H-Cup trophée prétexte
Le trophée de la H-Cup | SIPA

L'ERC lâche du lest

Publié le , modifié le

L'European Rugby Cup (ERC), qui organise notamment la H Cup, a lâché du lest et proposé une réforme de la compétition, jeudi face aux revendications des ligues anglaise, française et galloise qui envisagent toujours d'organiser une compétition parallèle l'an prochain. Cette annonce ne signifie pas toutefois la fin de la crise car elle ne règle pas la question centrale des droits de diffusion.

Français et Anglais, poids lourds du rugby européen, avaient en effet fait part en septembre dernier de leur intention de s'affranchir de la tutelle de l 'ERC pour créer une nouvelle épreuve, la "Rugby Champions Cup". Ils ont été rejoints mardi par les quatre provinces galloises. Un soutien au projet dissident qui donne davantage de poids aux sécessionniste. Leurs revendications portent sur le format de la compétition, la répartition des droits et des recettes ainsi que sur le système de qualification.

Nouveau format proposé

Désormais mise devant le fait accompli, l 'ERC  a tenté de reprendre la main en organisant une réunion de conciliation à Dublin en présence de 14 représentants des six ligues concernées. A l'issue de cette réunion, l 'ERC  s'est félicitée dans un communiqué de "certaines avancées" en présentant quelques aménagements et en promettant d'autres. "La réunion s'est terminée par un consensus entre les parties présentes sur deux principes fondamentaux, que sont le format des tournois et la distribution des revenus, et il a été également convenu de se réunir à nouveau très prochainement", explique la société qui gère les compétitions européennes.

La principale mesure avancée porte sur le format de la H Cup, qui passerait de 24 à 20 clubs, avec un système de qualifications plus favorable à l'axe franco-anglais: un tiers (6 clubs) des places à la Ligue anglaise (PRL), un autre (6 clubs) à Ligue nationale de rugby (LNR) et le dernier tiers (7 clubs) aux clubs du Pro12, qui réunit les provinces galloises, irlandaises, italiennes et écossaises. La dernière place serait attribuée la première année selon un système de barrages. Elle serait ensuite dévolue au vainqueur du tournoi secondaire, actuellement le Challenge européen. A terme, l 'ERC  n'exclut par ailleurs pas la création d'un "troisième tournoi européen".

L 'ERC a aussi infléchi sa position sur l'autre gros point d'achoppement, celui de la répartition des revenus. Un consensus aurait également été trouvé concernant la distribution des ressources générées par les compétitions, ressources qui seraient divisées en trois, chaque ligue obtenant un tiers des revenus, et stipulant également que le montant perçu par les clubs de Pro12 ne serait pas inférieur à ce qu'ils perçoivent actuellement..

L'ERC a précisé que toutes les parties sont convenues de se revoir "pour discuter (...) d'autres points importants concernant le management et les domaines opérationnels". Mais rien sur les droits de diffusion. Car, malgré ce consensus sur une partie des doléances,   reste en suspens le conflit concernant les contrats sur les droits de télévision. Et de ce côté là, le constat d'échec reste inchangé.

Les Anglais coincés par un contrat de diffusion

Premiership Rugby a en effet annoncé en septembre 2012 la signature de sa propre initiative d'un accord avec l'opérateur British Telecom (BT) pour quatre ans, avec un montant global estimé à 180 millions d'euros pour la diffusion du Championnat d'Angleterre et des matches européens des clubs anglais à partir de 2014-15. Conséquence, tenus par ce contrat, les clubs anglais ne peuvent pas participer à une compétition non diffusée par BT. Or l 'ERC , seule habilitée -pour l'instant- selon les règlements à négocier les droits TV des compétitions européennes, a prolongé jusqu'en 2018 avec Sky, pour un montant estimé à 83 millions d'euros  Ce qui crée forcément une situation quasi inextricable à partir de 2014. Les ligues anglaise et française, qui ont pris acte des propositions de l'ERC sans formuler quelque que ce soit par rapport à ces propositions de réformes, semblent malgré tout arc-boutées sur leurs positions.

"Compte tenu de ces contrats, il n'y a pas de possibilité de compétition à travers l 'ERC. L 'ERC  est finie. Les Anglais ne peuvent pas participer à une compétition ERC et nous ne voulons pas participer  à une compétition sans les Anglais. La seule solution est celle que nous avons faite: créer une autre compétition", a martelé Paul Goze, le président de la LNR. Français et Anglais entendent mener jusqu'au bout leur projet de RCC, qui sera présenté "dans les premiers jours de novembre", a indiqué Paul Goze: "Il y aura la RCC ou il n'y aura pas de compétition".

Christian Grégoire