Coupe d'Europe: Clermont-Toulon, comme on se retrouve !

Coupe d'Europe: Clermont-Toulon, comme on se retrouve !

Publié le , modifié le

Deux ans après Dublin, et le premier titre européen obtenu sur le fil (16-15) par le RCT face à Clermont, les deux équipes se retrouvent samedi à Twickenham pour une nouvelle finale de Coupe d'Europe qui, quel qu'en soit le scénario, s'annonce explosive entre deux formations qui feront tout pour atteindre leur objectif: les Clermontois à la recherche d'une première couronne continentale, les Toulonnais en quête d'un triplé jamais réalisé.

SUIVEZ EN DIRECT LA FINALE DE L'ER CHAMPIONS CUP ENTRE CLERMONT ET TOULON SUR FRANCETVSPORT

Clermont veut enfin concrétiser 

Si les effectifs ont légèrement changé depuis 2013, Clermont a véritablement tourné une nouvelle page avec le départ l'été dernier de Vern Cotter, remplacé par son ancien adjoint Franck Azéma, aux côtés du directeur sportif Jean-Marc Lhermet. Sans renier le "socle" du passé, Azéma, épaulé par un technicien triple vainqueur de l'épreuve, Jono Gibbes (2009, 2011 et 2012 avec le Leinster), a voulu ouvrir une nouvelle ère, débarrassée du poids des précédentes défaites en phases finales. Cette nouvelle aventure se déroule pour le moment sans accroc, portée semble-t-il par une sérénité nouvelle. Reste maintenant à la conclure par un titre, ce qui "au bout du bout fait la différence entre les très grandes équipes, qui marquent l'histoire, et les bonnes équipes", souligne Lhermet.

Les trophées, c'est justement Toulon qui les collectionne depuis quelques années (Coupe d'Europe 2013 et 2014, Championnat 2014), comme les finales: ce sera sa septième de suite. De là à faire du RCT le favori. C'était le petit jeu de la semaine entre les deux camps, dans ce qui n'est un peu d'intox.

Toulon ne se dit pas favori

"Cette finale perdue en 2013, cela fait deux ans qu'ils se la mangent", a ainsi affirmé le président varois Mourad Boudjellal. Beaucoup de Toulonnais pensent d'ailleurs qu'il y aura un gros esprit de revanche du côté de Clermont. Bizarrement, côté auvergnat, on n'est pas du tout d'accord, "Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Si on compare les deux équipes, il y a pas mal de différences. Et les athlètes de haut niveau ont l'habitude de ne jamais ou rarement se retourner après une victoire ou une défaite. Car ce n'est pas ça qui fait gagner", a ainsi souligné Lhermet.

Malgré tout de part et d'autres on essaie de faire plutôt profil bas pour tenter de reporter la pression sur l'autre. Et comme souvent, Boudjellal n'erst pas en reste. "Clermont est une espèce d'armée bien structurée là où, nous, j'ai l'impression qu'on est encore un peu désordonné Il n'y a pas photo. La seule chose qui peut nous permettre de gagner ce match est un exploit individuel". On connaît trop bien le président varois pour le croire, et il suffit de regarder le CV de l'effectif toulonnais, constellé d'étoiles ayant l'expérience des grands rendez-vous, pour balayer cette idée.

De la pression et de l'enjeu

Réplique dans les rangs auvergnats sur le ton de l'ironie: "Cela paraît logique qu'on soit les favoris, non ? On a gagné le titre année  dernière, il y a deux ans, et on a fait doublé l'année dernière". Par leurs propos, Azéma estime que les Toulonnais, à l'aube d'un triplé européen sur lequel se sont cassés les dents Leicester (2001, 2002) et le Leinster (2011, 2012), ont "peut-être besoin de s'enlever un peu de pression".

En tout état de cause, entre deux équipes qui se connaissent presque par coeur, dans un stade mythique qui risque pourtant de sonner creux il faudra dépasser cette pression et cet enjeu pour arriver à construire du jeu et tenter de donner de l'éclat à une finale dont on attend beaucoup.

Reportage "Tout le Sport" : une revanche pour Clermont ?

Christian Grégoire