Clermont
L'armada clermontoise fête la victoire | PASCAL GUYOT / AFP

Clermont, la lente ascension

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Qualifié hier pour la première finale de H-Cup de son histoire, Clermont ne cesse de progresser depuis 2006 et l’arrivée aux commandes de Vern Cotter. Champions de France 2010, les Auvergnats se sont donné les moyens de régner sur l’Europe. Une quête des sommets entamée il y a sept ans.

Avant 2010, Clermont faisait rire. Toujours placés, jamais gagnants, les Jaunards incarnaient à merveille l’image du perdant magnifique. Dix finales de championnat de France à l’issue malheureuse leur collait à la peau, comme un sortilège. Arrivé en 2006 au pied des volcans, Vern Cotter joue les sorciers. S’il participe à renforcer le mythe dans ses premières années, repartant trois fois consécutivement la tête basse du Stade de France, le manager néo-zélandais s’évertue à structurer le club créé en 1911 par un certain Marcel-Michelin. "Je suis comme un architecte. J’essaie de construire petit à petit ", admet le technicien kiwi. Sous son impulsion, le club auvergnat remporte son premier titre sous l’ère professionnelle en décrochant le Challenge Européen en 2007.

2010, l'année bascule

Obsédé par le Top 14, Clermont ne se préoccupe pas de l’Europe les saisons suivantes. "Quand je suis arrivé à Clermont, il y a sept ans, le premier objectif était le Top 14", avouait hier à l’issue de la rencontre Vern Cotter. Eliminée dès les phases de poules de H-Cup en 2008 et 2009, l’ASMCA bascule dans une autre dimension en 2010. L’escouade de Vern Cotter se venge de Perpignan, son bourreau l’année précédente, pour enfin soulever le Bouclier de Brennus. Le « bout de bois » ramené place de Jaude et le royaume de France conquis, le club du président Fontès ne perd pas de temps. Son règne doit s’étendre au Vieux Continent.

La saison post-titre est celle de la digestion. Ivre de bonheur en juin, Clermont a la gueule de bois. Eliminé en poules de Coupe d’Europe et vaincu en demi-finale du championnat de France, le vaisseau auvergnat tangue. A la barre, l’Amiral Cotter ne panique pas. Malgré le départ précipité de l’ailier Napolioni Nalaga, finisseur hors pair, son métronome Brock James est toujours là et son club attire. Le solide 2e ligne Nathan Hines débarque l’été suivant, tout comme l’ailier All-Black Sitiveni Sivivatu ou l’international gallois Lee Byrne, des références. Pendant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, les jeunes Noa Nakaitaci, Wesley Fofana et Jean-Marcelin Buttin éclatent au grand jour, offrant pléthore d’options au staff clermontois.

O'Connell : "La meilleure équipe d'Europe"

Quarts de finaliste de H-Cup en 2000 et 2002, les Jaunards passent le cut pour la première fois de leur histoire en 2012, dominant les Saracens en Angleterre (3-22). Dans un stade Chaban-Delmas acquis à leur cause, les partenaires d’Aurélien Rougerie tombent cruellement au tour suivant face au Leinster, tenant du titre (15-19). L’acte fondateur. Cette saison, rien ne résiste à la vague Jaune et Bleu au niveau continental. Pas même les Irlandais, éliminés par deux défaites en poule contre leurs victimes de Bordeaux. Finaliste de la plus grande des compétitions européennes pour la première fois, le squad jaunard a franchi un cap.

"Ils ont des qualités incroyables dans toutes les lignes: leurs avants sont  costauds, ils peuvent porter le ballon et faire jouer après eux, leurs arrières sont des athlètes...., a reconnu le Munsterman Paul O’Connell à l’issue de la demi-finale à Montpellier. Je pense qu'à l'heure actuelle, c'est la meilleure équipe d'Europe (…) Par rapport à il y a quatre ans, c'est devenu une équipe très difficile à  analyser." A la Mosson, Clermont a résisté au baroud d’honneur du Munster. Engagés six fois en H-Cup sous l’ère Cotter (7 saisons), les Auvergnats sont désormais mûrs. Forgée dans l’échec, la Yellow Army est prête à régner sur l’Europe. Désormais, Clermont fait peur.

Vidéo : Le résumé du match Clermont - Munster Voir la video

Jerome Carrere