Le stade de la Beaujoire
Vue aérienne du stade de la Beaujoire à Nantes | AFP - FRANCIS LEROY - HEMIS.FR

Délocalisation, la marotte du rugby français

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Depuis quelques années, les clubs de l'élite ont pris le pari de délocaliser certains matches afin de "toucher" plus de monde. Le Stade Français et le Racing-Métro sont les plus actifs.

Nantes accueillera samedi le choc de la poule 1 de Coupe d'Europe entre le Racing et les Saracens, équipe phare du championnat d'Angleterre (France 2, 16h30). Les 37 000 places du stade de La Beaujoire  seront presque toutes occupées pour l'occasion. Une nouvelle preuve de l'engouement suscité par le deuxième sport en France et notamment dans les régions sevrées de rugby de haut niveau.

Le Stade Français a boosté tout le monde

C'est relatif pour Nantes qui a déjà reçu de nombreux matches du XV de France et qui aura l'honneur d'organiser les deux demi-finales du Top 14 les 24 et 25 mai prochains. Ca l'est moins pour Valenciennes qui accueillera la semaine suivante le match de Challenge européen entre le Stade Français et les London Welsh, ou pour des villes comme Le Mans, Le Havre ou Reims qui ont déjà hébergé le club parisien ces deux dernières années, que ce soit en Top 14 ou au niveau continental.

Le Stade Français est d'ailleurs le précurseur de ses délocalisations à grande échelle. Max Guazzini, alors président, avait d'abord délocalisé quelques grosses affiches hors du stade Jean-Bouin (en H Cup contre Leicester à Charléty, ou Newcastle au Parc des Princes en 2005, en  championnat face à Toulouse puis Biarritz, Clermont ou Toulon régulièrement depuis une dizaine d'années) avant de qu'autres clubs lui emboîtent le pas.

L'Espagne terre d'accueil

Certains délocalisent dans la même ville mais dans un autre stade: le Stade Toulousain passe d'Ernest-Wallon au Stadium, le FC Grenoble de Lesdiguières au stade des Alpes. D'autres vont plus loin: L'Union, de Bègles à Bordeaux, Toulon de Mayol à Marseille, le CO de Castres à Béziers (ou Toulouse) et Agen qui peut jouer à Chaban-Delmas. Il y en a même qui s'exportent à l'étranger, le BO et l'Aviron du pays basque français à Saint-Sébastien, ou l'Usap de Perpignan à Barcelone.

Les raisons sont connues: attirer un nouveau public, trouver de nouvelles ressources financières et faire parler du club à travers la curiosité que peut soulever ce genre de démarche. En général, les joueurs adhèrent car ils évoluent ainsi devant davantage de supporters. Et les staffs n'ont guère besoin de motiver leurs ouailles pour le rendez-vous, le match délocalisé se suffisant à lui-même.

Tendance à la baisse

Il n'est toutefois pas dit que la "poule aux œufs d'or" va durer éternellement. Certaines délocalisations ont moins bien fonctionné depuis deux ans, la crise économique étant passée par là. Il n'y avait ainsi que 45 000 personnes (au lieu des 70 000 espérés) pour le derby francilien début décembre au stade de France.

Rien de grave bien sûr pour le Racing-Métro qui peine à remplir son stade Yves-Du-Manoir de Colombes (14 500 places). Mais si les clubs du Top 14 veulent continuer d'en profiter, il convient peut-être de limiter le nombre de ses "évènements" délocalisés. Sinon, cette tendance à la baisse pourrait bien s'amplifier.