Coupe d'Europe - Racing-Toulouse: Vakatawa - Guitoune, les ailes du centre

Publié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Sofiane Guitoune (Toulouse) et Virimi Vakatawa (Racing)
Sofiane Guitoune (Toulouse) et Virimi Vakatawa (Racing) | AFP

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Le quart de finale de Champions Cup entre le Racing 92 et le Stade Toulousain dimanche (16h15 en direct sur France Télévisions) va mettre aux prises deux joueurs en très grande forme. Tous deux replacés au poste de trois-quarts centre alors qu'ils ont éclos au plus haut niveau aux ailes, Virimi Vakatawa (Racing 92) et Sofiane Guitoune (Toulouse) sont deux des symboles des deux équipes, candidates aux titres sur la scène nationale comme européenne.

Meilleur marqueur d'essais du Top 14: Virimi Vakatawa (10 essais). Troisième dans cette hiérarchie: Sofiane Guitoune (8 essais). Sur la scène européenne, les deux hommes sont encore plus au coude à coude, avec quatre essais inscrits par chacun d'eux, ce qui les place à deux longueurs des deux co-leaders de la compétition, les Irlandais du Leinster Sean Cronin et de l'Ulster Jacob Stockdale

Du centre à l'aile avant un retour au centre

Point commun de ces deux joueurs: ils ont fait des allers-retours entre le poste d'ailier et de centre. Après avoir explosé au plus haut niveau le long de la touche, ils brillent désormais en plein coeur du jeu, comme s'ils avaient toujours joué là. A tel point qu'on parle de plus en plus d'eux pour un retour en équipe de France en cette année de Coupe du monde. Attraction des Bleus lors de l'arrivée de Guy Novès à la tête du XV de France, Vakatawa (17 sélections), ex-star du Seven, n'a plus porté le maillot tricolore depuis plus d'un an (11 février 2018 en Ecosse). Pour Guitoune (5 sélections), cela remonte à encore plus loin: la Coupe du monde 2015 et le match de poules contre la Roumanie, son seul dans cette compétition.

Autre point commun des deux joueurs: leurs crochets, leur vivacité, leur capacité à franchir le rideau. Avec leur expérience, et leur vécu à l'aile, ils apportent indéniablement un plus à une ligne de trois-quarts sans avoir perdu, loin de là, leurs qualités de finisseur. 

Pour revenir en force au centre, les deux hommes ont néanmoins connu des parcours bien différents. A 30 ans, Sofiane Guitoune a connu les blessures, les coups durs. A Toulouse depuis 2016, il a vécu près d'un an et demi sans jouer, en raison d'une pubalgie. "Je me suis dit que ma chance était passée et qu'il faudrait peut-être faire autre chose. Mais, je suis têtu et j'ai continué de bosser", se souvient-il.

Guitoune: l'enfer des blessures avant la lumière

Il a dû regagner sa place dans le XV de départ toulousain. Aux ailes, cette saison, il doit faire face à la concurrence de Huget, Kolbe, Bonneval et même Médard. Au centre, ce n'était pas mieux avec Ahki, Belan, Mermoz, sans oublier toute la jeunesse toulousaine au talent éclatant, à l'image de Romain NtamackLucas Tauzin ou Louis-Benoît Madaule. Il a fait l'affaire et même plus. "Sofiane a passé deux ans où son corps l'a un peu trahi. Là il a retrouvé une intégrité physique et au gré des blessures de notre effectif, il a su saisir sa chance", expliquait l'entraîneur Ugo Mola. La preuve: son contrat a été prolongé de trois saisons. "Mes deux premières saisons ici ont été compliquées, et une telle issue semblait illusoire il y a encore quelques mois. Mais quand on croit en soi, que l'on s'accroche avec un objectif en point de mire, tout est possible", déclarait-il alors.

Vakatawa: il s'est brûlé les ailes en Bleu

Le parcours de Virimi Vakatawa est bien différent. Le Fidjien d'origine, arrivé au Racing 92 à peine âgé de 18 ans, a débuté au centre. Mais après être passé par le Seven où ses qualités physiques, techniques et de finisseur sans oublier sa capacité à jouer au contact ont fait de lui une star, son retour au XV s'est passé sur les ailes. "C'était une bonne transition pour un retour à quinze", explique dans L'Equipe Laurent Labit, l'un des deux entraîneurs du club. C'est aussi là que le staff de l'équipe de France l'a fait jouer pour ses débuts en Bleus, pour le Tournoi des 6 Nations 2016. Il devient très rapidement l'attraction des médias, du public, et des défenseurs adverses. Mais l'homme timide finit par se consumer sous les sunlights. De petites blessures, des performances moins abouties... Il disparaît du groupe France après l'échec retentissant en Ecosse en 2018.

Au Racing, en revanche, il renoue avec les éclairs. Mais au centre. "Quand je discutais avec lui pendant sa parenthèse du Seven, je continuais de lui dire que je le voyais au centre", continue Labit. Avec Henry Chavancy à ses côtés, l'emblématique joueur du Racing, nourri et formé au club, qui l'avait accueilli à son arrivée des Fidji. Les deux hommes sont liés dans la vie comme sur le terrain, où le Français s'est déplacé au poste de premier centre pour laisser celle de deuxième à son complice, plus à son aise. Sixième plus gros franchisseur du Top 14, meilleur marqueur d'essais, cette saison est la plus aboutie pour Virimi Vakatawa