Champions Cup: Racing-Métro 92, délocaliser n'est pas forcément gagner

Champions Cup: Racing-Métro 92, délocaliser n'est pas forcément gagner

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Réussites financières, les deux précédentes rencontres de Coupe d'Europe délocalisées par le Racing -Métro, qui reçoit les Ospreys ce samedi au Mans à l'occasion de la 4e journée, ont été des échecs sportifs. C'est donc peu dire que les Franciliens se seraient bien épargné le déplacement à la MMArena. "Ecoutez, le président (Jacky Lorenzetti, ndlr) a choisi d'aller au Mans, c'est que ça doit être bien...", a ainsi d'abord lâché jeudi le pilier Julien Brugnaut, avant d'expliquer à la deuxième relance: "Ok, à Colombes il n'y a peut-être pas un public qui vient en grand nombre, mais c'est notre stade. (Il ne faut pas qu'il y ait) trop de délocalisations, mais une fois par an pourquoi pas..."

Le centre gallois Jamie Roberts est encore plus explicite: "Jouer à  Colombes aurait peut-être été mieux pour nous, mais le club a décidé de jouer  au Mans. Il faudra s'adapter. Et ce sera peut-être plus facile pour les Ospreys  au Mans. Car pour en avoir discuté avec plusieurs adversaires, Colombes est un  stade où il est difficile de gagner, à cause de l'atmosphère, de la proximité  des supporteurs. C'est plus intime".

La direction du Racing  doit avoir les oreilles qui sifflent... Elle a  pourtant assuré à l'AFP, via son directeur général Arnaud Tourtoulou, que "les  entraîneurs, ainsi que les joueurs, (étaient) toujours consultés et favorables  (aux matches délocalisés) à partir du moment où le stade est rempli". A défaut d'être à guichets fermés, la MMArena du Mans devrait être garnie  d'environ 15.000 spectateurs samedi (pour une capacité de 25.000 places). Ce  chiffre, bien supérieur aux quelque 7.000 places qu'aurait pu vendre au mieux  le Racing  samedi si le match s'était déroulé au vétuste stade Yves-du-Manoir de  Colombes, d'après Arnaud Tourtoulou, explique le choix de l'exil.

Pas dans la même dynamique

"En délocalisant, nous avons le double objectif de faire rayonner la marque  Racing  et le rugby  au nord de la Loire, et d'optimiser les recettes", a ainsi  reconnu sans ambages Arnaud Tourtoulou. "Nous délocalisons sur des matches où nous savons d'avance que nous auront  du mal à remplir Colombes. Or, un match de Coupe d'Europe attire moins qu'un  match de Championnat", a ajouté le directeur général.

Par exemple, la venue des Saracens à Nantes en janvier 2013 avait permis de  dégager une marge nette "d'environ 280.000 euros", a-t-il rappelé, alors qu'à  Colombes "c'est même compliqué d'équilibrer" les comptes. Au plan sportif, le bilan des deux précédentes délocalisations en Coupe  d'Europe est en revanche franchement négatif: deux revers (28-37 contre les  Saracens puis 8-32 face aux Harlequins en décembre suivant, toujours à Nantes).

"(Avant la rencontre face aux Harlequins) On n'était pas du tout dans la  même dynamique (alors défavorable). On ne pense pas du tout aux délocalisations  qu'il y a eu dans le passé. On est branché sur notre job, qui est de remporter  le match samedi contre les Ospreys, qu'il se joue au Mans, à Colombes ou au  Havre (où le Racing  accueillera Grenoble au mois de mars en Top 14). Cela n'a  aucune importance pour nous", a néanmoins tranché l'entraîneur des arrières,  Laurent Labit. Après la déroute contre les Harlequins, le Racing  avait cependant  reprogrammé la réception de Clermont mi-avril dernier, cruciale pour la  qualification à la phase finale du Top 14, à Colombes plutôt qu'à Nantes, afin  de privilégier "l'enjeu sportif". La rencontre de samedi est tout aussi  importante, avec en vue un premier quart de finale de Coupe d'Europe pour le  Racing .

AFP