Robshaw Nailiko Harlequins Racing
Robshaw (Harlequins) face à Nailiko (Racing) | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le Racing se fait corriger

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Le Racing Metro 92 a pris une terrible leçon de rugby face aux Harlequins lors de la 3e journée de la H Cup (8-32). Dominés dans tous les compartiments du jeu sur la pelouse du Stade de la Beaujoire à Nantes, les Franciliens ont relancé les Anglais dans la course à la qualification. Et comme dans le même temps Clermont a dominé Llanelli (32-11), cette Poule 4 est totalement relancée.

Un jour sans, un trou noir. Peu importe le terme finalement, l'histoire retiendra la sévérité du score et le non match du Racing face aux Harlequins. Les Anglais, qui n'avaient pas encore remporté le moindre match depuis le début de la compétition, ont confirmé une montée en puissance déjà entrevue en championnat. Plus présents dans les impacts, plus mobiles, plus féroces défensivement, les partenaires de Danny Care ont survolé les débats.

Avec la paire Philips-Sexton sur le banc, le Racing préfère la jouer franco-française à la charnière en alignant au coup d'envoi Machenaud et Dambielle. Un choix que Labit et Travers pourront peut-être regretter tant le duo des Ciel et Blanc s'est fait "manger" par Evans et Care. A la 19e minute, Le Gallois et l'Irlandais sont bel et bien rentrés en seconde période mais le mal était déjà fait. A la 19e minute, le festival Evans débutait par une prise d'intervalle enchaînée par un crochet sur Juan Martin Hernandez qui aboutissait au premier essai des Harlequins (0-7). Le calvaire de l'arrière argentin ne faisait que commencer...

Vidéo : le premier essai d'Evans

Les Racingmen, déboussolés, évitaient de justesse un second essai signé Hopper après arbitrage vidéo mais ils ne pouvaient rien sur sur la charge de tank signée du troisième ligne Nick Easter (0-17, 30e). Un score on ne peut plus logique au vu de l'emprise anglaise sur cette rencontre. La pénalité de Dambielle, dans les arrêts de jeu de la première période, masquait à peine les manques français durant 40 minutes (3-17).

Vidéo : l'essai d'Easter

Hernandez se déchire

Dès la reprise, il était manifeste que le Racing ne s'en sortirait pas. Trop de fautes, trop peu d'inspiration. Et une fébrilité coupable, symbolisée par cette faute de main de Hernandez à la réception d'une chandelle. Walker héritait du cadeau et mettait les cannes pour déposer trois adversaires (3-27, 45e). Vexés, les partenaires de Lauret réagissaient enfin, plus en force qu'en finesse, et marquait enfin après un beau déroulé collectif et conclu par Le Roux (8-27, 59e).

Video : l'essai de Le Roux

Mais le sursaut était aussi bref que vain. Les Anglais reprenaient leur entreprise de destruction massive et Karl Dickson profitait du travail de ses avants pour inscrire l'essai du bonus pour les Harlequins (8-32, 73e). Celui qui permettait aux siens de passer devant leurs adversaires au classement de cette Poule 4. 

Déclarations : 

Benjamin Fall (ailier du Racing-Métro): "On a manqué d'agressivité dans les  rucks, on l'a payé cash. Eux ont eu des sorties de balle rapides et ont pu  développer leur jeu. On n'a pas trop existé, pas été en position de faire des  coups. On a tout à revoir sur ce match. C'est bizarre... on croit parfois qu'on  est arrivé au haut niveau, mais le plus dur c'est d'y rester. Notre difficulté  à maintenir des performances de haut niveau fait mal à la tête.  Cela va être  dur de gagner chez eux, mais on ne se met pas la tête au fond du seau, on va  tout donner. Il n'y a pas d'affolement, il faut être plus concentré, se  focaliser sur les petits détails. Cela ne vient pas des coaches, ce sont nous  les acteurs sur le terrain. Il ne faut pas mettre la faute sur eux."
   
Connor O'Shea (manager des Harlequins): "Je suis très content car notre  début de saison a été difficile. La semaine prochaine ce sera un match  difficile car le Racing a une grande équipe, ils vont sans doute se réveiller.  Je suis très fier de mes joueurs, de la façon dont on a joué, en gardant le  ballon dans l'aire de jeu, en mettant beaucoup de vitesse. C'était très  physique. Nous revenons dans la course à la qualification, si nous faisons le  boulot la semaine prochaine on pourra encore y croire en janvier. Mais ce n'est  que la moitié du chemin. Nous sommes encore en vie."

Julien Lamotte