Brice Dulin, Racing-Metro, Northampton
L'arrière du Racing-Metro Brice Dulin est repris par la défense de Northampton | MARTIN BUREAU / AFP

Coupe d'Europe: Le Racing-Metro prend la voie grande vitesse

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Désireux de rejoindre les quarts de finale de la Coupe d’Europe pour la première fois de son histoire, le Racing-Metro a prouvé face à Northampton que ses ambitions n’étaient pas usurpées. Et si c’était l’heure des Ciel et Blanc ?

Ce n’est qu’un succès et il en faudra encore quelques autres pour ouvrir une page "quart de finale européen" dans le livre de la prestigieuse histoire du Racing-Metro. Mais en venant à bout de Northampton, les joueurs de Labit et Travers ont envoyé un message. Cette saison, ils ne laisseront rien à leurs adversaires, qu’importe leur valeur ou le nom de la compétition. "L'objectif est d'aller le plus haut possible dans les deux compétitions", reconnaissait Laurent Labit en début d’exercice. Le Top 14 l’a déjà appris à ses dépens. L’Europe est en train de le découvrir.

Le Racing apprend à gagner sans laisser de bonus 

Sur la scène nationale, les Racingmen ont pris confiance depuis leur victoire en barrages à Toulouse la saison dernière. Septièmes à quatre points de Toulon, deuxième, les Franciliens sont dans le coup. Seul Clermont les a battus de plus de neuf points en neuf journées alors qu’ils ont voyagé à Montpellier, Bordeaux, Grenoble et Paris pour un derby francilien polémique. Cette mue se confirme au niveau continental. Pour leur cinquième participation à la grande Coupe d’Europe, les Ciel et Blanc ont décroché leur premier succès sur un cador sans lui laisser le bonus défensif. Clermont en 2010 et l’an dernier, le Munster en 2012, étaient repartis avec un précieux point de leur match perdu à Colombes. Pas les Saints. "Cela pourrait s’avérer utile au moment de faire les comptes…", glissait malicieusement un Labit aux anges.

Face aux champions d’Angleterre et lauréats du Challenge européen en titre, ses hommes ont enfin vu l’Europe leur sourire. L’ailier samoan Pisi a égaré un ballon d’essai tout fait à quelques mètres de l’en-but (55e). Et son partenaire anglais Ben Foden a offert un essai à Marc Andreu sur la sirène (80e). Limiter la performance du club francilien à ces deux coups de dés serait injuste. Incapable de tenir le rythme européen tout un match l’an dernier, l’armada de Jacky Lorenzetti a prouvé qu’elle avait pris de la moëlle. "On savait qu'on avait à faire avec ce qui se fait de mieux en Angleterre depuis quelque temps, on n'a pas été déçus, jugeait Labit. Cela a été un match très engagé, dur, de très haut niveau. On s'y était préparé en augmentant notre intensité et notre niveau de jeu depuis quelques semaines".

Un effectif plus complet

Malgré leur volonté et vingt minutes en supériorité numérique, les leaders invaincus du championnat anglais se sont heurtés à un mur. "Le Racing-Métro est une équipe très physique, notamment leurs avants, à la différence de ceux qu'on rencontre en Championnat, confiait le manager de Northampton Jim Mallinder à l’issue de la rencontre. Ils ralentissent beaucoup les ballons dans les rucks". Marque de fabrique de l’institution des Hauts-de-Seine depuis son retour dans l’élite il y a cinq ans, cette rudesse est désormais une arme parmi tant d’autres.

En recrutant Claassen, Dulin, Goosen et Thomas à l’intersaison, le Racing-Metro s’est doté d’habiles joueurs capables d’apporter ce grain de folie qui lui manquait parfois. Comme aucun élément majeur, à l'exception de Battut, n’a quitté le navire, la formation francilienne a fière allure. "Nous avons l’effectif pour gagner un titre. A mon sens, Brice Dulin est le meilleur joueur en France. 'Alex' Dumoulin présente un potentiel incroyable et 'Max' Machenaud est en train de devenir un patron", s’enthousiasme Jonathan Sexton dans les colonnes de Midi Olympique. Assoiffé de titre, le quintuple champion de France a les moyens de ses ambitions. Mais il doit se souvenir que l’équilibre est fragile. Vainqueurs de Clermont en ouverture, rentrés avec le nul de Llanelli, les Racingmen avaient six points et de grands espoirs après les deux premières journées de Coupe d’Europe il y a un an. Quatre matches plus tard, ils revenaient au Plessis-Robinson avec sept unités et la place de lanterne rouge de leur poule…

Jerome Carrere