Duels d'ouvreurs entre Farrell et Carter
Owen Farrel, des Saracens, opposé à Dan Carter, du Racing 92 | AFP - DPPI MEDIA - BEN QUEENBOROUGH / THOMAS SAMSON

Owen Farrell face à la référence Dan Carter

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La finale de la Coupe d'Europe entre le Racing 92 et les Saracens (samedi 17h45, en direct sur France 2 et francetvsport.fr) va opposer deux ouvreurs de classe internationale. A 24 ans, Owen Farrell va se confronter à la référence du poste, Dan Carter (33 ans), dans un duel à distance qui peut faire pencher la balance du match.

C'est un peu le passé face au futur. Mais Dan Carter n'a pas encore rendu son tablier, et le meilleur joueur du monde 2015 est bien décidé à décrocher un trophée qui manque à son palmarès, aux dépens d'un Owen Farrell qui n'a pas encore conquis ses lettres de noblesse. Les deux hommes sont pratiquement séparés par dix années. Et par un gouffre au palmarès. Champion d'Angleterre en 2015, auteur d'un Grand Chelem avec l'Angleterre cette année (en ayant évolué au centre), le joueur des "Sarries" reste en quête d'un trophée majeur. Face à lui, deux Coupes du monde, quatre Super Rugby, six Tri-Nations, deux Four Nations, trois titres de meilleur joueur de la planète... Mais les deux hommes ont une quête identique: une première victoire en Coupe d'Europe.

Plus jeune joueur à faire ses débuts avec les professionnels dans le championnat anglais à l'âge de 17 ans, Owen Farrell a avalé les premières étapes de sa carrière avec avidité. Avec un coup de pied précis et puissant, le fils de l'ancien international Andy Farrell est rapidement devenu le successeur de Jonny Wilkinson de l'autre côté de la Manche. Sa solidité physique lui permet souvent de défier la défense adverse. Mais ses capacités physiques le conduisent parfois (souvent) à des excès. Plaquages à retardement, à l'épaule, gestes d'humeur, l'ouvreur des "Sarries" sort parfois de son match, faute de garder ses nerfs. Or, son poste nécessite sang-froid et gestion sereine du jeu collectif. 

Vaincu en finale en 2014 par Wilkinson

C'est tout l'opposé de Dan Carter. Arrivé chez les All Blacks, dans l'ombre de Carlos Spencer, en 2003 alors qu'il n'a que 21 ans, le Néo-Zélandais n'a pas perdu de temps pour montrer tout son talent. D'abord placé ponctuellement au centre, il a rapidement conquis le poste d'ouvreur. Il y a certes sont jeu au pied, qui en a fait le recordman de points inscrits dans les matches internationaux, mais il y a surtout sa capacité à faire jouer ses coéquipiers autour de lui, à trouver le jeu au pied au bon moment, au bon endroit. Physique, il sait aussi défier la défense adverse. Sans excès.

"C'est une grossière erreur de penser qu'on peut attraper Dan Carter . Il joue comme ça depuis longtemps donc il faut surtout veiller à réduire son influence sur le jeu. Il faut lui mettre un peu plus de pression car si vous jouez son jeu en essayant d'aller le secouer, vous n'y arriverez pas", a prévenu Mark McCall, le manageur des Saracens. "Avoir le meilleur joueur du monde dans son équipe, ça tire tout le monde vers le haut. Ils ne se prennent absolument pas la tête et ça nous donne une grande sérénité", a répondu en écho Rémi Talès, remplaçant désigné de Carter au Racing.

Contrairement à Owen Farrell, Dan Carter dispute sa première finale en Coupe d'Europe. L'Anglais était tombé en 2014 face au RCT en finale (23-6), lors du deuxième sacre varois, et le dernier d'une autre légende, Jonny Wilkinson. Deux ans après, alors qu'il n'est plus l'ouvreur titulaire du XV de la Rose, supplanté par George Ford, peut-il accrocher à son palmarès un titre continental et dominer une référence à son poste ? Une seule chose est certaine: samedi soir, un club et un grand ouvreur décrocheront leur première Coupe d'Europe.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze