dix fois, le RCT a déjà un gros os. Ce n'est pas le seul. L'Ulster, vainqueur de la H Cup en 1999 et finaliste en 2012, n'offrira pas de rencontres faciles. Reste Llanelli, plus vraiment la terreur d'antan, mais avec notamment son ouvreur international Priestland, elle peut développer beaucoup de jeu. "On est souvent surpris face à eux. Alors ce n'est peut-être pas la meilleure équipe de la poule mais il va y avoir du volume. Il faut s'y préparer", a prévenu Bernard Laporte. La première place qualificative est loin d'être dans la poche des Rouge et Noir, et la seconde (3 des 5 seconds seront qualifiés) pas assurée non plus.

Un poste d'ouvreur orphelin de Wilkinson

Chacun sait l'importance de Jonny Wilkinson dans la montée en régime au plus haut niveau du RCT. Ces pénalités, son investissement quotidien, son expérience et ses drops dans les moments cruciaux, pourraient manquer. Nouveau retraité, l'Anglais est avantageusement remplacé au poste d'ouvreur par le génial Matt Giteau. Mais le début de saison en Top 14 a montré que la précision au pied du champion du monde anglais n'avait pas été remplacée. L'intégration de Leigh Halfpenny après sa blessure pourrait redonner de l'efficacité dans ce secteur. Mais pour la gestion du jeu, avec la blessure de Frédéric Michalak et en attendant que l'Argentin Nicolas Sanchez, arrivé du Four Nations, s'imprègne du jeu toulonnais, les solutions de rechange à l'ancien Wallabie ne sont pas nombreuses. O'Connor, placé à ce poste à Toulouse, n'a pas fait de miracle, malgré tout son talent. Pour mener à bien la conservation des titres européens et français, l'absence de Wilko pourrait être préjudiciable.

Un triplé inédit

L'ancienne H Cup aurait pu avoir un triple vainqueur. Par deux fois. Les Anglais de Leicester, titrés en 2001 et 2002, avaient trébuché, à domicile, l'année suivante face aux Irlandais du Munster. Leur avantage du terrain, gagné avec la première place d'une poule où se trouvaient notamment Clermont et Bristol, ne leur avait pas servi. Un peu plus près de nous, le Leinster, dix ans après les Anglais, avaient aussi tenté le triplé. Mais les Clermontois, remontés par leurs défaites successives contre cette équipe ces dernières années et notamment par celle en demi-finale la saison précédente, leur avaient barré la route dès les poules, en les battant à domicile comme à l'extérieur. Autre grand nom du rugby européen, le Stade Toulousain, recordman des victoires (4), n'a jamais été en situation de réaliser le triplé. Chacun leur tour, ces équipes se sont heurtées à l'usure du temps, et surtout au fait d'être une cible pour tous les autres. Le RCT est dans la même situation, avec des adversaires affamés et qui auront encore mieux préparé leur affrontement avec le maître de l'Europe.