Bakkies Botha et Carl Hayman
Le Sud-Africain Bakkies Botha (à gauche) et le Néo-Zélandais Carl Hayman | MAXPPP - PQR - NICE MATIN - PATRICK BLANCHARD

Toulon, l'insatiable armada

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Avec sa pléthore d'internationaux venus de toute l'Europe et de l'Hémisphère Sud, Toulon est devenu un prétendant aux premières places. Mais pour sa première demi-finale en Coupe d'Europe, après avoir connu l'échec de deux finales en Challenge européen et une en Top 14, le RCT doit encore faire ses preuves. Face aux Saracens, à Twickenham, les Wilkinson, Botha, Masoe et autres Hayman veulent montrer qu'ils forment une équipe, au-delà des noms au palmarès impressionnant.

SARACENS - TOULON, EN DIRECT DIMANCHE A PARTIR DE 16H SUR FRANCE 2 ET FRANCETVSPORT.FR

Ils sont tous trentenaires, ils forment les piliers du RC Toulon avec leur énorme expérience, et ils ont tout gagné. Mais ils ont une faim énorme pour décrocher le premier sacre majeur du club varois, version moderne. Bakkies Botha et Danie Rossouw (champions du monde en 2007), Jonny Wilkinson et Simon Shaw (champions du monde 2003), Andrew Sheridan (vice-champion du monde 2007), Carl Hayman (cinq fois vainqueur du Tri-Nations), Matt Giteau (vice-champion du monde 2003), Joe Van Niekerk (vainqueur du Tri-Nations 2004), Rocky Elsom (vainqueur de la Coupe d'Europe 2009) et Frédéric Michalak (triple vainqueur de la Coupe d'Europe), voilà qu'une petite partie de l'impressionnante armada toulonnaise. C'est elle qui sera à Twickenham, dans le temple du rugby, pour accrocher la première qualification de l'Histoire du club en finale de la Coupe d'Europe, face aux Saracens. Dans ce stade où ils ont souvent joué, qui a été le jardin de certains (Wilkinson, les frères Armitage, Sheridan et Shaw), ils n'auront pas peur. "C'est la maison du rugby anglais. Ca va être impressionnant", glisse néanmoins Carl Hayman, le All Black aux 45 sélections. Mais ils doivent écrire leur histoire commune, pour l'instant vierge. C'est aussi pour cela qu'ils sont venus dans le Var.

Malgré tout leur CV, tous ces joueurs n'ont rien gagné ensemble sous le maillot Rouge et Noir. "Pour être une grande équipe, il faut déjà se donner le droit de disputer ces matches-là et essayer d'en devenir une encore plus grande en les gagnant", a rappelé Mourad Boudjellal, le président du club. Finaliste du Top 14 l'an dernier, finaliste du Challenge européen  en 2010 et 2012, le RCT n'a toujours pas franchi le cap ultime, celui qui lui permettrait d'étoffer son armoire à trophées qui n'a plus rien reçu depuis le troisième et dernier titre de champion de France en 1992. "On découvre", reconnaît Bernard Laporte, le manageur du club. "On n'est pas Toulouse ou Clermont, qui jouent cette épreuve chaque année. Nous, c'est la deuxième fois qu'on la dispute. On est les puceaux de l'affaire." 

Botha-Rossouw, du bush à Toulon

Pour passer cette étape, le club a associé noms et bonne entente. Symbole de cet axe: le duo de Sud-Africains Bakkies Botha - Danie Rossouw. Tous deux champions du monde avec les Boks en 2007, trois fois vainqueurs du Super-14 avec les Blue Bulls, ils profitent de cette nouvelle collaboration: "On a grandi ensemble et on est encore ensemble aujourd'hui. C'est incroyable ! Peut-être qu'on finira notre carrière tous les deux ici à Toulon",souffle Botha. "Je bénis le fait de pouvoir continuer à jouer au rugby car beaucoup de joueurs ont commencé leur carrière après nous et ont dû arrêter à cause de blessures. Nous, on a la chance d'être encore là et de pratiquer le jeu que nous aimons. C'est énorme de vivre ce nouveau challenge ensemble." Amis d'enfance, coéquipiers de jeunesse, ils rêvent d'être couronnés en Europe et en France. 

Pour franchir ce cap, Bernard Laporte compte également sur les seuls joueurs ayant remporté la H Cup: Rockye Elsom, qui l'a gagnée en 2009 avec le Leinster, et Frédéric Michalak, qui l'a soulevée à trois reprises avec Toulouse. L'Australien est arrivé au début de l'année et doit encore élever son niveau pour intégrer une 3e ligne de classe internationale (Van Niekerk, Masoe, Armitage, Fernandez-Lobbe), tandis que l'international français revient tout juste de sa luxation de l'épaule contractée lors de France-Ecosse. S'ils ne seront pas certains d'être sur le terrain, ils apportertont leur expérience à des joueurs qui n'en manquent pas. Mais le problème, c'est que cette équipe n'a pas une grosse expérience commune. Et lors de ses dernières sorties, la mêlée a été sacrément chahutée. A Twickenham, ce collectif a l'occasion d'inscrire enfin son nom dans l'Histoire du club, d'effacer cette image de "mercenaires" que beaucoup continuent à lui coller au maillot.