Julien Bonnaire
Le 3e ligne de Clermont, Julien Bonnaire | AFP - FRANCK FIFE

Le dernier défi de Julien Bonnaire en Europe

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A 36 ans, Julien Bonnaire raccrochera les crampons à l'issue de la saison. Arrivé à Clermont en 2007, il a été de toutes les campagnes européennes, de toutes les joies et les désillusions. Samedi, dans une revanche de la demi-finale perdue l'an dernier au même stade contre les Saracens, il espère encore franchir cette étape pour conquérir cette Coupe d'Europe qu'il n'a jamais pu soulever. A Saint-Etienne, dans un stade Geoffroy-Guichard plein (plus de 41 000 spectateurs), il ne veut pas disputer son dernier match dans cette épreuve.

Voici quinze jours, il y avait eu quelques larmes. Après une démonstration incroyable de Clermont contre Northampton dans un stade Marcel-Michelin en feu, Julien Bonnaire n'avait pas caché son émotion après cet ultime match à domicile, en Coupe d'Europe. 

"Il y a pas mal de choses qui sont remontées, des souvenirs ici. Et avec  l'ambiance qu'il y avait, c'était fabuleux. J'avais envie d'en profiter un  maximum. C'est un trait sur ma carrière qui va se tirer, mais je n'aurai que  des bons souvenirs. C'est passé super vite", explique Bonnaire, arrivé à l'été  2007 en Auvergne. Ces huit années prendront fin dans deux mois tout au plus avant de prendre  la direction de Lyon, où Bonnaire a signé pour deux saisons afin, entre autres  raisons, de se rapprocher de Bourgoin-Jallieu (Isère), où il est né et a été  formé.

De la "Berjallie", le troisième ligne en sera déjà un peu proche dès samedi  à Saint-Étienne, sur cette pelouse de Geoffroy-Guichard déjà foulée il y a cinq  ans en demi-finale du Top 14 face à Toulon (35-29 a.p.) sur la route de son  seul titre en club. Il espère bien une répétition de l'histoire, afin d'éventuellement finir en  beauté sur un titre européen son aventure clermontoise, comme son compagnon de  Bourgoin Julien Pierre, qui quittera lui en fin de saison l'ASM pour Pau.

Larmes de joie ou de tristesse samedi ?

Clore le chapitre par de tels matches, "c'est sûr que c'est top. Le quart  ici (à Clermont), la demie à 'Sainté' devant 30.000 personnes venues d'ici...  C'est tout ce dont on peut rêver pour finir sur une bonne note. Mais pour bien  finir avec les copains, pour valider tout le travail qu'on fait depuis des  années, on doit se bouger pendant deux fois 80 minutes (demi-finale puis finale  éventuelle, le 2 mai à Twickenham, NDLR)", explique Bonnaire. Il ne faut cependant pas compter sur l'ancien "Prince des airs" du XV de  France (75 sél.), qui a pris sa retraite internationale il y a trois ans, pour  en rajouter auprès de ses coéquipiers. Pas question pour lui de se servir du  lever émotionnel que pourrait représenter la fin d'une aventure commune, à en  croire le talonneur Benjamin Kayser. "Pendant la semaine, 'Jubon' n'a surtout pas eu envie d'en parler. Ce n'est  pas le genre à tirer la couverture à lui. Je sais que (le départ en fin de  saison de Bonnaire, Pierre et d'autres) est dans le 'creux du coeur' de chacun  dans ce groupe, mais on nous a dit toute l'année dernière que c'était la  dernière saison de Vern (Cotter, ancien manager) et qu'il fallait gagner pour  lui.... Il ne voulait pas en entendre parler, de la même manière qu'eux ne  veulent pas en entendre parler."

"On en parle un peu, c'est normal, c'est la chose du moment, affirme pour  sa part le pilier gauche Vincent Debaty. On y pense un peu mais on ne base pas  tout là-dessus: on est très motivé, mais pas uniquement pour ça." Surtout pour  décrocher samedi un succès qui pourrait de nouveau arracher à Bonnaire quelques  larmes.