Armitage Toulon Kearney Leinster
Duel aérien entre Armitage (Toulon) et Kearney (Leinster) | ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Toulon se qualifie face au Leinster

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Toulon s'est qualifié pour les demi-finales de la Coupe d'Europe en venant à bout des Irlandais du Leinster (29-14) dimanche à Mayol. Après une première période verrouillée sur le plan du jeu, et rouillée sur celui de l'efficacité offensive, les tenants du titre ont fait plier le bloc irlandais en inscrivant deux essais. Le RCT affrontera pour une place en finale une autre équipe irlandaise, celle du Munster, le 27 avril au Stade Vélodrome de Marseille.

Dans la chaude ambiance de Mayol, les Toulonnais avaient une mission: mettre à mal une équipe irlandaise dont l'ambition était d'offrir à sa star Brian O'Driscoll, pour sa dernière saison, un nouveau titre européen après ceux conquis en 2009, 2011 et 2012. Face à ce qu'ils pouvaient considérer quasiment comme l'adversaire le plus redoutable, les Varois ont heureusement retrouvé leur efficacité devant et ont remis en marche la machine à concasser, qui s'était quelque peu enrayée depuis quelques mois, pour montrer au pack irlandais qu'il allait y avoir du combat.

Du lourd et du rugueux

Et du combat il y en eut. Notamment dans un premier acte très intense, avec beaucoup de turn-over, de furieux duels au sol, des ballons grattés et les fautes qui vont avec. Wilkinson et Goppert en profitant pour passer chacun deux pénalités. Normal car pour ce match rugueux, entre deux équipes qui assoient leurs succès d'abord sur la domination physique des packs, chacun voulait marquer son territoire. Toulon en a encore fait la démonstration face à des Leinstermen un peu passés au travers de ce rendez-vous pourtant alléchant. Précisément parce qu'ils ont été pris sur leurs fondamentaux, perdant la bataille du sol, gâchant leurs lancers en touche et défendant en reculant face aux coups de boutoirs des Rouge et Noir. Pour son 87e et dernier match européen, O'Driscoll n'a guère eu l'occasion de s'exprimer.

Toulon a donc pris le match par le bon bout mais peut regretter une première période largement dominée mais achevée à un petit score de parité (6-6), en raison d'un nombre d'occasions manquées assez invraisemblable. Les chiffres sont pourtant éloquents: avec 68% de possession, 74%  d'occupation et trois touches volées, Toulon aurait dû se mettre à l'abri. Mais en faisant tomber une dizaine de ballons, au contact ou par des passes hasardeuses, et en manquant d'alternance dans le jeu au pied, les hommes de  Bernard Laporte n'ont jamais concrétisé au score leur avantage. Et face à une équipe plus inspirée dans ses contre-attaques, cela aurait pu même coûter cher.

Le travail de sape finit par payer

Heureusement pour eux, ils ont su ensuite remettre leur rugby à l'endroit. Sans s'affoler, même après la sortie prématurée de Jonny Wilkinson, touché  à la cuisse (28e) et remplacé par Matt Giteau à l'ouverture, lesToulonnais ont continué, mais avec beaucoup plus d'efficacité, à faire parler leur puissance et leur agressivité pour étouffer le Leinster en deuxième période. Ils peuvent se satisfaire d'une entame aboutie qui leur a permis de gonfler leur capitale points d'abord par un essai en force du jeune pilier Xavier Chiocci, après une série de pick and go, puis par une pénalité de Giteau (16-6, 47).

Le premier essai toulonnais

Enfin réalistes, les Rouge et Noir déroulaient, ajoutant un essai par Drew  Mitchell, à la conclusion d'une action lancée par l'impeccable Steffon Armitage. En poussant leur avantage à 26-9 par une nouvelle pénalité (67e) devant un  public conquis, les Toulonnais assuraient leur triomphe, et se mettaient dans les meilleurs dispositions pour la suite de la saison.

Le 2e essai toulonnais

Christian Grégoire