Bernard Le Roux

Le Racing a eu du cœur, peut-être trop

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Le Racing a été cruellement défait par le Leinster en finale de Champions Cup ce samedi (15-12). Malgré une défense héroïque, les Franciliens ont été trop indisciplinés. Fatal dans une rencontre sans grande envolées.

Et une nouvelle et dernière fois, Wayne Barnes aura tendu son bras. Comme une fatalité, le Racing 92 s’est mis à la faute à deux minutes de la fin, dans ses 22m. Une offrande beaucoup trop belle pour Isa Nacewa, ailier du Leinster devenu buteur après avoir pris le relais de Jonathan Sexton, qui ne s’est pas fait prier pour crucifier les troupes de Laurent Travers et Laurent Labit (78e, 15-12). Une dernière incursion irlandaise à l’image de la rencontre : une défense ciel et blanche infranchissable mais sanctionnée. L’arbitre anglais indique un hors-jeu, rédhibitoire.

Rémi Talès, joueur le plus sanctionné

On ne pourra pas enlever au Racing son acharnement défensif. Avec 119 plaquages réussis sur la rencontre, les coéquipiers de Wenceslas Lauret auront tout donné, à l’image du 3e ligne, meilleur français dans le domaine avec 15 plaquages effectués. Les performances de son compère de la 3e ligne, Bernard le Roux (14 plaquages), du 2e ligne Donnacha Ryan (11 plaquages) ainsi que celle du talonneur Camille Chat (11 plaquages) sont à souligner. Mais les Franciliens ont pêché dans la discipline. 13 pénalités à leur encontre dans une finale continentale, c’est trop. Beaucoup trop.

Le Racing a eu du cœur, peut-être trop
© GABRIEL BOUYS / AFP

Dépasser les dix coups de sifflets en phases finales de Top 14 est souvent préjudiciable. Alors, cela l’est d’autant plus face à une équipe invaincue sur la scène européenne cette saison. Rémi Talès a été le Racingman le plus sanctionné (3 pénalités). Peut-être dû à un manque de préparation de la finale pour l’ouvreur ? Le pilier Cedate Gomes Sa et le 2e ligne Leone Nakarawa ont, de leur côté, concédé deux pénalités chacun. En face, le Leinster n’a concédé que 10 pénalités. Imparable.

62% de possession pour le Leinster durant la première mi-temps

Une générosité défensive, parfois excessive, pour contrer les offensives irlandaises. Notamment les vagues qui se sont succédé lors du premier acte, avec des séquences longues et physiques, mais inefficaces. A tel point que les hommes de Léo Cullen affichaient 62% de possession de balle à la pause, 146 mètres gagnés (trois fois plus que le Racing) et 71 passes effectuées (deux fois plus par rapport aux Franciliens). Le club des Hauts-de-Seine répondait avec 57 plaquages.

Une dynamique totalement inversée durant le deuxième acte durant lequel le Racing a remis la main sur le ballon (52% de possession) et s’est employé pour bousculer la défense adverse (180 mètres gagnés, 66 passes). En vain, les 79 plaquages irlandais ayant eu raison de leurs intentions. Et de leur rêve de devenir la quatrième club français au sommet de l’Europe.

Maxime Gil @gil_maxime_34