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Jonny Wilkinson défie Owen Farrell | OLLY GREENWOOD / AFP

Toulon réussit son défi

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Toulon s'est qualifié pour la première fois de son histoire pour la finale de la Coupe d'Europe en venant à bout des Anglais des Saracens (24-12) en demi-finale dimanche à Twickenham, au terme d'un gros défi physique, où Wilkinson a encore été le maître à jouer et l'exécuteur en chef dans un match sans essai.

La finale de la H Cup sera donc 100% française puisque, après Clermont qui s'est débarrassé la veille des Irlandais du Munster, ce sont donc les Toulonnais qui affirmé à leur tour leurs ambitions européennes. Dans un stade de Twickenham aux tribunes vides aux deux-tiers, Toulon s'est imposé grâce à sa puissance, son efficacité défensive, un gros travail dans les rucks et le jeu au sol, alors que les Saracens, plus pragmatiques que jamais comme souvent le rugby anglais, se sont épuisés dans le jeu au près. La multiplication des phases de confrontation, avec beaucoup de jeu au sol, a bien évidemment posé des problèmes au jeu d'attaque bien pauvre en cette journée. Mais l'enjeu était ailleurs, celui d'une explication entre packs avec, de façon inéluctable, les conséquences de ce type d'affrontement, les fautes commises ou provoquées, qui se sont transformées en une explication entre buteur. Et à ce jeu là, c'est l'ancien Jonny Wilkinson, 33 ans, qui a eu raison de son successeur dans l'équipe de la Rose , Owen Farrell, 22 ans.  

Un match verrouilé

Les amateurs de rugby-Champagne et d'envolées lyriques on forcément été déçus de la physionomie de cette rencontre qui pourtant promettait beaucoup. Mais il fallait bien que la dimension physique prenne le pas entre deux formations qui avaient surtout à coeur d'être défensivement présentes et  de pas laisser l'initiative du jeu à l'adversaire. Côté occasions d'essais on les compte sur les doigts d'une main, dont deux grosses pour les Toulonnais: une percée de  d'Alexis Palisson, dont la passe au pied était trop longue pour Delon Armitage en première période, une autre percée plein champ de Wulf qui ne parvenait pas à donner dans le bon tempo à Bastareaud à hauteur en deuxième période,  et une passe au pied mal ajustée en fin de rencontre.

Super Jonny

Pour le reste, Wilkison s'est occupé du tableau d'affichage. Pour son grand retour à Twickenham, Wilko -pelouse qu'il n'avait plus foulée depuis le 6 août 2011-  auteur de tous les points de son équipe, a réussi un sans-faute. L'ouvreur toulonnais a enchaîné sept pénalités de tous les coins du  terrain. Son homologue Farell lui a tenu tête durant 40 minutes, expédiant  trois pénalités de plus de 40 mètre avant de rater son premier coup de pied  juste avant la pause, conclue sur le score de 12-9 pour Toulon. Au retour des vestiaires, la pression des Saracens s'est accentuée et  Farrell a remis les siens à hauteur sur une pénalité pour plaquage haut de  Danie Rossouw, envoyé dix minutes sur le banc (49). Mais Wilkinson a donné de  l'air à son équipe d'une pénalité de plus de 50 mètres (55), avant de couler  définitivement les Saracens sur un de ses drops habituels (74) et une ultime  pénalité (77).

Les Saracens, puissance émergeante du rugby anglais, échouent pour la  deuxième année de suite face à un club français, après avoir été éliminés par  Clermont en quart de finale l'an dernier. Les Clermontois serontjustement de la fête cette année, opposés aux Toulonnais en finale, le 18 mai au stade Lansdowne Road à Dubllin. Auvergnats et Varois, qui pointent en tête du Top 14, tenteront de remporter  leur premier titre continental, lors de la quatrième finale franco-française de la compétition.

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Vidéo : l'interview de Jonny Wilkinson

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Christian Grégoire